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Upside Down (Juan Solanas, 2012)


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Dans un autre système solaire, deux monde à la gravité opposée se côtoient. Adam vit dans le monde du bas, pauvre, Eden dans celui du haut, plus riche. Alors que tout est fait pour qu'ils ne se rencontrent jamais, ils tombent pourtant amoureux, et devront dépasser les règles physiques qui régissent leurs mondes pour se retrouver.

Science-fiction et romance ont encore très récemment donné vie à deux chouettes projets : L'Agence et surtout ce Perfect Sence qui avait affolé les nôtres... Upside Down tente donc l'aventure en mélangeant deux mondes que tout oppose, deux mondes comme deux aimants retournés se repoussent, alors que sur chacun d'eux se trouve des personnages qui rêvent de se toucher. Dans le ciel, le monde de l'autre, au sol la fracture sociale... Upside Down vise haut, la chute n'en sera que plus dure...

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Cosmopolis (David Cronenberg, 2012)


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Eric Packer est un homme riche, qui a réussi à se faire une place au sommet de notre système capitaliste. Dans sa limousine transformée en bureau mobile, il traverse la ville pour se rendre chez son coiffeur... Alors que son empire personnel s'écroule et qu'une menace plane sur sa vie, la ville semble sombrer dans le chaos autour de lui.

Moyennement accueilli lors de sa sortie en salle, ce dernier David Cronenberg est l'adaptation d'un roman de Don DeLillo qui aborde le point de rupture du système capitaliste. Nous n'avons pas lu, ignares que nous sommes tous à la rédaction, le difficile,  ambitieux et visionnaire roman (parait-il) de DeLillo, mais Cronenberg a cependant accouché d'un film sombre, inquiétant, et lui aussi ambitieux.

Cosmopolis met donc en image la chute d'un homme au sommet... Installé, tel un messie, au plus haut de la chaîne économique pour son talent à faire de l'argent, Eric Packer voit sa position sociale remise en question par le comportement même du système économique qu'il pensait contrôler. La violence et la puissance du système se retourne contre lui, le privant de ses biens, le destituant de son rôle et sa fonction, pour le renvoyer dans le symbole de son pouvoir pour une ultime réflexion sur sa situation. La "limo", une tour d'ivoire luxueuse et mobile, isolée du monde et paradoxalement inondée d'informations, est filmée par Cronenberg comme un Purgatoire, un sas de décompression -de réflexion- entre le Ciel et l'Enfer. Pour son héros, l'Enfer est la misérable vie ordinaire de ces gens exclus de la richesse, pour le spectateur en revanche l'Enfer sera davantage l'inhumanité du capitalisme et sa capacité à corrompre les êtres.  

Agrégats sombre et froid de scènes hétéroclites et de réflexions détachées sur un système qui s'écroule, Cronenberg parvient, selon nous, avec brio à nous mener jusqu'au bout de cette descente aux enfers (retour à la normale ?) malgré le coté extrêmement bavard et l'aspect éclaté son film. La critique du système est bien présente, mais ce sera au spectateur de rassembler, compiler, ordonner et structurer les arguments de Cosmopolis... et la tâche n'est pas si facile qu'il n'y paraît ! Cronenberg se refuse à livrer des éléments prêts à l'emploi, il semble vouloir forcer le spectateur à prendre position et à faire le tri dans la salve qu'il met en image. Cosmopolis devient alors exigeant avec le spectateur...

Le climat d'instabilité, tant psychologique que social (avec la rue qui semble se "réveiller" pour remplacer le dollars par le Rat, sans doute plus représentatif...), donne à Cosmopolis un air de fin du monde à la Strange Days, sa froideur clinique nous rappelle le portrait d'American Psycho, son style, lui, est 100% Cronenberg ! Son réalisateur assemble donc une multitudes d'idées, de signes et d'angles de réflexion en prenant bien soin de ne pas trop structurer son propos, et c'est un choix qui s'avère payant ! Cosmopolis accompagne un homme déjà mort (Robert Pattinson, ex vampire de Twilight, autant dire un mort-vivant) jusqu'à son jugement dernier... Cronenberg nous fait part de ses pensées durant ce dernier trajet, et la forme éclatée et minimaliste qu'il choisit pour nous conter ce récit ne pouvait mieux retranscrire la complexité du cerveau de Eric Packer.

