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L'Odyssée de Pi (Ang Lee, 2012)


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Piscine Molitor Patel, surnommé Pi, vit maintenant au Canada. Mais le voyage qui séparait le Canada de son Inde natale n'a pas été de tout repos. Lors de la traversée, le bateau dans lequel il voyageait avec sa famille et les animaux du zoo familial a sombré... Rescapé du naufrage, Pi a passé 227 jours, seul dans un canot de sauvetage. Seul ? Pas tout à fait, Richard Parker, "partageait" son périple... Qui est Richard Parker ? C'est un tigre... Comment survivre 227 jours en mer avec un tigre ? C'est l'histoire que Pi raconte à cet auteur venu chercher l'inspiration.

Ang Lee est un curieux touche-à-tout, un adepte des associations et mélanges inattendus, comme celle des cow-boys homosexuels du Secret de Brokeback Montain, comme celle des arts martiaux avec la poésie de Tigre et Dragon, comme celle de Raisons et Sentiments... Ang Lee n'est peut-être pas un auteur irremplaçable, mais c'est un sacré metteur en image et un faiseur de rêve talentueux. L'Odyssée de Pi est un film d'aventure tous public, qui mélange habilement suspense et poésie, et propose au spectateur un spectacle des plus agréables.

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Blancanieves (Pablo Berger, 2012)


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La carrière du célèbre torero Antonio Villalta s'arrête sur une série de drames, dont la mort de sa femme morte pendant son accouchement. Ce n'est qu'après un mariage malheureux, quelques années plus tard il retrouve sa fille, Carmen. Mais sa femme les séparera de nouveau et laissera Carmen pour morte. Recueillie par une troupe de cirque, sans souvenirs de son passé, elle va devenir Blancanieves, torero reconnue au sein de la "petite" troupe, sur les traces de son père sans s'en en avoir conscience... Sa belle mère n'apprécie pas du tout ce nouveau destin.

"C'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures...", mais avec Blancanieves, il ne s'agit pas de soupe ! Relecture du conte des Grimm transposée dans l'Espagne des années 20, cette Blanche-Neige, comme une réponse aux récentes adaptations, adopte des choix visuels forts : Noir et Blanc, Muet et habits de lumière, puisque notre belle endormie évolue ici sur le sable de l'arène... Après The Artist, le "cinéma comme avant" impose de nouveau ses qualités éternelles à nos yeux, ce moderne Blancanieves est à lire au passé...

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Cashback (Sean Ellis, 2006)


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Après sa rupture, Ben est devenu insomniaque. Afin d'occuper ces précieuses heures de vie récupérées, il travaille dans un supermarché où il fait la connaissance de ses collègues, dont la principale activité consiste à tuer le temps. Etudiants en beaux-arts, Ben le tue en dessinant la beauté du monde, dont il peut figer le temps à tout moment... Parmi ses collègues, Sharon attire son attention...

Initialement sous la forme d'un court-métrage, Cashback est une ballade poétique et nonchalante dans l'esprit d'un étudiant rêveur et insomniaque. Déambulation inutile, esthétisante et ennuyeuse pour les uns, Cashback a parfaitement séduit la rédaction de Doorama presque pour ces mêmes raisons, à la différence que nous l'aurions plutôt qualifié de "déambulation esthétisante dans l'ennui" ...

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La Balade Sauvage (Terence Malick, 1973)


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 Kit vit de petits boulots en petits boulots. Lorsqu'il rencontre Holly, le père de celle-ci ne voit pas du tout d'un bon oeil leur relation amoureuse, presque fusionnelle. Quand Kit vient prendre les affaires de Holly pour partir avec elle, Kit tue son père. Ils s'échappent ensemble, et commence alors une virée amoureuse qui sera aussi une virée meurtrière.

Jusqu'à Tree Of Life, Terence Malick faisait partie, avec Kubrick, de ces réalisateurs aussi adulés que rares, avec seulement 5 films en 40 ans de carrière... (et là, 3 films en cours !).  En réalisant La Balade Sauvage, il signe son premier long métrage, et sa première Oeuvre aussi. Cavale folle et vaine, Ballade Sauvage surprend et étonne encore aujourd'hui...

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La Clepsydre (Wojciech Has, 1973)


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Jozef se rend au sanatorium ou est soigné son père. Arrivé dans un établissement qui semble à l'abandon, il pousse diverses portes et commence un voyage dans ses souvenirs, avec son père, sa mère et lui même.

Le réalisateur polonais Wojciech Has, auteur du Manuscrit Trouvé à Saragosse, à reçu le Prix Spécial du Jury à Cannes en 1973 pour son étonnant et atypique film. La Clepsydre est un film exigeant avec le spectateur. Visuellement éblouissant il est dépourvu de trame narrative conventionnelle, et se présente comme une succession de scènes très symboliques et poétiques presque indépendantes les unes des autres.

La Clepsydre a largement divisé la rédaction de Doorama. Si nous sommes unanimes pour saluer l'incroyable forme visuelle (et intellectuelle aussi) du film, nous sommes davantage partagé quand à son impact : fascination pour certains, ennuis pour d'autres ! La Clepsydre est construit sans notion d'espace, ni de temps. Son personnage erre d'une pièce à l'autre, chaque pièce évoquant un souvenir qu'il faudra décrypter pour le spectateur. Ses dialogues, souvent simples fragments d'idées, sans début ni fin, n'aideront pas non plus le spectateur à y voir plus clair. La Clepsydre est conçu comme un rêve, il semble incohérent, décousu, sans suite logique apparente... Une minute semble durer une heure, un an une minute... Ses décors troublent davantage encore notre perception...  Wojciech Has nous immerge dans l'esprit de Jozef, l'expérience est difficile mais bel et bien maîtrisée et réussie.

