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Hara-Kiri, Mort d'Un Samouraï (Ichimeï - Takashi Miike, 2012)


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Hanshiro, un ronin, se présente au chateau d'un seigneur et demande à pouvoir y pratiquer le Hara-Kiri rituel. Après un récit de l'intendant pour l'en dissuader, le samouraï maintient sa demande et avant de s'éxécuter demande une requête, puis débute à son tour un récit, celui des raisons qui l'ont conduit au Hara-Kiri

Takeshi Miike,  avec ce deuxième remake d'affilée d'un classique du cinéma japonais, réédite la prouesse qu'il avait fait avec 13 Assassins. Il s'attaque cette fois au monumental Hara-Kiri de Masaki Kobayashi et loin d'en trahir la mémoire, livre de nouveau un film qui ne lui ressemble pas (il faudra donc s'habituer à ce nouveau Takashi Miike ?), mettant en oeuvre classicisme affiché et maîtrise technique au service d'une relecture fidèle de son modèle.

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Lady Snowblood (Toshiya Fujita, 1973)


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Yuki est destinée dès son premier jour de vie à venger sa mère. Entrainée jusqu'à l'age de 20 ans, elle part alors à la recherche des 4 hommes qu'elle va traquer et assassiner.

Adaptation d'un manga, Lady Snowblood est davantage connu pour être l'une des influences majeures, avec La Femme Scorpion, de Quentin Tarantino pour son Kill Bill. Lady Snowblood est un pur produit du cinéma populaire japonais des 70's, à la fois excessif et simpliste, mais véhiculant aussi une imagerie surpuissante et utilisant à merveille les codes du (des) genre(s).

Film de vengeance et film de sabre, Lady Snowblood vise loin et pousse à l'extrême (hypertrophie) ses ficelles et enjeux dramatiques. Jugez plutôt : une mère emprisonnée à vie pour avoir tué le meurtrier de son mari, s'offre aux gardiens dans l'unique but d'avoir un enfant pour la venger (un simple instrument !)... Son enfant grandit dans la seule quête (obsessionnelle, bien sûr) d'accomplir cette vengeance reçue en héritage... La vengeance verra le jour non sans dommages collatéraux (car les coupables aussi ont des enfant) et surtout sous des geysers de sang écarlate (Ah, série Baby Cart, tu nous manques !). Meiko Kaji en est l'instrument, magnifique et mortel.

Pour ne parler que du film (nous laissons volontairement le manga original de coté), Lady Snowblood se divise en quatre chapitres qui chacun tenteront de contrarier le destin vengeur de Yuki : 1 coupable qui impose le pardon ? 1 autre déjà mort ? etc... (on peut pas tout vous dire...). Pourtant en plein film de genre, Lady Snowblood ne cesse de jouer du décalage discret avec les codes et, touche après touche, réussit à créer la surprise et dessiner ainsi un personnage torturé sans cesse contrarié alors qu'il s'approche de son but.

Lady Snowblood en digne et excessive expression du ciné popu de genre, délivre encore aujourd'hui une belle énergie, codifiée à l'extrême et pourtant infiniment libre. Simple défouloir de masse, stérile et sans intérêt pour certains, il cache en son sein une transgression libératrice, le plaisir de s'affranchir de toutes limites, et ce en toute sécurité, par la fiction. On comprend que toutes ces expérimentations "pour de rire" aient pu laisser derrière elles des traces, et des curiosités passionnantes à observer : Lady Snowblood en est une ! Trésor d'exagérations et d'inventivité, sa frénésie cinématographique (ses concepts, sa forme visuelle) est un petit bonheur de chaque instant pour tout cinéphile en quête de sang neuf. Lady Snowblood ne manque ni de sang, ni de nouveauté.