Film difficile et exigeant, Cosmopolis ne se livre au spectateur que s'il s'y abandonne... La mise en scène sobre de Cronenberg n'éclaire ce sujet difficile que si on accepte l'idée qu'il s'agit d'une réflexion "en live", pas encore totalement structurée dans la tête de son personnage. Cosmopolis est un instantané mental et systémique qui peut échapper au spectateur, tant il se refuse à être démonstratif, mais sa force est bien présente, son intelligence bien là : Cosmopolis cache bien ses séduisants atouts !


Procurez-vous Cosmopolis ou d'autres films de David Cronenberg ou avec Robert PattinsonJuliette Binoche, Paul Giamatti oMathieu Amalric

The Secret (The Tall Man, Pascal Laugier, 2012)


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La petite ville de Cold Rock, au coeur des montagnes et des sapins, est oubliée des fruits de l'économie. Mais pire encore, les enfants y disparaissent mystérieusement, sans raisons, et sans qu'aucun ne soient retrouvé. Les habitants disent que c'est "The Tall Man" qui vient les emporter...

Pascal Laugier, réalisateur de Saint-Ange et de l'inégal mais éprouvant Martyrs, est encore l'un de ces "petits français", addict au film de genre, qui tente sa chance en s'exportant aux Etats-Unis. Pour ses débuts il s'attaque à une vrai-fausse histoire de croque mitaine et la traite d'une bien étonnante manière...

A grand renfort de fausses pistes, de twists et de changements de points de vue pour le spectateur, Pascal Laugier réalise un curieux film fantastique, qui faute d'être totalement convaincant, laisse cependant un certain mal-être après sa vision, en révélant un "secret" qui met mal à l'aise, dérange, et en soulevant des interrogations "qui grattent" vraiment. Pour faire simple, The Secret commence comme un film de Bogeyman qui kidnappe des enfants, puis effectue un virage vers le fait-divers qui effraye, celui que l'on lit dans la presse.

En brouillant régulièrement les pistes, habillement, sans jamais perdre le spectateur en route, ni user de grosses ficelles faciles, Laugier parvient à maintenir l'attention et la tension intacte, tout au long de son film. Alors bien sûr on pourra tiquer sur l'une ou l'autre de ses directions, fantastique ou réaliste, ou bien rejeter la tentative entière de mêler les deux, mais au delà de la réussite du mélange des genres que Pascal Laugier à tenté, nous voyons en The Secret une tentative à applaudir des deux mains. Quand à Jessica Biel, qui porte à elle seule tout le film, il convient de saluer sa très belle, et crédible, performance.

Pascal Laugier à tenté de livrer une oeuvre ambitieuse, voire audacieuse, et s'il est vrai que le résultat manque un peu de jus, il faut, selon nous, reconnaître à The Secret son courage (et particulièrement lors d'une première réalisation dans le système américain !) et sa volonté de faire avancer le genre. Un peu décevant en tant que film fantastique, pas assez convaincant en tant que film d'auteur, The Secret porte cependant ces deux gènes en lui, sans jamais échouer. Si le résultat n'est pas tout à fait là, nous trouvons que le rapprochement du film fantastique avec le film social, à la Winter's Bone, est des plus passionnants. Et puis, après tout, même sans creuser, The Secret tiens quand même tout à fait la route... Au moins, ça ressemble à du bon cinéma, que l'on aime ou pas le ciné de genre selon Laugier !

Procurez-vous The Secret ou d'autres films de Pascal Laugier ou avec Jessica Biel

La Fiancée du Pirate (Nelly Kaplan, 1969)


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Marie à toujours été utilisée, humiliée et méprisée par les notables de Tellier, le village qui l'a accueilli toute jeune avec sa mère. Lorsque sa mère décède, Marie ne se laisse plus faire, elle monnaye dorénavant ses faveurs et se venge des notables en vonfrontant à leur hypocrisie et en les asservissant à leur tour.

