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Lincoln (Steven Spielberg, 2013)


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Abraham Lincoln à une vision pour l'Amérique déchirée par la guerre de Sécession : l'abolition de l'esclavage. Pour lui, la fin de la guerre passe par cette loi fondamentale, la dignité du peuple américain passe aussi par l'adoption de cette loi. Commence un combat politique ou chaque voix compte, où chaque voix à rallier est un combat dans lequel le président, face à l'enjeu, jouera jusqu'à sa droiture.

Sacré Spielberg ! Une fresque monolithique sur ce monument historique de la vie politique américaine... Voilà ce qui attend le spectateur américain... Figure héroïque, courageuse et idéale du père, Lincoln est présenté comme un homme d'exception, intouchable, à qui l'on doit une décision historique. C'est ce combat politique que Spielberg choisit de mettre en scène, plutôt que la vie entière ou la carrière de Lincoln. Franchement ? On préfère revoir Abraham Lincoln, Chasseur de Vampires plutôt que de subir une nouvelle fois Spielberg pétri d'admiration béate devant ce monstre américain... Voilà pourquoi...

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Royal Affair (En Kongelig Affære - Nikolaj Arcel, 2012)


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Au Danemark, le roi s'adjoint les services d'un médecin personnel : Johann Friedrich Struensee. Ce dernier, adepte des Lumières, jouit d'une grande influence sur ce roi que ses conseillers considèrent comme à demi fou. Ses idées révolutionnaires ne laisseront pas insensible la reine Caroline, et une liaison va naître entre la reine et le médecin du roi. Mais l'influence de Stuensee sur Christian et les nouvelles lois appliquées au royaume danois sont loin d'être du goût de tous, et son aventure avec la reine risque bien de servir ses opposants.

Il est donc possible de mélanger passion amoureuse et révolution politique dans un film en costume sans tomber dans les clichés et les codes usés. Nous avons entendu un critique dire qu'il fallait "remonter à Barry Lyndon pour retrouver un film en costume avec une telle envergure", on applaudit des deux mains à la rédaction, tout en évoquant aussi Les Duellistes... Royal Affair à fait mouche à la rédaction, autant pour sa forme, sobre et travaillée, que pour ses acteurs (le décidément énorme Mads Mikkelsen en tête) que pour son équilibre entre romance et politique... Royal Affair n'en met pas plein la vue, c'est la tête qu'il vise...

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A Cause d'un Assassinat (The Parallax View - Alan J. Pakula, 1974)


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Des années après l'attentat d'un sénateur, les témoins potentiels semblent être assassinés les uns après les autres. Joseph Frady, un journaliste, mène l'enquête et découvre une mystérieuse entité qu'il tente d'infiltrer : Parallax, une organisation qui "recrute" dans ses rangs des individus instables.

Alan J. Pakula à laissé dans sa carrière nombre de petits thrillers dont il faut retenir Klute, Les Hommes du Président et ce Parallax View.  Ici, c'est autour d'une entité qui organise des meurtres, qu'il nous livre un film de complot plutôt passionnant et délicieusement parano, directement inspiré par l'enquête sur l'assassinat de John Kennedy.

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Le Juge Fayard dit Le Shériff (Yves Boisset, 1977)


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Un juge d'instruction, tenace et intègre, est amené à mettre au grand jour les collusions entre le grand banditisme et la politique. Malgré les pressions de ses supérieurs et les pressions qui se rapprochent, il poursuit son enquête qui dérange.

Yves Boisset fait partie de ces cinéastes qui "font le job". Avec Le Juge Fayard dit Le Shériff, il signe une fois de plus un excellent film policier et, de nouveau, comme avec Dupont Lajoie ou R.A.S, s'appuie sur des événements réels : ici l'assassinat du juge François Renaud.

Dénonçant l'intrusion de la politique dans le déroulement de la justice, et les connivences avec le milieu, Yves Boisset trouve son inspiration dans les fait-divers entourant "la bande des Lyonnais" (le "toute coïncidence avec des faits réels..." ne dupera personne) et l'assassinat d'un juge. On retrouve donc le même paysage que dans Les Lyonnais d'Olivier Marchal, mais ici vu du coté de la justice, et à notre avis c'est bien plus intéressant et réussi.

Le Juge Fayard dit Le Shériff  est un pur produit de cette époque (on aime voir les héros fumer fébrilement n'importe où, y compris dans leur Renault 4L...), à mi chemin entre l'enquête policière et le sujet de société, mais il reste tout à fait d'actualité quand à la vision qu'il propose de la collusion politique/justice (même si les médias ont maintenant remplacés les balles...). Mais son sujet passionnant n'est pas la seule raison de redécouvrir ce film, l'autre raison, c'est le plaisir de retrouver celui que nous considérons ici à la rédaction, comme l'un des plus grands acteurs français : Patrick Dewaere. Et même s'il ne livre pas sa meilleure interprétation, il construit de bien bel manière ce juge idéaliste au méthodes peu conventionnelles.

