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Sasori (Joe Ma, 2008)


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Obligée d'assassiner une personne, Nami est envoyée en prison. Elle devra apprendre à survivre dans cet univers violent, et attendra sa sortie de prison pour se venger de ceux qui l'y ont conduit.

Le japon des 70's accouchait de séries B transgressives, populaires, dont certaines sont devenues cultes : Sasori, La Femme Scorpion  était de ces séries et en dépit d'une qualité pas toujours au rendez-vous, la série est restée un repère cinématographique dotée d'atouts certains et largement jouissif. Sasori version 2008 est donc un remake de l'original de Shunia Ito, cette fois réalisé par Joe Ma. L'histoire est similaire, mais cette fois-ci le thème de la vengeance change de camp : après sa vision, c'est le spectateur qui crie "vengeance" !

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La Nouvelle Femme Scorpion : Cachot X (Yutaka Kohira, 1977)


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Sasori retourne en prison après sa tentative d'assassinat sur un député qui l'avait manipulée. De nouveau coincée entre un personnel pénitencier hostile et des co-détenues déchaînée, Sasori ne souhaite pourtant qu'à s'échapper pour appliquer sa vengeance à tous ceux qui l'ont trompée.

Second visage à succéder à Meiko Kaji, Takeo Chii endosse les habits de Sasori, ou plutôt ce qu'il en reste dans cet ultime épisode. Sasori fera de nouevau l'objet de films, mais il faudra attendre 1991 pour que le cinéma s'y intéresse de nouveau.

Dans La Nouvelle Femme Scorpion : Cachot X , le personnage est vidé de tout sens, dépouillé de tout charisme et ne réagit plus que par réflexes aux plates péripéties concontées par les scénaristes (eux aussi fatigués). Trahison ultime à la franchise, Sasori troquera son noir uniforme final (déjà que dans Sasori 5... mais bon, ça passait encore...) contre un noir et blanc !

Si les scénarios ne nous ont jamais totalement déçu durant toute la série malgré leur transparence, celui de cet épisode frôle l'indigence et dégage une désagréable sensation de bâclé. Nous aurions pu passer sur ce "détail", mais la réalisation de cet épisode frôle le minimum vital et son absence totale de soin rappelle le pire de la production nippone, ne dépassant pas le niveau d'un épisode de Spectreman.

Peu de choses sont à sauver de cette fin de cycle, mis à part (et encore...) la cavale de Sasori enchaînée avec son ancien gardien. Le jouet semble définitivement cassé. Vidé de tout fun, de toute once d'originalité, et de tout les plaisirs inhérent ce type de cinéma, la série Sasori se termine à bout de souffle sur un épisode plat et ennuyeux.


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La Nouvelle Femme Scorpion : Prisonnière n° 701 (Yutaka Kohira, 1976)


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La soeur de Sasori est assassinée à cause d'une affaire politique. Accusée du meurtre de sa soeur par son petit ami, Sasori est emprisonnée et doit éviter de se faire tuer pour assouvir sa vengeance.

Yumi Takigawa remplace Meiko Kaji, et endosse le rôle de Sasori dans cette cinquième aventure qui puise tous ses ingrédients dans l'épisode originel. Trahie, emprisonnée, violée, humiliée et battue, Sasori retrouve pour ainsi dire le "train-train quotidien" du premier opus, y compris, bien sûr, son petit rituel final...

Les producteurs ressortent la violence sadique et retrouvent un certain goût pour le voyeurisme. Ils renouent aussi avec une volonté de retrouver la forte identité visuelle qui caractérisait le début de la série (le procès de Sasori est à ce titre intéressant). Si Sasori retrouve un peu de jeunesse (22 ans dans cet épisode !) en se souvenant de son glorieux passé, c'est malgré tout à une réutilisation peu originale et une pure exploitation marketing que l'on assiste ici.