France, 1969, La Fiancée du Pirate porte haut le souffle libertaire, le féminisme et la critique du système qui fleurissent alors. Nelly Kaplan choisit Bernadette Laffont pour incarner celle qui reprend sa vie en main, refuse le système et s'émancipe de la condition misérable dans laquelle on l'avait maintenue.

La Fiancée Du Pirate est une virulente charge contre un monde bien-pensant et l'hypocrisie qui y règne. Il prend la forme d'une fable qui suit l'évolution (la révolution ?) de Marie, soumise et exploitée en silence, du statut d'une Cosette qui subit à celui de Sorcière qui punit, manipulatrice et dominatrice. La critique sociale qui habite La Fiancée du Pirate embrasse les individus, bien sûr, mais aussi le système consumériste avec ses classes, ses riches et ses pauvres : Marie s'enrichit sur les riches notables en exploitant leurs faiblesses morales, mais capitalisera son argent dans des objets qui ne lui apporteront rien (comme un téléphone sans ligne ouverte au préalable)... elle accumule des biens qui lui sont inutiles et qui pourtant attisent une certaine convoitise. La place, le rôle et le but de chacun dans la société, voilà la queue du mickey dans cette fantaisie hargneuse de Nelly Kaplan.

Mais pour profiter du sympathique vent de révolte qui habite La Fiancée du Pirate, il faudra en accepter sa forme datée et marquée. La Fiancée du Pirate se fout de sa forme, c'est un parti pris évident, il se concentre sur ses messages et se contente juste de mettre ses acteurs dans le cadre, avec leur texte en bouche ! Du coup sa vision oscille entre un joyeux happening (bien en vogue à l'époque) à la direction d'acteur minimale, et son niveau artistique est équivalent à celui d'un porno soft avec Brigitte Lahaie ! Il faudra donc un petit temps d'acclimatation, voire quelques efforts, avant d'entrer dans son univers acide et sarcastique, et certains spectateurs risquent fort de baisser les bras devant sa forme (certes très libre et spontanée), dont le coté terriblement daté de sa mise en scène lui confère aujourd'hui une allure presque approximative...


Malgré sa forme, La Fiancée du Pirate un authentique morceau d'idéologie soixante-huitarde, porté par une Bernadette Laffont géniale en sorcière moderne. Outre son  bouc noir, elle envoûte littéralement ses victimes, le film est d'ailleurs parsemé d'allusions à la sorcellerie et Nelly Kaplan le résumait comme étant l'histoire "d'une sorcière des temps modernes qui n’est pas brûlée par les inquisiteurs car c’est elle qui les brûle" !. 


Cette fable enlevée, revancharde et libertaire rappellera sans doute à beaucoup le film Coup De Tête (de Jean-Jaques Annaud réalisé 10 ans plus tard, avec notre dieu Dewaere) pour son coté tir au pigeons sur des notables locaux, mais il s'en détache par son coté bien plus engagé, voire anar, fruit de l'époque qui l'a vu naître. La Fiancée du Pirate est un film libre, critique, immoral (quoi que !), irrévérencieux et militant. Emporté par la chanson "Moi Je m'en Balance" (de Barbara), et malgré son âge marqué, on tombe quand même amoureux de cette Marie qui nous venge tous, de ce David avec son corps comme fronde, qui botte le cul d'un Goliath exploiteur ! La Fiancée à bien vieilli, mais elle est encore fort belle, pleine de charmes, savoureuse !

Procurez-vous La Fiancée du Pirate ou d'autres films de Nelly Kaplan ou avec Bernadette Lafont

On The Ice (Andrew Okpeaha MacLean, 2011)


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Dans la petite ville d'Alaska où vivent Qalli, James et Aivaaq, il y a peu de choses à faire et la vie s'écoule doucement. Lors d'une virée pour chasser le phoque, une dispute s'engage et James est tué par accident. Qalli et Aivaaq décident de faire disparaitre le corps, alors que le village entame des recherches...

