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A Tombeau Ouvert (Bringing Out The Dead, Martin Scorcese, 1999)


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Un ambulancier à la limite du burn-out, qui carbure à l'alcool, arpente les rues du New-York nocturne au volant de son véhicule. D'une intervention à l'autre, shooté par le souvenir des gens qu'il a sauvé, hanté par ceux qu'il n'a pas pu sauver, la pression se fait de plus en plus forte pour Frank...

A Tombeau Ouvert, n'est ni notre Scorcese préféré, ni son meilleur, ni même son film le plus facile. Une fois que l'on a dit ça, A Tombeau Ouvert reste un film halluciné, brillamment maîtrisé et plus que hautement recommandable ! Sombre et glauque, lumineux aussi par sa thématique, A Tombeau Ouvert est un film virtuose, traversé de multiples allusions religieuses.

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Salvation Boulevard (George Ratliff, 2012)


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Carl, un adepte de l'Eglise du Troisième Millénaire, accompagne son charismatique leader, le Pasteur Dan Day, pour rencontrer son contradicteur athée, le Dr. Paul Blaylock. Mais le pasteur tue accidentellement ce dernier. Les choses se compliquent lorsque le pasteur veut faire accuser Carl...

Casting de choix pour cette comédie qui prend pour toile de fond une église et son leader aux dents longues... Le moteur est connu : un innocent, simple monsieur tout le monde, est projeté sous une montagne d'emmerdes à la chaîne, et doit prouver son innocence face à une personnalité publique et reconnue. Entre comédie et thriller, Salvation Boulevard laisse hésitant.

Si la religion est effectivement égratignée dans Salvation Boulevard, il sera difficile d'en apprécier la pertinence, tant l'attaque est timide. Le coup de griffe est en fait porté sur son pasteur, plutôt que sur un mouvement religieux, et sa violence ne portera que sur ce pasteur qui ment pour sauver un grand projet de ville pour chrétiens. Si la moralité du bonhomme laisse à désirer, pas de quoi cependant faire de Pierce Brosnan un "méchant". Quand à l'accusé, un ancien fan de Grateful Dead remis sur le droit chemin, son calvaire d'innocent blâmé, certes parsemé d’embûches, n'éveillera ni  fous rires, ni grande remise en question pour le personnage...

Salvation Boulevard se veut critique (mais pas trop), se veut acide et un poil impertinent (mais surtout sans rien bousculer... on voudrais pas déranger !),  se veut moqueur (mais sans blesser surtout), se veut drôle (mais on s'arrêtera au "léger", plus prudent si la religion est la toile de fond...), et se veut plein de rebondissements (mais pas trop haut)... Alors si on ne peut pas franchement dire que Salvation Boulevard est désagréable à regarder, avec son beau casting (si, si !), on ne pourra certainement pas dire non plus qu'il est réussi !

Au beau milieu des genres et des intentions, la foi entre deux chaises, Salvation Boulevard fait des pieds et des mains pour se la jouer "indépendant" et décontracté, façon Little miss Sunshine (avec le même Greg Kennear), et tenter de ressembler à un film des frères Cohen, façon Burn After Reading,  mais sans le peps, la fantaisie ni ce petit vent de folie qui en donne la délicate saveur. Salvation Boulevard manque de rythme, manque sérieusement de C... (ca se termine par "ouilles"... cherchez...), et ne propose au final qu'un joli matériel mal assemblé. La toile de fond de la religion est à peine exploitée, la comédie timide, le thriller mal dessiné, ses personnages manquent d'ampleur et le cauchemar de Carl est bien loin de celui de La Mort Aux Trousses, ou de celui d'A Bout Portant !

Nous développerons donc une foi bien "tiédasse" sur ce Salvation Bouelvard. Nous resterons totalement agnostiques sur sa qualité, en revanche, et même si les acteurs ne parviennent pas à sauver l'ensemble, nous entretenons une foi intacte sur son casting, particulièrement sympathique ! Salvation Boulevard se consomme et puis s'oublie... sans gêner, ni déranger. RIP !