La Clepsydre possède la temporalité et l'étrangeté de l'univers de David Lynch, il respire la poésie, la vie et l’exubérance de Fellini, et son incroyable esthétique picturale ne trouve de comparaison que dans les oeuvres que Peter Greenaway (de formation Beaux-Arts, comme Wojciech Has) les plus chargées et graphiques, comme Prospero's Book ou Le Cuisinier, le Voleur, sa Femme et son Amant ! Des pièces remplies de toiles d'araignées, de feuilles mortes et d'objets hétéroclites, de lierre dans les murs, une végétation omniprésente dans des intérieurs qui semblent être des extérieurs, des villages au sous sol d'un bâtiment, des jardins d'hiver habités d'hommes historiques, des soldats noirs armés de baïonnettes, des éléphants et un contrôleur de trains aveugle en guise de guide pour le voyage intérieur de Josef... Voilà l'incroyable univers proposé par la Clepsydre !

L'impressionnant voyage intérieur de Josef, hyper symbolique, sans temps ni espace, risque de laisser nombre de spectateurs sur le bord de la route, mais si on accepte de s'abandonner à l'univers de Wojciech Has, La Clepsydre frôle alors le chef d'oeuvre absolu. Puissante errance onirique, fascinante, aux images surchargées et au déroulement irréel, La Clepsydre est un film rare et unique. Mais malgré sa force et sa fulgurance, son rythme et sa structure n'ont cependant pas réussi à nous maintenir captif de son univers (trop) exigeant sur l'ensemble de sa longueur. Une oeuvre difficile, à réserver à un public averti et préparé.

Procurez-vous La Clepsydre ou d'autres films de Wojciech Has 

Les Gens de Dublin (The Dead, John Huston, 1987)


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Un réveillon à Dublin, en 1904, est l'occasion pour les convives de partager récits, chansons et poésies, mais aussi d'évoquer les choses du quotidien, de demain mais aussi du passé.

Nos fidèles lecteurs auront remarqué notre attrait naturel vers des films qui allient ce que nous aimons à appeler le Cinéma (grand C) avec une dose de divertissement, plutôt que vers ceux estampillés d'Auteur ou dits "exigeants". Mais à coté de notre appétit pour la série B, le Bis, le blockbuster de qualité ou même le cinéma Pop-Corn, ils auront aussi remarqué notre soif, jamais étanchée, de jouir de nos classiques et de voire du Beau, du Vrai, du Grand Cinéma. C'est cette soif qui nous à guidé vers Les Gens de Dublin... Amateurs de thrillers, de violence âpre, de blagues potaches et de bastons musclées : passez votre chemin !

Pour son dernier film, John Huston (Le Faucon Maltais, Quand La Ville Dort, Les Misfits ou L'Honneur des Prizzis) porte à l'image une nouvelle de James Joyce (immense poète irlandais me dit Wiki...) : The Dead. 1h23 en compagnie de la belle société irlandaise du début du siècle, par une froide et neigeuse soirée d'hiver, à partager musique, chants, poésie, avis sur l'opéra et anecdotes sur les gens qu'ils connaissent. Les Gens de Dublin nous convie à cette soirée aimable et chaleureuse, ponctuée de moments d'émotion et de souvenirs, et nous invite dans ce cercle intime.

Sous des apparences que certains trouveront bavardes et ennuyeuses, se construit pourtant une puissante évocation de la Vie elle-même. John Huston, dans une mise en scène d'une incroyable fluidité et sobriété, dessine derrière une soirée anodine toute la complexité de notre rapport à la vie. Au travers de la nostalgie véhiculée dans une chanson, d'un poème sur l'amour perdu, d'un chanteur d'opéra presque inconnu mais jamais oublié ou encore du souvenir d'un disparu, John Huston fait émerger une réflexion qui submerge et emporte le spectateur vers une nostalgie à la fois douce et amère, vers une prise de conscience de combien les petites choses sont importantes et pourtant fugaces et éphémères, destinées à disparaître, comme nous tous.

Avec la patience et l'application d'un grand maître sur sa toile, Huston fait apparaître progressivement une foule de détails qui finissent par occulter, par leur sens, le sujet principal. A la manière d'un scientifique, il explique l'infiniment grand par l'infiniment petit. En immense cinéaste qu'il fût, John Huston livre en guise d'oeuvre posthume un chef d'oeuvre dont la portée poétique et émotionnelle est vertigineuse. La mise en scène de Huston laisse admiratif, la capacité des Gens de Dublin à attraper le temps qui passe, et à rattraper ce qu'il a emporté, est un tour de force qui touche à la magie !

Au risque de perdre nos lecteurs les plus fins devant la déception que peut engendrer ce qui va suivre, nous l'avouons sans honte : le Rédaction de Doorama s'est presque "ennuyée à mourir" lors de la projection des Gens de Dublin. Mais telle une bombe à retardement, le tic-tac des Gens de Dublin (1h23 de tic-tac, ça nous a paru long...) à laissé place, ensuite, à une détonation assourdissante, nous laissant finalement abasourdis devant tant de maîtrise et de finesse si humblement exposées...
"Le plus important, c'est pas la chute..."  vous connaissez la suite !


Procurez-vous Les Gens de Dublin, de John Huston ou avec Angelica Huston