Plus qu'un thriller, comme le suggère son affiche, On The Ice est avant tout un drame simple et sobre en provenance directe d'Alaska (si rare qu'il fallait le signaler !).

Débutant comme une chronique sociale d'une micro société isolée et se poursuivant sur une pseudo enquête, cette dispute qui tourne mal (et les mauvaises décision des personnages qui s'ensuivent) oriente le film vers le thème de la culpabilité et du mensonge. A des années lumières du film à rebondissement, On The Ice joue la carte de l'intimiste. Dans la petite communauté soudée de cette ville isolée, il est aussi difficile de cacher la vérité que de faire disparaitre un corps au milieu d'un grand nord qui fige et conserve tout...

Le film d'Andrew Okpeaha MacLean est silencieux, resserré sur cette amitié malmenée par le tragique accident. On The Ice installe un climat pesant, il exploite à merveille l'isolement et le dépouillement du paysage désertique dans lequel il se déroule. Pour ainsi dire au milieu de nulle part, ses personnages ne peuvent se cacher, ils sont alors condamnés à voir leurs actes exposés et la vérité éclater.

Atypique, tendu et comme suspendu par le froid, On the Ice est un drame lent et douloureux. Le dénuement dans lequel le drame se forme, n'est pas sans rappeler l'ambiance et le désespoir d'un Winter Bone (mais sans sa dimension sociale). Loin des clichés et des enquêtes criminelles basées sur le suspense, le film propose une intrigue minimaliste, peuplée de personnages fragiles et terriblement attachants. On the Ice n'est ni trépidant, ni exagérément excitant, mais il est une intéressante alternative à la fureur habituelle des thrillers grand public, hors des sentiers battus, comme figée dans le froid, .

Entre le ciel et l'enfer (Akira Kurosawa, 1963)


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Un industriel sur le point de conclure l'affaire de sa vie est victime du kidnapping de son fils. Il apprend finalement que c'est le fils de son chauffeur, qui manque à l'appel, mais se sacrifie pour payer quand même la rançon. La police traque alors le kidnappeur dans l'espoir de récupérer la rançon et restaurer son honneur perdu.

Sur fond de différence sociale, Kurosawa aborde ses thèmes fétiches (honneur, différences de classes, valeurs humaines) pour élaborer un film au ton curieusement distancé de son
coeur scénaristique.

Il construit les fondations de Entre Le Ciel Et l'Enfer dans un hui-clos théâtral, avant d'en sortir pour une méticuleuse enquête policière, opposant systématiquement les symboliques à sa forme. Il installe ainsi un double langage, un double niveau (la maison en hauteur  / la ville basse,  les puissants / le peuple, etc...) de sorte que chaque élément abordé en apprenne finalement plus sur son élément opposé.

Entre Le Ciel et l'Enfer trouve son sommet dans une l'hallucinante séquence dans les bas fonds de la ville... (on ne vous en dit pas plus, mais c'est juste bluffant !)
Fort et d'une immense richesse thématique, Entre Ciel et l'Enfer invite à une réflexion sur le système social dans don fonctionnement global et sur l'indissociable interaction de chacun de ses composants. Ce Film Noir, stimulant et passionnant de bout en bout, est une démonstration de plus (inutile, car maintes fois démontrée) que Kurosawa est l'un des plus grand réalisateurs, un Auteur immense, que l'on ait eu.


Mon pire cauchemar (Anne Fontaine, 2011)


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Une femme des beaux quartiers, responsable à la Fondation Cartier, fait la connaissance , par l'intermédiaire de leurs enfants, d'un homme populaire, père moyen, familier des plans débrouille et de la bouteille. Malgré leurs différences flagrantes, ils vont tout deux se redécouvrir.

La comédie de Anne Fontaine ne fait pas dans la dentelle. Articulé autour du fossé social entre deux personnages, Mon Pire Cauchemar débute avec l'artillerie lourde pour installer sans finesse ses personnages caricaturaux (façon bourgeoisie branchée de Paris 6 contre ouvrier belge obsédé et alcoolo).