Si vous avez envie de vous faire un "bon petit polar", ce Juge Fayard dit Le Shériff fera parfaitement l'affaire. Il vous permettra ainsi de satisfaire vos rétines avec son look 70's et sa réalisation vintage (sans compter l'impressionnante galerie de tronches du cinéma français d'alors, comme François Léotard ou Jean Bouise...) , il flattera vos neurones avec son enquête tout à fais passionnante, et réveillera votre coté citoyen par une inquiétante vision de l'indépendance de la justice. Avec ce Juge Fayard, Yves Boisset a "simplement" signé là un excellent polar qui se redécouvre toujours avec le même plaisir : du cinéma "mineur", mais de grand talent.

Procurez-vous Le Juge Fayard dit Le Shériff ou d'autres films de Yves Boisset ou Patrick Dewaere

La Dame De fer (The Iron Lady, Phyllida Lloyd, 2011)


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Evocation du parcours de Margaret Thatcher, première femme à avoir accédé aux fonctions de Premier Ministre dans un pays occidental.

Ce qui frappe avant tout, c'est la bluffante interprétation de Meryl Steep ! Il est sur ce point bien difficile de faire la fine bouche, elle seule porte le film. Ce qui frappe ensuite, c'est la froideur écrasante du film. La Dame de Fer pèse lourdement sur le spectateur !

Bien que le parcours de 'Maggie' soit abordé par flashbacks, par le portrait (presque) touchant de cette femme et de ses relations avec un mari fantôme, La Dame De Fer est long, froid et ennuyeux. Le film déroule sans intensité les étapes qui jalonnent la vie de Thatcher, refusant obstinément d'y porter tout jugement, et ne délivre en fin de course qu'une longue adaptation cinématographique d'un article de Wikipédia ! 
Ce long biopic politique à la réalisation convenue et molle est absolument sans âme, la volonté de sa réalisatrice d'insister sur le femme plus que le personnage n'est pas plus convaincante....

La rédaction de Doorama est par nature peu enclin aux biopics... La Dame De Fer n'est certainement pas le film qui nous réconciliera pas avec ce genre, puisqu'il en possède tout les défauts (intérêt, longueur, absence ou excès de dramatisation, etc...). A sa vision, on repensera avec émotion, par exemple, au récent Discours d'Un Roi, et l'on mesurera le gouffre qui sépare ces deux projets : gouffre narratif, émotionnel et esthétique !
Encore aujourd'hui, Thatcher continue visiblement, à travers ce film, de nous mener la vie dure...

L'exercice de l'état (Pierre Schoeller, 2011)


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Entre rivalités politiques, ambitions personnelles et exigences de la fonction, Bernard Saint-Jean, Ministre des Transports, est un homme au service de l'Etat...

L'Exercice de l'Etat est une incursion chirurgicale dans le monde politique français. Il décrit avec précision et acuité une séquence de la carrière politique d'un ministre et la confronte perpétuellement avec son impact sur l'homme qui la vit.

Fabuleusement incarnés par Olivier Gourmet et Michel Blanc respectivement Ministre et Conseiller, les hommes de L'Exercice de l'Etat se remettent inlassablement en question afin de faire face en combattants aux événements qu'ils subissent.

C'est ce questionnement souvent intérieur et cette violence personnelle et professionnelle permanente que Pierre Schoeller décortique ici. Avec une narration limpide et un sens de l'image et de la mise en scène parfaitement maîtrisé, Pierre Schoeller réussi à dissocier le fond de la forme. Il surexpose (sature presque !) la fonction officielle des hommes, et construit ainsi, en filigrane, par élimination, une seconde lecture plus officieuse de l'impact de la fonction sur l'humain.

L'Exercice de l'Etat, est précis, fin, exigeant... Il dresse une lecture cynique et violente de l'univers politique. Il semble coller davantage à la réalité et à la vérité de ce monde là que ne pouvait le faire Le Président (documentaire peut être 'détourné' par son sujet même...).

L'Exercice de l'Etat dissimule derrière son austérité affichée une importante richesse humaine et cinématographique.

J. Edgar (Clint Eastwood, 2011)


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Portrait de J. Edgar Hoover qui à créé le FBI et dirigé celui-ci durant presque 50 ans, sous les ordres de 8 présidents...

Clint Eastwood, c'est 1 sur 2 ! Un grand film et un film plus "modeste"... Son dernier film,  Au-delà, faisait partie de la seconde catégorie ; avec J. Edgar, Eastwood retrouve l'immense qualité cinématographique qui le caractérise.

