Accueil

Affichage des articles dont le libellé est mexique. Afficher tous les articles

Apportez-Moi La Tête d'Alfredo Garcia (Sam Peckinpah, 1974)


tags | , , , , , ,

1 comment

Un parrain mexicain promet 1 million de dollars à qui lui rapportera la tête d'Alfredo Garcia, pour avoir mis sa fille enceinte. Benny, simple musicien dans un piano-bar, part à sa recherche accompagné de sa petite amie, et ex d'Alfredo, Elita. Mais rapporter la tête pour toucher la récompense ne sera pas aussi facile qu'il l'imaginait : Alfredo Garcia est mort et enterré, et Benny est loin d'être le seul à vouloir cette tête...

On entend souvent parler de Apportez-Moi La Tête d'Alfredo Garcia comme l'un des meilleurs film (certains disent LE meilleur) de Sam Peckinpah, et bien que nous lui préférions Croix de Fer ou Les Chiens de Paille, il faut bien reconnaître la formidable efficacité de son scénario et sa fascinante noirceur.


Lire la suite...

La Montagne Sacrée (The Holy Mountain, Alejandro Jodorowsky, 1973)


tags | , , , , , , ,

0 comments

Un homme ressemblant au Christ s'introduit dans le repère d'un alchimiste. Avec sept puissants de ce monde, chacun représenté par une planète, ils seront guidés par l'alchimiste pour dérober le secret de l'immortalité aux sages de la Montagne Sacrée.

Difficile tâche que de porter un regard critique sur La Montagne Sacrée, tant le film est un objet cinématographique à part, une création à rapprocher d'une véritable oeuvre d'art, mais aussi un manifeste ésotérique face auquel le non initié se sentira quelque peu désemparé, voire complètement perdu.

La Montagne Sacrée est un film en forme de trip hallucinatoire, constitué s'une succession de scènes saturées d'images et d'idées hautement symboliques. Délire visuel impressionnant et provocant, il peut tout autant se découvrir comme une oeuvre expérimentale d'un artiste multidisciplinaire, ou bien comme une oeuvre philosophico-ésotérique : dans les deux cas, à l'issue de sa vision, seul son créateur, Jodorowsky, sera en possession de toute ses clés et de la complète compréhension de l'oeuvre.

Il faut s'abandonner au film de Jodorowsky pour en profiter pleinement. Comme ses personnages tentent de se séparer de leur corps, le spectateur devra quant à lui se séparer de son esprit cartésien pour que le film livre son impressionnant cocktail de mysticisme et d'hyper-symbolisme, et agisse comme une drogue sur le spectateur. Alors seulement le film exhalera ses vapeurs hypnotiques et immergera le spectateur dans un univers proche d'un rêve, barré à souhait. La Montagne Sacrée ressemble à l'un de ses trips décrits par Carlos Castaneda...

Nudité, sexe, vie et mort ; société, pouvoir et place de l'homme ; religion, alchimie et rites d'initiation : La Montagne Sacrée brasse tous ces thèmes dans une imagerie cinématographique surpuissante. Dans la rue, un homme presque nu aux allures de Christ, transporte, telle sa croix, un mannequin à son image ; il est suivi par une dizaines de femmes habillées en Barbarellas et accompagnées d'un chimpanzé...  Des oiseaux qui s'échappent du coeur d'un cadavre... Un nain sans bras avec un casque qui donne de violents coups de pied sur un mannequin brisé que le sol... Une machine à orgasme actionnée par une rousse dénudée... De la merde transformée en or... L'univers de Jodorowsky s'impose au spectateur avec une force et une énergie qui frise le happening, mais il est impossible de rester impassible devant de telles fulgurances visuelles...

La Montagne Sacrée est tout (nous disons bien "tout") sauf un film facile, il laissera sans doute bien des spectateurs sur le bord du chemin, mais sa forme artistique est impressionnante et le pouvoir de ses images indiscutable. Complètement inclassable, certainement indispensable, difficilement appréhendable et logiquement culte, La Montagne Sacrée est une expérience cinématographique hautement hallucinogène et expérimentale que tout cinéphile se doit de découvrir un jour. C'est un film ultra personnel qui se fout bien  savoir qu'on le consacre ou le critique, c'est un film qui "est", un film qui s'offre à vos yeux et vos sens : une expérience on vous dit ! Nous avons mis 6, nous aurions tout autant pu mettre 10... mais sur un tel film, est ce que ça a vraiment du sens ?

