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Pays de Cocagne (Pierre Etaix, 1971)


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 Documentaire, à la fois assassin et affectueux, sur la France du début des années 70, filmé autour du Tour de France...

Beaufs à bob, petites gens, intellos de province et abrutissement général sur fond de société de consommation, voilà le projet de Pierre Etaix, qui nous avait auparavant habitué à un tout autre style et humour que seul le mot "raffiné" semble le mieux résumer.

Si aujourd'hui Pays de Cocagne est une fabuleuse photo de 1972, au moment de sa sortie il fut assez largement rejeté, perçu comme une sorte d'attaque contre le français, les montrant sous des aspects bien moins valorisants que celui du "pays des droits de l'homme et des liberté" qui les abrite !

Si la peinture est effectivement cruelle et parfois à la limite de la moquerie, on y reconnait cependant une certaine tendresse de la part d'Etaix, nous montrant le meilleur comme le pire de nos concitoyens. A bien y regarder, on retrouve dans pays de Cocagne ce qui habitait ses précédents films : à savoir un une affection pour les gens et leurs tracasseries, ainsi qu'une société vorace qui abime les individus qui la composent.

Pays de Cocagne est un documentaire qui, malgré son apparente cruauté, démontre l'amour des autres de Etaix. En revanche, il trahit aussi l'inquiétude d'Etaix quand à l'aveugle acceptaion par ses contemporains des évolutions de leur société. pour apprécier pleinement pays de Cocagne, il conviendra donc de connaître le Bonhomme, autrement il ne restera qu'une trace amusante des jeunes années 70.

Le Grand Amour (Pierre Etaix, 1969)


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 Marié pour le meilleur et le meilleur, Pierre vit avec sa femme (et sa belle famille) sans encombre, jusqu'à l'arrivée de sa nouvelle secrétaire...

Avec Le Grand Amour, Pierre Etaix, jette son oeil exercé sur une certaine usure du couple, ou plus précisément sur l'homme, perpétuel chasseur, dans le couple. Comme toujours, c'est le détail qui l'emporte ici, et même si l'histoire aborde davantage la tentation que la notion de couple, ce qui intéresse Etaix, c'est avant tout la résistance des personnages face au monde qui les entoure (famille, regard des autres, usages de la société...).

Le Grand Amour est davantage scénarisé, et plus concentré, que ses précédentes oeuvres. Il délaisse la simple "trame prétexte" au profit d'un véritable développement du récit et de son personnage, nous permettant ainsi de découvrir un Pierre Etaix moins libre et léger qu'à son habitude, mais aussi plus ambitieux, plus appliqué dans son cinéma.

Peut être un peu moins riche et percutant que dans Tant Qu'on A La Santé ou Le Soupirant, ce Grand Amour là contient cependant tout ce que l'on aime du style Etaix et constitue aussi une carte postale détaillée des valeurs de la France d'avant 68, pressentant peut être les changements à venir...



Le soupirant (1963)


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Si Pierre Etaix n'existait pas, il faudrait l'inventer !
Le Soupirant aborde avec humour et poésie (comme toujours chez Etaix) la quête d'un jeune homme réservé pour trouver celle qui deviendra sa femme.

Comme à son habitude, l'univers d'Etaix est peu bavard, il propose avant tout des situations comiques visuelles basées sur l'observation des détails et le décalage (social, mais aussi temporel).
Entre Pierre Etaix, dont chaque geste est un régal (tant il emprunte aux mimes), et l'univers sonore particulièrement travaillé, Le Soupirant se hisse sans peine à coté du cinéma de Tati, usant des mêmes armes humoristique et touchant sa cible avec la même efficacité !

Véritable bouffée d'oxygène, au regard de l'humour qui fonctionne aujourd'hui, le cinéma de Pierre Etaix redonne envie de simplicité, et au delà de divertir et faire rire, il laisse joyeux bien après sa vision.
A doorama, on recommande 5 minute de Pierre Etaix chaque jour !
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Tant Qu'on A La Santé (Pierre Etaix, 1966)


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Film en 4 chapitres d'un maître méconnus et souvent oublié du cinéma (et du cirque !) français, Tant Qu'on A La Santé regorge d'un humour que le fan de Tati saura reconnaitre.


Après une première partie (Insomnie) amusante, mais pas indispensable, Tant Qu'on A La Santé, grossit avec finesse ces petits détails du quotidien d'alors pour en faire ressortir l'absurdité et le superficiel.


Pierre Etaix, dessine alors avec un humour poétique, et aussi incisif qu'un scalpel, une société de fourmis perpétuellement malmenées par un environnement hostile. Tout l'univers de Tati (avec lequel Pierre Etaix a travaillé, notamment sur Mon Oncle et sa modernité primitive !) est ici présent et repris, mais cette fois sous l'oeil d'un clown. Le travail d'observation d'Etaix fait alors ressortir une touchante absurdité, débouchant sur un humour particulièrement savoureux !

Etaix, avec Tati,  étaient les détenteurs d'un humour rare, aujourd'hui quasi disparu, et chacun d'eux, avec leur sensibilité respective, avaient perçu les aspects aliénants de la jeune société de consommation.

Tant Qu'on A La Santé possède la simplicité et la qualité d'une véritable recette de grand-mère, il serait dommage de s'en priver, et encore plus, que l'on aime ou non, de ne pas y gouter. 

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