La Nouvelle Femme Scorpion : Prisonnière n° 701 retombe donc exactement là où la série trouvait son inspiration : une histoire de vengeance vendue à grand coup de tétons, de sévices et de violences carcérales, mais sans aucune tentative d'y apporter une quelconque nouveauté. Faute de retrouver la créativité et le souffle d'invention des premiers films, Sasori 5 (c'est plus court ainsi) aura le mérite de proposer un honnête film de genre, tout du moins pour les amateurs de films orientés "prison pour femmes"...

Le scénario n'apportera rien de neuf, mais exploitera cependant habilement son cahier des charges (reprendre les éléments initiaux de Sasori, retrouver les codes des films carcéraux) pour proposer au final un film rythmé et encore aujourd'hui tout à fait visible auprès des amateurs hardcore de séries B 70's un peu racoleuses. Vide sur un plan purement cinématographique, mais non exempt de toute saveur... Largement plus fun que le précédant, on le préfère à Sasori 4. Mais l'absence de Meiko Kaji et son manque flagrant d'ambition cantonnent cette Nouvelle Femme Scorpion à n'être qu'un film d'exploitation parmi tant d'autres.


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Get the Gringo / Kill the Gringo (How I Spent My Summer Vacation - Adrian Grunberg, 2012)


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Illégalement emprisonné dans une prison mexicaine, un truand cherche à récupérer ses 2 millions de dollars, volé à un mafieux américain, sur lesquels la police locale corrompue a mis la main. Il prends sous sa protection un garçon de 9 ans dont le foie est destiné au Caïd de la prison, Caïd qui contrôle la police locale... La situation va devenir explosive...

Produit par sa propre compagnie de production (Icon), Mel Gibson s'offre le type de rôle que le cinéma ne lui offre plus trop (trop vieux ?) dans ce divertissement sympathique, nerveux et efficace. Il y incarne un "gentil" truand, sorte de loup solitaire qui à la manière d'un micro James Bond, réussit, gère et prévoit tout, et le tout non sans une certaine idée du cool !

Get The Gringo s'amuse à jeter son personnage dans un panier de crabe et nous invite à l'observer. La prison mexicaine, véritable "village dans la ville", ressemble à un village de vacances dans lequel Gibson pratiques quelques activités (vol, observation de la faune, magouilles...) et tente de récupérer un magot devenu catalyseur de tous ses ennemis (police, gangsters américains comme mexicains, consul local...). Ajoutez un zeste d'histoire qui prouve que Gibson n'est pas un méchant-méchant, mais aussi un chouette bonhomme, comme cet enfant destiné à fournir un foie au caïd en place dans la prison. Secouez le tout et vous avez Get The Gringo : un divertissement calibré, à la fois léger et nerveux.

Un gentil divertissement familial ? Pas tout à fait ! Car si Get The Gringo joue la carte du gentil méchant héro (ou l'inverse), il surprend par son traitement. Le film n'hésite pas à injecter dans son déroulement une certaine violence graphique (découpe d'orteils, fusillade musclée) et une relative absence de morale (ou tout au moins un décalage des repères habituels) qui donne au film une certaine radicalité et (presque) originalité. On reconnaitrait presque là notre Mel Gibson réactionnaire, qui une fois laché, ne peut pas être arrêté... On se souvient alors de l'étonnant scène de torture de Payback, le goût du calvaire de La Passion du Christ, et le gore affiché de Apocalypto, toutes des productions Icon, tous des "enfants" de Gibson...

Get The Gringo s'affranchit du cadre du simple divertissement tous public en revendiquant de montrer ce que son scénario réclame, il s'assume pleinement et balance les choses comme il le sent, en s'éloignant de l'hyper calibrage tout en gardant comme objectif le fun total. Simple et décomplexé, il met son héros décontracté au centre d'une poudrière, dans laquelle, bien sûr, il viendra à bout de tout les dangers. Get The Gringo ne vas pas réinventer la poudre, ni même éviter les clichés, qu'il utilise à son avantage, mais son petit dosage de décalage et d'originalité lui confère une vraie personnalité et garantit un indéniable plaisir pour le spectateur. C'est basique, rigolo, nerveux, bien écrit, bien réalisé et parfaitement sympathique. Ah, si tout les films pouvaient être fait avec autant de soin...  Mission accomplie !
 