Que l'on aime ou pas le recyclage permanent de Tarantino, reconnaissons lui au moins le mérite d'orienter nos regards sur des oeuvres (mineures ou pas) dont l'oubli nous aurait privé de leurs passionnantes (et nous pensons indéniables) qualités. Que ce soit Lady Snowblood, La Femme Scorpion, Baby Cart pour le japon, ou le fachisant Inspecteur Harry pour ne citer que lui aux US, le cinéma de genre n'est pas qu'un sous-genre dominé par la médiocrité. C'est une terre certes souvent ingrate, pas toujours luxuriante, mais qui recèle parfois des pépites à l'éclat aveuglant. Lady Snowblood est de ces pépites. Grattez la terre qui l'entoure et vous trouverez son éclat : un petit film à l'allure folle, rempli d'images puissante et de véritables morceaux de cinéma ! 70's, on adore tes excès, ton énergie...


NDLR : Ce n'est pas dans nos habitudes, mais Lady Snowblood n'étant pas édité en France, vous pouvez voir l'intégralité du film en VOSTFR sur cette page (streaming ou téléchargement - pas de risques de sécurité décelés)

Procurez-vous les Baby Cart cités plus haut ou d'autres films avec Meiko Kaji

Rébellion (Masaki Kobayashi, 1967)


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Afin d'obéir aux choix de son suzerain, Isaburo Sasahara accepte le mariage de son fils avec Dame Ichi, la concubine répudiée de son maître. Malgré les réticences, celle-ci se révèle être une épouse idéale, et donnera même une fille à son fils. Mais subitement, le suzerain décide de faire revenir Dame Ichi au château. Isaburo s'élève contre cette décision...

Après Hara-Kiri, Kobayashi poursuit l'exploration de l'écrasement du pouvoir féodal sur ses serviteurs. A travers ce drame familial, il dénonce l'injustice, l'aveuglement et l'absurdité du système et évoque la rébellion de ce sabreur qui, après avoir servi son maître toute sa vie par honneur, se dresse contre lui... par honneur aussi.

Ponctuée que de deux (magnifiques !) séquences de sabre, Rébellion s'attarde avant tout (comme le faisait par ailleurs Hara Kiri) sur les raisons qui mènent à la tragédie finale. Tout en tension croissante, Kobayashi démonte la mécanique qui pousse son personnage, toute sa vie soumis, à renier ses valeurs pour en épouser de des nouvelles, plus nobles encore : frustrations et injustices répétées sur les "petits", apporteront la révolte aux "grands" !

Fort et puissant, tant à l'image que sur le plan dramatique, Rébellion est une lente prise de conscience qui traîne implacablement, et de la plus belles des manières qui soit, le spectateur jusqu'à son final, pessimiste et crépusculaire. Plus"calme" que bien d'autres Jidai Gekki, Rébellion tend vers la tragédie davantage que l'action, la critique du système féodal en ressort plus fortement encore, et sa lecture n'en est que plus contemporaine.

Kobayashi livre avec Rébellion est un film sublime, qui se range tout naturellement à coté d'autres grands classiques du cinéma japonais de cette période bénie !


Hara Kiri (Seppuku, Masaki Kobayashi, 1962)


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Un ronin demande à faire Seppuku dans le palais du shogun. Avant d'effectuer le rituel, il va raconter son histoire.

Là encore énorme film de sabre (paradoxalement avec assez peu de scènes de combat...) dans lequel la modernité transpire de bout en bout, que ce soit sur le fabuleux déroulement de son scénario (on commence à l'aube du dénouement, les flashback éclaireront ce qui précède...) ou sur la manière dont un système s'étouffe sous ses propres contradictions et son entêtement à regarder derrière lui...

Et comme souvent pour le cinéma japonais de cette période, la forme y est absolument éblouissante !

Curieusement Hara Kiri se prête à merveille à illustrer notre europe qui s'accroche coûte que coûte à ses dogmes plutôt que de les remettre en question, mais c'est là une réflexion très personnelle de la rédaction ;-)

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