Procurez-vous La Montagne Sacrée ou d'autres films de Alejandro Jodorowsky 

Casa De Mi Padre (Matt Piedmont, 2012)


tags | , , , , , ,

0 comments

Armando Alvarez est attaché à la terre qui l'a vu grandir. Un jour son frère Raul, amène sa future femme, Sonia, au ranch familial, mais la véritable raison de cette visite est que Raul est un narco trafiquant qui vient disputer le territoire à un dealer local : La Onza. Armando devra partir en guerre pour protéger son ranch.

Le très prolifique Will Ferrell (The Anchorman ou encore The Other Guys ,Very Bad Cops en France, que nous aimons particulièrement)  met son humour parodique très personnel au service de cette histoire, à cheval entre la télénovela mexicaine bas de gamme et le western. A la manière des récents films Grindhouse, Casa de Mi Padre revisite un mauvais cinéma mexicain pour tenter de transformer le fer en or, en venant y greffer ses gags, avec un sens certain du décalage et du 3ème degré.

Tourné entièrement en espagnol, les codes méxicains du héros, de la famille, de la violence et de l'histoire d'amour sont donc passés à la moulinette du décalage, à la sauce Will Ferrell, qui pour l'occasion joue son personnage dans en espagnol appuyé, volontairement et exagérément surjoué (et c'est très drôle !). Si Casa De Mi Padre propose son lot de gags visuels  francs et identifiables il lui préfère souvent une parodie plus discrète dont l'esprit comique se cache dans les détails moins voyants (écureuils empaillés dans le décor, jeu d'acteur, articulations ou éléments du scénario, reflet de l'équipe de tournage dans les lunettes de soleil...).

A
u programme, Casa De Mi Padre vous propose : un puma totem magique (en fait une peluche grossièrement animée), des faux raccords, des décors de studio abusivement artificiels (qui interviennent d'un coup), des répliques tonitruantes ou des postures physiques improbables portées par des d'acteurs volontairement mauvais, une ballade romantique sur un faux cheval avec décor qui bouge, et surtout un combat mythique entre un coyotte (empaillé !) et notre puma en peluche (le film vous explique pourquoi ca a été... mais on préfère vous laisser découvrir par vous même !).

I
l y a d'excellentes choses dans cette parodie, son humour feutré (parfois fin et bien observé si l'on raisonne en cinéphile) arrache de violents sourires, mais les fous-rires restent rares. Quelque soit la réussite comique de Case De Mi Padre, on se heurte à la longueur de l'entreprise et à un rythme qui s'essouffle avant d'avoir jamais totalement décollé. On se dit alors, comme pour Machete, que le format court aurait été plus adapté (Machete est initialement une simple bande annonce d'un film fictif, avant d'être un film entier). Ce courant de fascination pour le mauvais cinéma, ce goût du mauvais goût plutôt en vogue ces dernières années réclame un immense talent pour fonctionner à plein. Avec ce film, Will Ferrell s'en sort plutôt bien, mais la réussite n'est que partiellement au rendez-vous. Casa De Mi Padre est un bon (très bon ?) Will Ferrell qui fera mouche auprès des fans, pour les autres, il sera un mauvais film ou au mieux une bonne idée initiale dont le ratage final ne laissera que quelques rare gags timides. Certains diront  "à l'humour bizarre, non ?".

Procurez-vous Casa De Mi Padre ou d'autres films avec Will Ferrell

Get the Gringo / Kill the Gringo (How I Spent My Summer Vacation - Adrian Grunberg, 2012)


tags | , , , , ,

0 comments

Illégalement emprisonné dans une prison mexicaine, un truand cherche à récupérer ses 2 millions de dollars, volé à un mafieux américain, sur lesquels la police locale corrompue a mis la main. Il prends sous sa protection un garçon de 9 ans dont le foie est destiné au Caïd de la prison, Caïd qui contrôle la police locale... La situation va devenir explosive...