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La Femme Scorpion : Mélodie de la rancune (Yasuharu Hasebe, 1973)


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Sasori, toujours en fuite, est aidée par un ancien activiste. Mais un inspecteur de police tenace et décidé revient sur leur trace et utilise ce dernier pour capturer Sasori et la renvoyer en prison.

Episode 4 : changement de réalisateur, et les choses s'en ressentent ! Le personnage de Sasori, auparavant si dangereuse n'est plus que l'ombre d'elle même dans cet épisode. Si on réutilise tant bien que mal les codes installés par les premiers films, il faut bien reconnaître que tout poison semble avoir été retiré au scorpion.

Les extravagances visuelles elles aussi sont absentes de cet épisode, et il faudra attendre les 10 dernières minutes pour retrouver un semblant de peps sur l'écran, pâle vestige des splendeurs d'antant. Quand au scénario, La Mélodie de la Rancune tente de renouer avec les recettes des précédents (trahison, prison, haine focalisée), mais même le passage par la case prison ne parvient pas à retrouver le feu sacré, cette fougue et cette énergie qui caractérisait la série.

La violence est timide, l'érotisme semble vécu comme un "mal nécessaire" pour assurer la poursuite de la franchise, quand à Sasori, elle n'attire plus les haines, violences, humiliations et autres brimades quotidiennes de la vie comme avant ! Privée de son énergie elle ne restituera qu'une vengeance un peu molle, non alimentée par la violence elle n'en restituera très logiquement que peu.

En bout de course et victime d'un changement de réalisateur, ce qui faisait l'originalité de la série et lui donnait son intérêt disparait. Plus de transgression, plus d'excès, plus d'expérimentations, plus de jeu sur les codes, La Mélodie de La Rancune entonne un refrain bien peu entrainant. Privé de toute inventivité et créativité, la série retourne doucement de là où elle était sortie et ne propose plus qu'un cinéma de genre banal qui recycle sans cesse les même recettes.

Sasori, aussi appelée Nami, aussi appelée Matsu, aussi appelée prisonnière 701, ne livrera pas son chant du cygne avec cette dernière apparition de Meiko Kaji, puisque qu'elle sera remplacée par une autre actrice dans les deux épisodes suivants. Il faudra se tourner vers les Lady Snowblood pour retrouver le belle actrice...



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La Femme Scorpion : La Tanière de La Bête (Shunya Ito, 1973)


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Sasori fait profil bas dans sa cavale. Mais l'inspecteur à qui elle a tranché un bras la traque, et les problèmes de la prostitué Yuki avec la pègre deviennent siens. Pour rester libre, Sasori doit se débarasser de ces deux problèmes.

On continue notre exploration de la série Sasori avec ce troisième épisode qui s'éloigne de l'univers carcéral. Sasori qui faisait pourtant son possible pour rester loin de la violence se retrouve rattrapée par celle-ci, et redeviendra même le bras vengeur de Yuki contre la mafia locale dirigée par une ancienne co-détenue.

Moins trépidant que les deux premiers, cet opus creuse la facette compassionnelle de l'héroïne, puisqu'elle épousera la cause d'une autre pour achever ses propres objectifs. Plus urbain et moins lyrique que ses prédécesseurs, La Tanière de La Bête laissera quand même chez le spectateur deux souvenirs inoubliables : Sasori en fuite avec le bras coupé de l'inspecteur pour l'accompagner (le rongeant ensuite avec les dents dans un cimetière...!), et une cruelle chef mafieuse, véritable reine maléfique-avorteuse façon Blanche-neige, régnant sur une horde de petites frappes comme sur ses corbeaux...

