Accueil

Affichage des articles dont le libellé est romains. Afficher tous les articles

Coriolanus - Ennemis Jurés (Ralph Fiennes, 2011)


tags | , , , , , , , , ,

0 comments

De nos jours, le général Coriolanus, est le héros de Rome pour sa victoire contre les rebelles qui la menaçaient. Nommé consul, il est finalement trahi et exilé. Ivre de vengeance, il rallie son ennemi pour renverser le pouvoir en place et conquérir Rome.

Coriolanus est la transposition d'une oeuvre de Shakespeare dans notre monde actuel, les romains antiques cédant leur place à des militaires et le contexte politique et économique collant à l'actualité en insistant sur la fracture entre le peuple et les dirigeants. Ralph Fiennes y fait ses premières armes en tant que réalisateur et partage l'affiche (il y est excellent !) avec Gérard Butler (300) pour déclamer le texte de Shakespeare entièrement conservé.

Coriolanus, entre la tragédie classique Shakespearienne et la modernité de son contexte contemporain, trouvent une résonance étonnante en brouillant les repères temporels. Ralph Fiennes réussit non seulement à démontrer la modernité de l'oeuvre originale, mais en lui redonnant de nouveau un visage actuel, fabrique un univers hybride tout à fait stimulant.

Par son exposition d'un pouvoir politique en uniforme, son fond de révolte et des décors dépouillés, on est à deux doigts d'un univers d'anticipation proche du 1984 totalitaire d'Orwell (trouvant ses bases dans les crises économiques actuelles et, situé en Italie, pouvant même rappeler les souvenirs de l'italie fasciste). Curieusement, on pourrait presque décrire Coriolanus comme un "péplum d'anticipation" ! (tout comme Valhalla Rising pouvait être vu comme un film de vikings, mais aussi comme un film de science fiction... dixit Winding Refn !)

Outre cette interprétation très personnelle, Coriolanus reste avant tout l'histoire d'un homme partagé entre son honneur, son éthique et sa nature brutale, et demeure une intelligente et habile relecture contemporaine de Shakespeare. Modernité et classicisme s'opposent et se répondent (se mélangent même) tout au long de la très belle réalisation de Ralph Fiennes. En plaquant les problématiques de notre crise actuelle en toile de fond de son Coriolanus, Fiennes accouche d'un films qui faute d'être trépidant, n'en demeure pas moins très stimulant. Là ou certains spectateurs peu enclins à Shakespeare ne se heurteront qu'à une tragédie hermétique et statique, à doorama, on a trouvé l'expérience "troublante".

L'Aigle de la Neuvième Légion (The Eagle, 2010)


tags | , , , , ,

0 comments



Un légionnaire et son esclave, vont récupérer l'Aigle, symbole du pouvoir romain, perdu par son père en territoire picte. Seuls au delà des frontières romaines, en écosse, sur la terre d'où vient son esclave, ils devront affronter bien des dangers.

Il y a de cela 1 an, Neil Marshall (Dog Soldiers ! On adore à Doorama...) nous proposait une agréable surprise en costume appelée Centurion. L'Aigle de la Neuvième Région pourrait presque en être la suite... Presque. Kevin MacDonald reprend comme décor "l'autre coté du Mur" et s'invite à son tour dans cette période romaine. Se voulant plus posé que son prédécesseur décomplexé, cet aigle là propose ce qu'on pourrait appelé un péplum minimaliste, puisque les cohortes romaines du début du film laissent vite place aux rapports (rivalité ?) entre deux personnages. 

Il faudra oublier la motivation du légionnaire (retrouver l'honneur perdu par son père), le casting un peu jeune pour être crédible et le scénario un peu usé, si l'on veut profiter des qualités du film... L'Aigle de la Neuvième Région puise sa qualité dans sa forme minimaliste (action, concentration sur le duo, paysages désertiques à tomber...) et la conviction de son réalisateur en son histoire. Il s'impose par son rythme et sa forme générale atypique, réussit à séduire et intéresser et, en dépit de ses nombreux défauts, parvient à acquérir une personnalité propre qui le différencie radicalement des autres films du genre. Faute de grand spectacle épique, le plaisir est bien là.


.