Produit par sa propre compagnie de production (Icon), Mel Gibson s'offre le type de rôle que le cinéma ne lui offre plus trop (trop vieux ?) dans ce divertissement sympathique, nerveux et efficace. Il y incarne un "gentil" truand, sorte de loup solitaire qui à la manière d'un micro James Bond, réussit, gère et prévoit tout, et le tout non sans une certaine idée du cool !

Get The Gringo s'amuse à jeter son personnage dans un panier de crabe et nous invite à l'observer. La prison mexicaine, véritable "village dans la ville", ressemble à un village de vacances dans lequel Gibson pratiques quelques activités (vol, observation de la faune, magouilles...) et tente de récupérer un magot devenu catalyseur de tous ses ennemis (police, gangsters américains comme mexicains, consul local...). Ajoutez un zeste d'histoire qui prouve que Gibson n'est pas un méchant-méchant, mais aussi un chouette bonhomme, comme cet enfant destiné à fournir un foie au caïd en place dans la prison. Secouez le tout et vous avez Get The Gringo : un divertissement calibré, à la fois léger et nerveux.

Un gentil divertissement familial ? Pas tout à fait ! Car si Get The Gringo joue la carte du gentil méchant héro (ou l'inverse), il surprend par son traitement. Le film n'hésite pas à injecter dans son déroulement une certaine violence graphique (découpe d'orteils, fusillade musclée) et une relative absence de morale (ou tout au moins un décalage des repères habituels) qui donne au film une certaine radicalité et (presque) originalité. On reconnaitrait presque là notre Mel Gibson réactionnaire, qui une fois laché, ne peut pas être arrêté... On se souvient alors de l'étonnant scène de torture de Payback, le goût du calvaire de La Passion du Christ, et le gore affiché de Apocalypto, toutes des productions Icon, tous des "enfants" de Gibson...

Get The Gringo s'affranchit du cadre du simple divertissement tous public en revendiquant de montrer ce que son scénario réclame, il s'assume pleinement et balance les choses comme il le sent, en s'éloignant de l'hyper calibrage tout en gardant comme objectif le fun total. Simple et décomplexé, il met son héros décontracté au centre d'une poudrière, dans laquelle, bien sûr, il viendra à bout de tout les dangers. Get The Gringo ne vas pas réinventer la poudre, ni même éviter les clichés, qu'il utilise à son avantage, mais son petit dosage de décalage et d'originalité lui confère une vraie personnalité et garantit un indéniable plaisir pour le spectateur. C'est basique, rigolo, nerveux, bien écrit, bien réalisé et parfaitement sympathique. Ah, si tout les films pouvaient être fait avec autant de soin...  Mission accomplie !
 

Procurez-vous Get The Gringo ou d'autres films avec Mel Gibson

Miss Bala (Gerardo Naranjo, 2011)


tags | , , , ,

0 comments

Tijuana, Mexique. Laura s'inscrit au concours de miss locale, sa vie va être bouleversée, suite à à sa rencontre avec un chef local du traffic de drogue.

Etonnant et percutant, Miss Bala est un thriller froid et lent qui invite les thèmes de la drogue et de la corruption dans la vie quotidienne d'une jeune (et belle !) mexicaine. Filmé de main de maître, cette lente descente aux enfer, s'avère fascinante.

A l'aide de longs plans séquence, de légers travellings et d'un travail sur le son absolument impressionnant (quasi dépouillé de toute musique), Gerardo Naranjo impose au spectateur l'immersion et la fusion totale avec le destin de Laura. Par une hyper concentration de la caméra sur le personnage (qu'ils sont rares les plans où Laura n'est pas dans l'image !), le réalisateur réussit le tour de force de nous faire "ressentir" véritablement le malaise sous toute ses formes (social, psychologique...), notamment par une puissante utilisation du hors champs !

Miss Bala ne mise pas sur ce qu'il montre, il suggère. Particulièrement beau visuellement, sa réalisation inspirée permet d'élever ce qui n'aurait dû être qu'un simple thriller au niveau d'un inquiétant constat sur le fonctionnement d'un système et d'une société. Il puise sa force et sa réussite totale en transformant le fait divers en une expérience sensuelle, à la limite de la suggestion, ajoutant ainsi la force du constat social à une histoire déjà sombre et puissante.
Miss Bala est une film original et inspiré, une superbe expérience de Cinéma.