Péniblement, et malgré quelques répliques amusantes, le film se déplace doucement vers le registre sentimental, perdant en humour et gagnant en ennui convenu. Mon Pire Cauchemar n'est "sauvé" que par un Poelvoorde égal à lui même et une Isabelle Huppert au sommet de son charisme, mais hélas au jeu un étrangement désincarné.

Mon Pire Cauchemar est sans surprise, il accumule le déjà vu et les clichés et tisse son écheveau de grosses ficelles usées sans inspiration. Très représentatif de la comédie à la Française qui se donne bonne conscience par un semblant de fond social, Mon Pire Cauchemar est sauvé par ses deux comédiens et réussit tout juste à se laisser voir sans ennui si il n'y a rien d'autre à voir (mais alors absolument rien d'autre !).

Biutiful (Alejandro González Inarritu, 2010)


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Vivant de diverses combines louches pour vivre, un homme apprends qu'un cancer va l’emporter. La difficulté du quotidien n'en sera que plus lourd, d'autant plus que Uxbal laisse derrière lui deux enfants dont leur mère junkie ne peut s'occuper.

Une écrasante ambiance se dégage du dernier Inarritu. Noir, incroyablement sombre et désespéré, Biutiful étouffe littéralement le spectateur sous le poids de la misère sociale et de la survie de son personnage.

Biutiful ne trouve de lumière et d'espoir qu'a de très rares occasions, toutes fugitives, à peine esquissées. Si Biutiful est, comme à son habitude avec Inarritu, absolument sublime visuellement, tout cela en devient presque trop pour le spectateur, qui assiste impuissant à une avalanche de dureté et de misère, se demandant après le générique de fin pourquoi, ou comment, il a pu et voulu s'infliger çà.

Biutiful dresse effectivement, au travers de l'incroyable Javier Bardem (dont le prix d’interprétation à Cannes ressemble à une évidence après la vision du film) un terrifiant portrait d'une société plus qu'impitoyable, mais cela ne suffit pas à garder de Biutiful une "bonne impression". Le dernier film d'Inarritu souffre d'une excès de réalisme, d'une volonté aveugle et obsessionnelle de restituer un noir parfait, mais à force Biutiful en devient un chemin de croix.

Biutiful est une expérience crue et brute à la limite du masochiste, en dépit de la perfection qu'il approche. 

Ma Part du Gâteau (Cédric Klapish, 2011)


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Obligée de quitter Dunkerque pour chercher un emploi sur la capitale, France trouve un emploi chez le trader responsable de la fermeture de la société dans laquelle elle travaillait.

Que l'on aime ou non le Cinéma de Klapish, on se doit de lui reconnaître un coté sympa, voire bobo, et une certaine spontanéité. Ma Part Du Gâteau s'inscrit dans ce sillon en abordant, façon Klapish, un thème d'actualité de notre société : l'impact de la finance sur l'économie réelle.

Avouons le, le thème est un peu trop grand pour Klapish, bien plus habile à élaborer des personnages touchant qu'à dresser un une cartographie du système et de ses dysfonctionnement. Si le message est donc un peu naïf, il n'en demeure pas moins que, porté par un Gilles Lelouch et une Karine Viard quasi-parfaits, Ma Part du Gâteau dégage une atmosphère particulièrement attachante et dépeint avec délicatesse et quelquefois inspiration (la partie à Venise !) une rencontre contre nature entre puissant et fourmi.

Ma Part Du Gâteau n'est pas destiné à vous aider à vous forger une opinion, il se contente de montrer le fonctionnement de ses personnages et de les opposer pour en faire naître émotion et une certaine (in)humanité. Pourtant diablement sympathique, le film se heurte cependant (se perd ?) dans son propre décor social, l'empêchant de parfaire son message et de trouver un réel écho social (sa curieuse fin "précipitée" en forme de leçon, fin presque inaboutie, l'illustrera tout à fait).

On appréciera d'autant plus Ma Part du Gâteau qu'on n'en attendra pas d'analyse sociale percutante et novatrice. On le regardera avant tout pour l'alchimie Lellouche-Viard et sa légèreté de traitement d'un sujet difficile.
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