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The Dictator (Larry Charles, 2012)


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L'amiral Aladeen dirige depuis l'enfance la Wadiya, maintenant le pays dans la dictature la plus stricte. Afin d'empêcher une intervention de l'ONU, il accepte d'y faire un discours, mais est victime d'un coup d'état de son bras droit qui lui substitue un sosie... Aladeen, seul aux USA va se battre pour récupérer sa place !

Encore un film basé sur la construction d'un personnage fictif haut en couleurs, campé par Sacha Baron Cohen, aka Bruno, aka Borat, aka Ali G... Troisième collaboration avec Larry Charles, l'acteur portraitiste incarne un dictateur africain au comportement situé quelque part entre un vrai Kadhafi et le dictateur cubain de Bananas de Woody Allen ("dorénavant la population devra changer de slip toute les 3 minutes !").

La trame est identique à Borat, en sortant la personnage de son environnement habituel et en le confrontant sa culture à la culture américaine, source de gags aussi provocateurs que débridés. Sacha Baron Cohen effectue alors la livraison habituelle d'humour raciste (façon OSS 117 "qui passe" plutôt que L'Antisémite "qui passe pas"...) et pipi-caca, qui forcément, sous le nombre des gags et les formes d'humour (jeux de mots, comique de situation, décalage, parodie, comique visuel...), parvient à nous arracher un sourire ou un bon fou rire. Caricature à l'humour provocateur, The Dictator explore toutes les possibilités offertes par ce personnage de dictateur africain, et ne se prive nullement d'aller jusqu'au bout de sa démarche, d'autant plus que cette fois l'objet de la caricature fera l'unanimité puisqu'il s'agit d'un "méchant officiel" plutôt qu'une minorité à la limite du politiquement correcte (le paysan pauvre du pays de l'est, un homosexuel...).

Pour les fans de Sacha Baron Cohen, The Dictator fera parfaitement, voire haut la main, son office. Pour les autres (dont la rédaction de Doorama élevée aux Monty Python's Flying Circus et autres Y'a t'il un pilote dans l'avion fait partie) est une parodie pas très fine aux ressorts faciles et grossiers. S'il est impossible de ne pas ramener quelques bons moments (certains excellents même !) de sa vision, The Dictator est un agrégat de gags tous azimut, et de qualité inégale, autour d'une mince trame. Alors oui, on s'amuse, mais cette petite heure et demie ressemble quand même davantage à une course effrénée à l'audimat (oui, un terme de la télévision !) qu'à du cinéma. Autrement dit, ce n'est pas parce que Sacha Baron Cohen nous fait son show (qui commence à se répéter, quand même) et qu'il nous fait rire que que c'est un bon film. Un divertissement qui fonctionne le temps de sa vision et absolument sans aucune comparaison possible avec un autre Le Dictateur ! La différence ? Celle qu'il y a entre le génie et la simple compétence, entre le durable et l'éphémère.  

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L'Antisémite (Dieudonné, 2011)


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Le tournage d'un film, ayant pour sujet principal un personnage antisémite, et les tensions entre les différentes croyances de l'équipe qui le compose.

Dieudonné, adoré par les uns pour le jusqu'auboutisme de sa démarche, conspué par d'autres pour l'ambiguïté de sa posture humoristique, livre son film - hymne à la provocation - par ses propres moyens, puisqu'il n'a pas trouvé distributeur en France.

L'Antisémite est problématique à plus d'un titre. Son sujet, bien sûr, ramène l'éternelle question du "peut on rire de tout" ; son idéologie affichée, par conviction ou au contraire dénonciation par l'absurde, soulève bien des questions (Rappelons que le film est produit par l'Iran, que le négationniste Robert Faurisson y fait une apparition, et que les "juifs et les pédés" sont centraux comme sujet d'humour...) ; son auteur qui ne cesse de brouiller les pistes jusqu'à l'incompréhension ou la contre démonstration, et enfin la simple difficulté de faire de humour no-limit...
Doorama laissera à chacun de se forger son opinion, même si on imagine que trop bien certains extrémistes de droite se marrer pendant plus d'1h15 sous couvert de "juste pour rire (...) faut pas le prendre au premier degré (...) que pour déconner (...) pas raciste"...

Ce qui est acquis, en revanche, c'est l'irrécupérable ratage cinématographique. Sous couvert de faux documentaire (le film évoque certaines recettes de C'est Arrivé Près de Chez Vous), L'Antisémite est avant tout l'expression criante d'une écriture proche du niveau zéro, preuve de la difficulté de passer du format court des sketches , à celui du long métrage.
Il en résulte un rythme laborieux qui ne laisse aucune chance à son humour de faire mouche (que l'on apprécie ou non).

L'Antisémite, ne fait pas rire, ce n'est même pas à cause de son sujet, c'est à cause de sa réalisation calamiteuse et son scénario que seul "ni fait, ni à faire" réussit à résumer. Parvenant même à tuer les plus drôles de ses répliques, Dieudo continue de s'enfoncer vers l'inconnu, et de donner à son pourtant "putain d'humour", le pire des écrins.

Rien à déclarer (Dany Boon, 2011)


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A l'approche de l'Europe, les Douanes vivent leur derniers jours. Dans un petit village limitrophe, un douanier français français tombe amoureux de la soeur d'un douanier belge tout particulièrement anti-français.Une enquête va les pourtant les amener à travailler ensemble.

Histoire simplette et personnages lourdauds nous font effectuer un retour en arrière d'au moins 20 ans dans la comédie française populaire. Les ficelles comiques sont énormes, usées et convenues. L'histoire avance laborieusement, et pour ceux qui l'ignoreraient encore : "être raciste, c'est pas bien" ! Heureusement que Dany Boon est là pour nous le rappeler !

Seul Benoit Poelvoorde évite le naufrage total de ce divertissement calibré "dimanche soir sur TF1," en incarnant génialement, pistolet au poing et oeil assassin, une espèce de psychopathe qui nous donne furieusement envie de le voir un jour dans un rôle sérieux de sérial killer ou de nazi.
Effectivement, mis à part deux ou trois gags ou répliques qui font mouche : Rien à déclarer ! A visionner avec modération donc.


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