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Rushmore (Wes Anderson, 1998)


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A l'université Rushmore, Max Fisher est un élève bien médiocre, alors qu'il dégage une intelligence et une maturité débordante dans ses nombreuses activités annexes. Il se lie d'amitié avec Hermann Blume, un chef d'entreprise et tombe amoureux de Rosemary Cross, une enseignante, tous deux séduits par l'étonnante personnalité du jeune homme...

Il y a ceux qui sont contre... à la rédaction nous adorons Wes Anderson pour son style, son ton et son sens du décalage et de la poésie. Son second film, réalisé après Bottle Rocket et avant La Famille Tenenbaum, réunit une fois de plus tous ces ingrédients et donne à voir au spectateur une curieuse histoire d'amour, construite autour d'un portrait drôle et attachant.

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La Montagne Sacrée (The Holy Mountain, Alejandro Jodorowsky, 1973)


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Un homme ressemblant au Christ s'introduit dans le repère d'un alchimiste. Avec sept puissants de ce monde, chacun représenté par une planète, ils seront guidés par l'alchimiste pour dérober le secret de l'immortalité aux sages de la Montagne Sacrée.

Difficile tâche que de porter un regard critique sur La Montagne Sacrée, tant le film est un objet cinématographique à part, une création à rapprocher d'une véritable oeuvre d'art, mais aussi un manifeste ésotérique face auquel le non initié se sentira quelque peu désemparé, voire complètement perdu.

La Montagne Sacrée est un film en forme de trip hallucinatoire, constitué s'une succession de scènes saturées d'images et d'idées hautement symboliques. Délire visuel impressionnant et provocant, il peut tout autant se découvrir comme une oeuvre expérimentale d'un artiste multidisciplinaire, ou bien comme une oeuvre philosophico-ésotérique : dans les deux cas, à l'issue de sa vision, seul son créateur, Jodorowsky, sera en possession de toute ses clés et de la complète compréhension de l'oeuvre.

Il faut s'abandonner au film de Jodorowsky pour en profiter pleinement. Comme ses personnages tentent de se séparer de leur corps, le spectateur devra quant à lui se séparer de son esprit cartésien pour que le film livre son impressionnant cocktail de mysticisme et d'hyper-symbolisme, et agisse comme une drogue sur le spectateur. Alors seulement le film exhalera ses vapeurs hypnotiques et immergera le spectateur dans un univers proche d'un rêve, barré à souhait. La Montagne Sacrée ressemble à l'un de ses trips décrits par Carlos Castaneda...

Nudité, sexe, vie et mort ; société, pouvoir et place de l'homme ; religion, alchimie et rites d'initiation : La Montagne Sacrée brasse tous ces thèmes dans une imagerie cinématographique surpuissante. Dans la rue, un homme presque nu aux allures de Christ, transporte, telle sa croix, un mannequin à son image ; il est suivi par une dizaines de femmes habillées en Barbarellas et accompagnées d'un chimpanzé...  Des oiseaux qui s'échappent du coeur d'un cadavre... Un nain sans bras avec un casque qui donne de violents coups de pied sur un mannequin brisé que le sol... Une machine à orgasme actionnée par une rousse dénudée... De la merde transformée en or... L'univers de Jodorowsky s'impose au spectateur avec une force et une énergie qui frise le happening, mais il est impossible de rester impassible devant de telles fulgurances visuelles...

La Montagne Sacrée est tout (nous disons bien "tout") sauf un film facile, il laissera sans doute bien des spectateurs sur le bord du chemin, mais sa forme artistique est impressionnante et le pouvoir de ses images indiscutable. Complètement inclassable, certainement indispensable, difficilement appréhendable et logiquement culte, La Montagne Sacrée est une expérience cinématographique hautement hallucinogène et expérimentale que tout cinéphile se doit de découvrir un jour. C'est un film ultra personnel qui se fout bien  savoir qu'on le consacre ou le critique, c'est un film qui "est", un film qui s'offre à vos yeux et vos sens : une expérience on vous dit ! Nous avons mis 6, nous aurions tout autant pu mettre 10... mais sur un tel film, est ce que ça a vraiment du sens ?

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Zardoz (John Boorman, 1973)


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En 2293, une société avancée se préserve en gardant le contrôle sur le reste des habitants de la planète, à l'aide d'un dieu factice, représenté par un masque de pierre : Zardoz. Mais un jour Zed, qui fait partie du monde soumis à Zardoz, s'introduit dans la petite société d'élites, apportant avec lui  questionnement et division.

Nous ne sommes pas peu fiers, à Doorama, d'avoir pondu le résumé ci-dessus, tant Zardoz est difficile à cerner. Film de science-fiction né dans les années post baba cool, Zardoz porte effectivement ce souffle (et ce look !) en lui, mais il lui adjoint une approche philosophique et métaphysique sur la Société et la vie.

Véritable bouillon de culture en effervescence, Zardoz brille (et ploie !) sous mille facettes : une esthétique kitch bien avancée (mais savoureuse !), une fable philosophique sur la Société Humaine, une réflexion sur le grand cercle de la Vie, une vision ambitieuse de la SF et une narration qui hésite entre symbolisme et réflexion. A dire vrai, on hésite à classer Zardoz dans une quelconque catégorie, ni même se prononcer sur sa qualité (ou non !) tant il échappe à toute classification. La seule certitude qu'apporte Zardoz, ce sont ces origines "beatnik" qui lui donnent aujourd'hui une patine aussi kitch que salvatrice (ses allures de happening à la Ken Russel surprennent et séduisent !).

A la fin de ses 100 minutes de réflexion, de rebondissements, d’hypothèses new-age, créationnistes et sociétales, on ressort lessivés (et lassé) de ces trips hermétiques symbolistico-hallucinatoires, mais on est aussi parfaitement étonné, et d'une certaine manière réjouis de l'expérience !

Zardoz est un rejeton psychédélique et barré que seul un réalisateur libre, engagé et ambitieux pouvait mener à bien. John Boorman, l'auteur de Délivrance, La Forêt d'Emeraude, Excalibur ou bien encore L'Exorciste II ou le Point de Non-Retour, s'est attelé à ce délire non identifié qu'est Zardoz, si on ne sait trop quoi en penser, on pense en revanche que c'est un film unique (jamais copié !) aussi riche que ridicule ! (inoubliable Sean Connery en exterminateur en slip rouge !).
Echec total ou ovni : à découvrir pour se forger sa propre idée sur ce délire psychédélique particulièrement surprenant entre le Magisien d'Oz et 2001 l'Odysée de l'Espace.
On attend vos commentaires.

Procurez-vous Zardoz ou d'autres films de John Boorman ou avec Sean Connery