Procurez-vous Salvation Boulevard ou d'autres films de George Ratliff ou avec Pierce BrosmanGreg KinnearEd HarrisJennifer Connelly ou la délicieuse Marisa Tomei

Mais ne Nous Delivrez Pas du Mal (Joël Séria, 1971)


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Anne et Lora n'ont que de 14 ans, mais elles savent déjà qu'elles veulent consacrer leur vie au mal. Elevées dans une pension catholique, les deux adolescentes sont inséparables, et les vacances hors de l'établissement sont l'occasion pour elle de se retrouver et de commettre leurs mauvaises actions...

Premier film de Joël Séria (Les Galettes de Pont Aven), Mais Ne Nous Délivrez Pas Du Mal a bien failli ne jamais voir le jour en raison de son sujet. Malgré le vent de liberté des années 68, ces deux enfants qui découvrent la cruauté en même temps que leur corps, et appliquent leurs journées à une recherche permanente de la mauvaise action (comme d'autre à être un bon chrétien...) ne passait pas si bien que ça auprès des producteurs, et restait un peu trop provocant pour les moeurs de l'époque et, surtout, immoral au yeux de la Religion qui tenta d'empêcher qu'il ne se fasse.

Construit à partir du fait divers qui inspira aussi Créatures Célestes de Peter Jackson, où deux adolescentes tuaient un de leur parent, Mais Ne Nous Delivrez Pas Du Mal, en dépit de son rythme un peu indigeste aujourd'hui, dégage encore sa douce pestilence et son parfum de souffre... Les deux enfants y sont en effet aussi innocentes en apparence, qu'effrayantes à l'intérieur. Elles malmènent l'idiot du village avec leur sexualité naissante, flirtent avec la messe noire, aiment mettre le feux et se délectent à tuer, jour après jour, les oiseaux du jardinier. A l'écran, Joël Séria présente Anne et Lora comme deux charmantes écolières à qui on donnerait le bon dieu sans confession, mais leurs actes inquiètent, et ce mal qui avance sous les traits de l'innocence de l'enfance, construit petit chez le spectateur une véritable sensation de malaise.

Film méconnu, Mais ne Nous Delivrez Pas du Mal, fait partie de ses perles, noires et cachées, du cinéma fantastique. Si son immoralité et son coté blasphématoire ne font plus autant effet aujourd'hui, le film de Séria conserve cependant une certaine poésie et constitue à sa manière, en négatif, une belle approche de l'univers de l'adolescence, avec un traitement de la sexualité particulièrement habile. Joël Séria n'est peut être pas un immense réalisateur, mais son approche de l'enfance, de la sexualité, de la famille et de la religion sont ici traitées en profondeur et Mais ne Nous Delivrez Pas du Mal produit encore son petit effet. Audacieux et provocateur pour l'époque, le film conserve aujourd'hui une aura particulière et, remis dans son contexte, revêt un intérêt cinématographique certain. Son final tragique et théâtrale est encore (sur le plan des idées) une belle claque ! Mais ne Nous Delivrez Pas du Mal à beaucoup vieilli, mais on peut toujours en apprécier son traitement soigné, son audace et son coté vénéneux ! Une curiosité à découvrir, une rareté, ne serait-ce parce qu'il est aujourd'hui inconcevable qu'un film pareil puisse de nouveau se faire ou voir le jour.

Procurez-vous Mais ne Nous Délivrez Pas du Mal ou d'autres films de Joël Séria ou avec Jeanne Goupil

The Shrine (Jon Knautz, 2010)


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Une journaliste entraîne deux amis dans un village reculé de la Pologne, pour faire un article sur de mystérieuses disparitions. Sur place, ils découvrent un étrange brouillard dans les bois, puis confrontés à l'hostilités des villageois découvrent que ceux-ci semble pratiquer des sacrifices humains... Mais au nom de qui ?

The Shrine est un de ces petits films d'horreur qui n'atteignent jamais le grand écran, et qui, bouclés avec deux francs six sous, tiennent pourtant la dragée haute à bien des concurrents. De ces bonnes surprises qui récompensent les cinéphiles boulimiques de leur curiosité.

Dans l'absolu, rien de bien original, ni de révolutionnaire, dans cette histoire qui commence sur les traces de Hostel, pour ensuite flirter brièvement avec Wake Wood puis ensuite l'Exorciste, mais après un début qui laisse présager le pire, The Shrine accélère gentiment, rajoute quelques ingrédients inattendus, et en mélangeant divers thèmes parvient à construire une belle intensité pour les amateurs du genre.