Cette nouvelle aventure de Sasori délaisse sa quête de reformatage des codes, sous forme d'images évocatrice fortes, au profit d'une exploration plus intérieure de la facette humaine (moins animale est plus adapté), de sa mortelle femme scorpion, voir même sa compassion de mère ! Moins de prison, plus de yakusa, un zeste de provocation (l'érotisme se teinte aussi d'inceste ici !) et toujours la sublime Meiko Kaji et sa vénéneuse beauté, voilà les ingrédient de ce troisième volet de la ténébreuse femme scorpion !

Et puis, puisqu'on vous abreuve de ciné de genre nippon, on voulait aussi s'assurer que vous connaissez bien l'autre série en vogue à la même période : la série Baby Cart (1972-74, 6 films) sur un ronin qui écume les route avec un enfant dans un berceau (armé comme un tank !)... Pourquoi la Rédaction vous sort ça ? Parceque là aussi les vieux codes du genre samouraïs étaient revisités à grand coup de geysers de sang écarlate et que le psychédélisme de l'époque trouvait aussi un certain terrain d'expression dans ce renouveau des codes. C'était comme ca dans le ciné populaire au japon : sexe, violence et transgression ! 

Mais pour finir avec La Tannière de La Bête : ce troisième volet fuit toujours autant le "grand cinéma" pour se réfugier dans un cinéma populaire riche en couleur et passionnant à décortiquer. Ce scorpion là est comme une grosse crevette, on adore lui retirer sa carapace...
Un petit plaisir de cinéphile, quoi !


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La Femme Scorpion (Shunya Ito, 1972)


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Nami Matsushima est manipulée et trahie par son amant policier. Emprisonnée, silencieuse, elle fait face aux humiliations du personnel pénitencier et aux violences de ses co-détenues. Elle ne pense qu'à s'évader pour se venger.

Série de 6 films entre 1972 et 1977 (dont 4 les deux premières années) La Femme Scorpion prend pour héroïne une femme trahie et humiliée (Nami Matsushima "Sasori", interprétée par le magnifique Meiko Kaji), la prisonnière numéro 701, devenue ivre de vengeance par les violences qu'elle a subi de la part des hommes (et aussi des femmes).

Pur série B d'exploitation 70's, la série Sasori vend au spectateur violence, érotisme, humiliation carcérale, sadisme, cruauté et vengeance. Mais à force d'excès, d'hyper-stylisation et de travail sur des thèmes basiques, ce qui n'était destiné qu'à tuer 1h30 et soutirer quelques Yens est finalement devenu culte.

D'abord ce premier opus bénéficie d'une mise en scène somptueuse et inventive. Cadrages obliques jusqu'à l'extrême, effets de lumières transformant ses personnages en véritables sorcières (issues d'un Kwaïdan et à coté desquelles un Suspiria n'est peut être pas aussi inventif que cela), flashbacks sur décors théâtraux mobiles, utilisation sublimée des décors studios, effets de mise en scène : telles sont les marques de fabrique visuelles de ce premier opus qui ne cesse de multiplier les recherches et inventions de mise en scène pour dynamiser son rythme et transmettre son symbolisme.

C'est justement sur ce "symbolisme" que la série Sasori accède au statut de culte. Poussant les curseurs à l'extrême, ses situations transcendent les stéréotypes et parviennent à fabriquer de nouveau codes ! Nouveaux codes de la femme et de la femme-héroïne, nouveaux codes de cruauté et de sadisme, mais aussi de nouveaux codes narratifs et de personnages, etc...  Et puis comment ne pas envisager une relecture du mythe de Frankenstein, puisque Sasori est un monstre créée de toute pièce (ici crée par les violences et trahisons dont elle a été l'objet), presque muette elle aussi (elle substitue efficacement le geste à la parole...) et elle aussi porteuse d'une innocence perdue. Personnage à la fois victime et ange exterminateur, implacablement destinée à la souffrance, les  violences qu'elle subit se retourneront toujours vers les coupables. Sasori est femme-objet par les actions des autres et condamnée à être un perpétuel instrument de vengeance. A la fois féministe et machiste, suivant les points de vue, la série des Femmes Scorpion véhiculent aussi une certaine idée de la femme, la rendant pour l'occasion bien plus mortelle que l'homme et en profitant pour filer, comme ça, mine de rien, un petit zeste de critique sociale.