Sobre et posée, la réalisation Classique (C majuscule !) du maître sert parfaitement ce biopic sur le Hoover secret et obsessionnel. Mais si techniquement Eastwood livre un grand film (encore que la construction en flashbacks soit contestable), J. Edgar, à l'instar de nombreux biopics, s'avère aussi un tantinet ennuyeux.

Pourtant méticuleux et précis, comme l'est Hoover lui-même, le film ne trouve pas tout à fait sa raison d'être. Eastwood jette l'éclairage sur la personnalité de son personnage, reléguant l'histoire en elle même au second plan. J. Edgar prend alors le parti de dépeindre l'homme plutôt que l'Histoire, mais malgré la très belle prestation de Di Caprio, les 2h15 se révèlent au final bien trop généreuse pour dresser le portrait secret de l'homme.

Maîtrisé et solide, J. Edgar illustre la faiblesse du genre biopic...
"Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi" ? Le biopic, lui, n'est pas comme Lagardère ! Si tu ne vas pas à lui, il n'ira pas à toi... J. Edgar, en bon biopic, et en dépit de son axe intimiste, n’intéresse  que les spectateurs déjà intéressés pas Hoover, les autres se heurtent à un exposé bien fait, certes, mais peu passionnant !  


Les Marches Du Pouvoir (George Clooney, 2011)


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Les Marches du Pouvoir a tout de l'excellent film. Un splendide casting, une réalisation académique, mais absolument parfaite de maîtrise et de justesse, et un sujet excellemment bien travaillé. Suivons donc le beau Ryan Gosling en jeune conseiller politique de la campagne du beau gouverneur George Clooney et découvrons (?) les rudesses de cet univers.

Depuis plusieurs films maintenant, George Clooney ne cesse de nous prouver qu'il est maintenant l'un de ceux sur lequel il faut compter dans le cinéma américain, par ses talents de réalisation, et les sujets qu'il aborde. Il décortique ici les mécanismes cyniques d'une campagne afin de mettre en lumière ce que cela coûte aux hommes de bonne volonté : le résultat final se dessinera sous la forme d'un filigrane noir et désenchanté.

Les Marches du Pouvoir a donc tout de l'excellent film... Pourtant il ne parvient pas à convaincre complètement.
Il n'apporte rien que nous ne connaissions déjà sur l'âpreté du monde politique, et si parfaite et passionnante soit l'observation de ce petit monde, la charge s'avère en fin de compte presque politiquement correcte ! Cette timidité empêche le film de se hisser "au sommet des marches", le privant de l'ampleur critique que le sujet appelait et laisse ces Marches du Pouvoir juste en dessous de ces films qui marquent réellement.
Ceci étant dit, du cinéma de cette qualité, on en mangerait bien tous les jours !

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Le Président (Yves Jeuland, 2011)


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Documentaire sur la dernière campagne régionale de George Frêche.


Difficile d'attribuer une note à un documentaire... difficile d'approcher ce long métrage en tant que travail cinématographique lorsque l'on sait que derrière se cache une réalité, mais laquelle ?
Ce Président est donc concentré non pas sur l'animal politique qu'était George Frêche à lui tout seul, mais juste sur sa dernière campagne et donc sur la communication de l'animal...

Même si l'on peut en débattre, un documentaire doit à mon sens montrer des bouts de réel (la partialité ou pas étant un autre débat). Où est la donc la vérité dans tout çà, quand on sait que l'on oublie facilement une caméra qui vous regarde quasi 24h/24, et quand par ailleurs cette même caméra fait partie intégrante du métier du sujet filmé ? La caméra nous livre elle des fragments volés de vérité sur l'homme ? Ou bien "l'acteur" pilote t'il la caméra qui le filme ?

Je ne saurais, bien sûr, pas répondre. Je ne vous rapporterais donc qu'une vague impression : celle qu'il ne faut décidément pas accorder la confiance à nos chers politiques, et que si l'on ne garde pas "affûté" notre esprit, nous seront vite les souris de ces chats là.  
Le Président laisse en effet l'inquiétante sensation que la politique n'est qu'un jeu de postures oratoires et de stratégies lessivielles savamment élaborées par nos communicants.

Le Président est donc passionnant en tant qu'objet de réflexion, mais à force de n'aborder que l'angle Communication, il manque de matière pour réellement nous instruire et devient donc, vers la fin, un peu répétitif, et en perd un peu son essence.

Entre impartialité affichée et contre démonstration intrinsèque, ce documentaire, malgré l'intérêt que l'on a à le suivre jusqu'au bout, s'avère donc peut être rater son véritable but : être un documentaire ! Entre réalité et manipulation, George Frêche aurait-il là réussi son dernier coup ?


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