Même si l'accumulation de ses ingrédients horrifiques reste un amalgame fragile et perfectible, The Shrine parvient aisément à maintenir l'attention du spectateur, en brouillant les cartes et maintenant le mystère entier sur ce qui se passe vraiment dans le petit village, jusqu'à sa scène finale.

C'est simple, plutôt bien foutu, réalisé avec conviction (faute de qualité !) et surtout plein d'énergie. Avec des films comme Blood Creek (souvent durement égratigné par la critique), Les Ruines, ou encore Pandorum, The Shrine se révèle être contre toute attente efficace et rondement mené, un agréable petit film d'horreur, délicatement nimbé d'un parfum païen, qui rempli idéalement les envies de l'amateur de films de genre. Même si l'aventure ne restera pas gravée à jamais dans nos mémoires, The Shrine est tout à fait honorable, fabriqué avec un plaisir palpable, et apparaît, dans sa catégorie, comme une gourmandise à découvrir sans réserves. Alors, bien sûr, The Shrine ne bluffera personne, mais en plus de se regarder sans déplaisir, il saura aussi surprendre. Petite réussite modeste, The Shrine à mis toute la rédaction d'accord  : "ok, ça le fait !".

Procurez-vous The Shrine ou d'autres films de Jon Knautz 

There Be Dragons (Roland Joffé, 2011)


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De nos jous, Un journaliste enquête sur le père Josemaría Escrivá, fondateur de l'Opus Dei. Pour cela, il se rapproche de son père, qui à connu le père pendant la guerre civile en 1936, mais qui prenait alors un tout autre chemin....

On se souvient de Roland Joffé pour Mission, La Déchirure, ou bien encore La Cité de la Joie, mais il y a bien longtemps que son cinéma, appliqué et humaniste, n'a plus délivré de films d'ampleur équivalente. There Be Dragons ne sera pas encore le film du retour en grâce pour Joffé.

Cette évocation du parcours du fondateur de l'Opus Dei, particulièrement pendant la période de la guerre civile espagnole, se fait au travers de l'évocation d'une relation entre deux homme : un qui va vers Dieu, l'autre non ! En ces temps de guerre, Joffé utilise les camps adverses marquer les directions opposées de ses personnages, tant et si bien qu'a force de "marquer" les personnages, il finit par grossir à l'extrême ses ficelles. Si l'on rajoute à cela une  narration en voix off envahissante, There Be Dragons perds toute fluidité et tombe dans une routine scénaristique propre aux "films à Oscars".

There Be Dragons raconte certes une "Belle Histoire", son scénario est riche d'angles et d'enjeux, mais Roland Joffé échoue à lui donner corps, sa réalisation convenue lui ôte toute ampleur, tue son souffle épique, et le ramène à une évocation historique ordinaire et peu excitante. Même si There Be Dragons n'est pas un "mauvais film" et parvient à intéresser le spectateur (ne serait-ce que pas sa peinture d'une période peu évoquée au cinéma), il souffre d'un manichéisme maladroit et d'une timidité narrative que l'on pourrait qualifier d'indigne pour son réalisateur.
A ranger à coté de Cheval De Guerre, même si les objectifs diffèrent.

Devil Inside (William Brent Bell, 2011)


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En 1989, au cours d'un exorcisme, une femme tue trois personnes. 20 ans plus tard, sa fille se rend en Italie, où est internée sa mère, afin de réaliser un documentaire et déterminer si sa mère est folle ou possédée. Avec l'aide de deux prêtres elle découvre que sa mère est possédée par quatre démons.


Genre dans le Genre, le faux documentaire ou le "found-footage", a maintenant pas mal de bouteille, et aussi pas mal de rides. Si Canibal Holocaust, Blair Witch ou Paranormal Activity (pour ne citer que les projets de genre) ont  rencontré le succès en jouant avec la réalité et leurs "véritables bandes retrouvées !", il faut bien reconnaître que les réussites sont de plus en plus rares.

