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Shogun's Sadism (Ushiaki No Kei, Yuji Makiguchi, 1975)


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Deux histoires : 1) Dans l'ère Tokugawa, le shogun traque les chrétiens et leur inflige de terribles tortures. Il apprend que l'un de ses samouraïs à pour femme une chrétienne. 2) Dans l'ère Edo, un homme devient l'employé d'un bordel. Devant la brutalité du lieu, il s'enfuit avec une geisha.

Dans les années 70, le cinéma d'exploitation japonais produisait à la chaine des films centrés sur la violence ou le sexe (les "pink" movies). Shogun's Sadism surfe donc sur cette vague en proposant deux histoires, purs prétextes à montrer une tortures gores et des corps féminins nus, le tout avec le moins de limites possibles et avec la plus grande gratuité.

Shogun's Sadism (dans son genre !) s'avère plutôt "raffiné" et souvent "original" dans la recherche de l'extrême (un homme cuit dans un four en forme de Tanuki -genre de blaireau- ou une femme écartelée par des taureaux !), mais cette imagination débordante est vite annihilée par la pauvreté technique et artistique de l'ensemble. Ce cinéma bis ne présente que bien peu d'intérêt, si ce n'est les reflets qu'il renvoie de l'industrie cinématographique de l'époque.

Enchaînant viols et tortures aussi naturellement que Superman porte une cape pour voler (curieuse image...), Shogun's Sadism est finalement bien inoffensif. Sorte de grand-guignol gore à la Herschell Gordon Lewis (2000 maniacs) (du steak et du faux sang sur des acteurs qui simulent mal la douleur...), sa surenchère poussive de sadisme gratuit est aussi loin de toute utilité scénaristique que d'installer un quelconque malaise. De malsain, Shogun's Sadism n'a que son idée de base (montrer du crade), sa forme finale relève du divertissement d'horreur au premier degré, finalement assez rigolo. Bref, ce n'est ni Salo, ni La Dernière Maison sur La Gauche !  .

Shogun's Sadism est un "cinéma de quartier" complaisant et qui prête à sourire, c'est un film qui bien que laid et inutile (et pour peu que "série Z", "ciné-bis" ou "exploitation" attire votre oreille), tiendra toutes ses promesses. Shogun Sadism est un ciné débridé, racoleur, voyeur (bien que ses "flouttés" frustreront les plus coquins d'entre vous...), fun et créatif, c'est un peu un film d'enfant qui ne serait destiné qu'aux adultes, c'est aussi un témoin de son époque qui ravira les amateurs de perles baroques un peu oubliées... Inutile mais tellement indispensable !