Excès de chaque instant, les Sasori transforment des trames presque enfantines en films stylés et baroques. On comprends facilement comment cet univers fait de fantasmes exacerbés a pu marquer et fasciner toute une génération de réalisateurs (Tarantino et ses Kill Bill, Park Chan-wook et son Lady Vengeance...). Episode après épisode,  la série Femme Scorpion développe et installe un jeu avec le spectateur, elle récupère ainsi tous les codes cinématographique de différents genres (ceux des films de prison, des films érotiques, de vengeance mais aussi des personnages du loup solitaires et autres  méchants inoubliables) et en livre une vision modernisée, quelquefois psychédélique, complètement libre et déjantée, créative et sans aucune limite visuelle, dont l'objectif principal semble être de surprendre le spectateur.

Cinéma crétin et stérile au premier abord, c'est en fait à un creuset d'invention et d'énergie que nous sommes confrontés. Du B, du Bis comme on l'aime, un foisonnement expérimental et no-limit de procédés cinématographiques, du cinéma libre de toutes contraintes (à l'exception du Genre exploité) ou se côtoient, certes, le pire comme le meilleur ! Bien sûr que c'est mauvais... mais "qu'est ce qu'on adore ça" !

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The Woman (Lucky McKee, 2011)


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Chris, un gentil père de famille, capture un jour une femme revenue à l'état sauvage, mais au lieu de prévenir les autorités, il l'enchaîne dans sa cave. Il à en fait une vision bien à lui du rôle qu'il doit avoir avec cette femme... en fait Chris à même une vision très personnelle de son rôle dans sa propre famille...

Si cette histoire de femme sauvage séquestrée paraît peu attirante, voire ridicule, The Woman offre en fait un tout autre contenu, puisque son pitch cède bien vite le pas à une histoire de tyrannie familiale particulièrement  brutale et efficace.

Long à démarrer, maladroitement rythmé (en particulier par la pire illustration  musicale qu'on ait vu depuis très, mais alors très longtemps) et moyennement mis en image, The Woman voit cependant sa vision récompensée. Le dynamitage de la famille américaine type au profit du père de famille tyrannique, véritable petit dieu despotique chez lui, est particulièrement bien exploité et convaincant (même si les ficelles sont plus qu'apparentes...). The Woman dégage alors un effarant climat de perversion et de malaise, au point d'en estomper sa sauvageonne.

The Woman nous fait gentiment déraper vers un climax efficace, et décidé à aller jusqu'au bout de sa démarche, il ne fera que peu de concessions. Il propose alors des éléments horrifiques comme on aimerait en voir plus souvent, sans pour autant se vautrer dans le gore visuel "facile". Une fois passé son début laborieux et en faisant abstraction son illustration musicale (véritable torture qui abime le film), The Woman balance un bien vénéneux poison : pervers et malsain il s'attaque à la famille et nos chères petites têtes blondes sans jamais reculer ou hésiter.

Même si ca ne se fait pas, on fera donc le tri dans le film de Lucky Mckee. Nous bouderons sa sauvageonne (finalement simple faire valoir des autres éléments du film) pour ne retenir que sa famille broyée par un "petit homme ordinaire" et surtout la détermination avec laquelle McKee traite cette partie. Courageux et téméraire, il livre un résultat horrifique parfaitement savoureux pour les amateurs qui, bien qu'inégal, possède une venimosité et une radicalité à la Wolf Creek ou Eden Lake...