Devil Inside cautionne sa "véracité" sur la légendaire discrétion du Vatican autour de l'exorcisme, espérant ainsi créer le trouble sur la provenance des images proposées. Peine perdue, car à force de se heurter aux limites techniques du genre (plans épaules, point de vue du caméraman, hors champ, etc...) et tenter de les détourner, Devil Inside revêt bien vite un aspect bien trop scénarisé pour faire vrai. Et dans ce cas là, autant revoir l'Exosciste de William Friedkin dont la fiction basée sur du vrai est finalement plus crédible et bien plus dérangeante.

Quelques courtes scènes de Devil Inside font sursauter et surprennent le spectateur, mais devant toute la panoplie des recettes connues pour recréer le vrai, l'intérêt se fait rare et l'on a quand même bien du mal à se prêter au jeu et à faire de nouveau semblant d'y croire.

Conventionnel dans son genre, mais pas raté non plus, Devil Inside n'est qu'un exercice inutile de plus, sauf à n'avoir jamais vu de films de cette mouvance, ou à un grand amateur de films d'exorcismes (mais dans ce cas là, on aura déjà vu The Last Exorcism, et on le lui préfèrera bien largement). Ces faux documentaires se heurtent décidément toujours aux mêmes écueils (cf Apollo 18 ou Silent House).

A notre avis, Chronicle mis à part, Grave Encounters est la dernière bonne surprise en date du genre, et doorama en profite pour recommander Rec à ceux qui seraient passés à coté.

Red State (Kevin Smith, 2011)


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3 ados en quête de sexe facile se retrouvent otages d'un groupuscule religieux extrémiste et fanatique.

La religion, les armes, la morale et une Amérique en lutte avec les "enfants" qu'elle a créé, servent de décor à ce petit thriller de Kevin Smith : juste de décor. Smith semble ne pas trop savoir l'axe qu'il souhaite exploiter, hésitant entre thriller sur fond de fait divers social (on pense à la secte à Waco) et fourre-tout libératoire comme il aime  faire (ou plutôt "aimait" faire, cf. Dogma).

 Red State devient donc "instable", multi-angle, et en dépit des nombreux éléments sympathiques qu'il contient, semble refuser de se cantonner à un ou deux genres. Faute de se concentrer, il mise sur le contrepied avec le spectateur afin d'éviter les étiquettes, mais au final ne décolle pas du patchwork. Ca commence comme un teen-movie, vire vers le fait divers façon thriller (avec une ombre d'épouvante), passe par le drame et finit en Cohen (façon No Country for Old Man, où Burn After Reading).

Deux beaux moments de mise en scène, des surprises scénaristiques, une volonté affirmée de casser les codes, un John Goodman très étonnant... Red State possède pas mal d'atouts qui en font un film plutôt plaisant à regarder. Mais paradoxalement, il manque son but et laisse une sensation de film inabouti. Red State rate (de peu) son enjeu dramatique, ne laissant au final qu'un film sympathique mais en manque d'âme. La faute à la personnalité turbulente d'un Kevin Smith  qui refuse de grandir ?


Le Chat Du Rabbin (Joann Sfar, 2011)


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Le rabbin vit avec sa fille et leur chat. Un jour, le chat se met à parler, il s'intéresse particulièrement aux croyances des hommes et par dessus tout à la fille de son maître.

Joann Sfar (certains se souviendront de son inégal Gainsbourg Vie Héroïque) porte donc sa bande dessinée éponyme sur le grand écran, et le résultat est visuellement fort élégant et poétique.

Au travers de son personnage félin, qui ne cesse de s'étonner des contradictions des hommes, et ne manque pas une occasion de "ramener sa fraise", le film s'axe principalement sur la religion (il serait même plus juste de dire les religions) mais ne manque pas cependant de s'attarder sur les rapports humains.

Mêlant avec goût remarques philosophiques, humour et émotion, Le Chat Du Rabbin s'avère particulièrement agréable et ludique à suivre. Il délivre avec une certaine finesse, des messages de tolérance et de compréhension, sans jamais abandonner sa malice et sa désinvolture.

Même si la fin laisse un peu sur sa faim, Le Chat Du Rabbin réussit à vous faire voyager sans stress entre son sujet sensible et son ambiance "bain de soleil colonial".

Enfin, on retiendra pour l'anecdote, la savoureuse apparition de Tintin (qui à elle seule pourrait résumer l'esprit de son auteur) et la fille du rabbin dont nous sommes tombés fou de désir à la Rédaction de Doorama !