Prison on Fire 2 (Ringo Lam, 1991)


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Ching termine tranquillement sa peine de prison, mais la cruauté du nouveau chef de la sécurité et les tensions entre chinois et hong-kongais vont le pousse à s'évader.

Suite directe de Prison On Fire, cet opus reprend tout le décor décor précédant (maton cruel, solidarité et conflits entre detenus, survie en prison...) et joue cette fois-ci la carte de l'action et des rebondissements. Même si l'on garde les thématiques, on s'éloigne ici de la réflexion sur l'univers carcéral pour se rapprocher du film d'action, ponctué ici de péripéties en tout genre.

Toujours porté par Chow Yun-Fat (alors méga star à hong-kong, mais pas encore utilisé à l'international), Prison On Fire 2 perd donc de son fond, mais on y gagne en plaisir puisque son rythme plus soutenu lui donne une légèreté et un punch qui lui permettent, bien plus facilement que son préquel, d'affronter son âge et sa nature de film de genre.

Objectivement moins bon que le premier film, n'échappant toujours pas aux scènes sentimentales indigestes, et quand même très typé fin 80's, Prison On Fire 2 se verra sans ennui pour les nostalgiques du cinéma d'action et de genre qui pullulait alors (on regretterait presque le support VHS pour le visionner !)

Sans aucune autre prétention que de remplir 1h30 sans ennuyer le spectateur, Prison On Fire (1 et 2) fait partie du cinéma commercial d'alors, et doit être vu comme tel. Si cette série n'a que peu d'intérêt cinématographique (était-il besoin de le préciser), il faudra lui reconnaître que Ringo Lam, son réalisateur, aura réalisé ce diptyque avec bien plus de soin et de conviction que nombre de productions de cette période (à Hong-Kong comme ailleurs). Envie d'un revival ?

Prison on Fire (Ringo Lam, 1987)


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Deux prisonniers se lient d'amitié et affrontent ensemble l'univers carcéral. Brimades, triades, corruption, violence, maton cruel, mais aussi solidarité et liens entre prisonniers sont leur quotidien...

Film de genre made in Hong-Kong réalisé par Ringo Lam (connu chez nous pour avoir dirigé JCVD dans Risque Maximum par exemple), Prison On Fire est un film qui décrit la survie dans l'univers des prisons et s'interroge sur sa capacité à remettre dans le droit chemin ses occupants.

Véritable recyclage de Midnight Express (la prison qui pousses l'homme jusqu'à à ses limites), il explore son sujet en exploitant l'axe dramatique plutôt que celui de l'action ou du voyeurisme. Chow Yun-Fat et Tony Leung y incarnent des prisonniers qui se décrivent eux même comme "mouton et singe" au beau milieu d'un monde de prédateurs, ils permettent à Ringo Lam d'étayer son propos sur l'efficacité mitigée de l'emprisonnement.

Prison on Fire, pour peu qu'on le remette dans son contexte fin 80's et qu'on accepte son traitement Hong-kongais des sentiments (le mélange de violons et de naïveté, véritable code du cinéma HK et chinois, peut apparaître comme bien lourd à certains yeux novices...), tient ses promesses en proposant un film équilibré, riche d'action, aux personnages bien construits, et plutôt intéressant dans les idées qu'il véhicule.

Il est hélas bien difficile de tenir cette distance contextuelle lorsqu'on le découvre en 2012. Prison On Fire, aujourd'hui, tient davantage d'une simple série B d'exploitation au rythme trop lent que d'un film de divertissement finement pensé et étayé d'idées...

Prison On Fire, si réussi pouvait-il être en son temps, ne passe pas le cap des années et ne fait pas partie de ce cinéma de genre qui se patine avec l'âge, il se regarde aujourd'hui comme un simple témoin de son époque. Plutôt bien fait et digne d'intérêt dans l'absolu, il ne dégage plus qu'un charme faible qui permet toutefois de le regarder sans déplaisir.