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Le Baiser du Tueur (Killer's Kiss, Stanley Kubrick, 1954)


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Davy est un boxeur sans avenir. Un soir, il aide sa voisine, Gloria, et entame une histoire avec elle. Mais pour que sa vie s'améliore enfin, il doit la tirer des griffes de son patron, un petit caïd, qui semble décidé à ne pas la laisser partir.

Premier film noir de Stanley Kubrick, avant l'Ultime Razzia, Killer's Kiss laisse déjà apparaitre toute la singularité de Kubrick et la force de son langage cinématographique. Si l'histoire de Killer's Kiss n'a rien d'exceptionnelle, c'est son traitement visuel et sa réalisation qui retiennent l'attention.

Nous sommes bien dans un film noir, les toutes premières images de Killer's Kiss ne laisse aucune ambiguïté : un homme s'est attiré des ennuis. C'est sous la forme d'un long flashback que le spectateur découvrira que Gloria en est à la base, puisque c'est à cause d'elle que Davy devra affronter Rapallo, tel un ultime combat. Au travers d'une narration alternant voix off et longues séquences très peu dialoguées, Kubrick impose déjà un sens impressionnant de l'image et des symboles qu'elle contient (la première scène dans la chambre annonce ce qui attend le personnage par ses seuls arrières plan : un long couteau au mur et une femme de l'autre coté de la cour... Mort et amour !).

Mais c'est véritablement dans sa mise en scène que Killer's Kiss surprend, en renforçant de multiples manières l'aspect Noir de son histoire, en commençant par le choix de noirs profonds et tranchés, simplement magnifiques. Que ce soit lors du combat de boxe, du meurtre dans une ruelle, du passage à tabac ou dans son affrontement final (contre un adversaire à la hache !), Kubrick innove, expérimente même, en choisissant une mise en scène inspirée et originale, qui surprend régulièrement le spectateur par sa violence suggérée (le héros poursuivi, chassé serait plus juste, sur les toits en plan large) ou montrée (le combat de boxe qui n'a rien à envier à ceux de Raging Bull).

Ce Baiser du Tueurs possède un rythme et une forme bien différents des films noirs de cette époque. S'il en reprend effectivement les codes (le loser, la blonde, la pègre, les emmerdes...), il s'accorde une grande liberté de traitement (jusque dans sa fin, proche du happy end, aux antipodes de Quand La Ville Dort...) et  tente en permanence de proposer une nouvelle lecture de ceux-ci. Killer's Kiss n'est pas un "grand Film Noir" par son histoire ou ses thèmes, mais il l'est en revanche par sa réalisation, qui expose magistralement la nature de ses personnages et la violence des situations auxquelles ils sont confrontés. Nous n'avons pas là l'un des classiques du film noir, mais plutôt l'acte de naissance d'un cinéaste unique et immense. Une réalisation majeure sur un film "mineur" (et là, Doorama vient de perdre 50 lecteurs !).

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Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick, 1998)


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Bill Harford mène une vie ordinaire avec son épouse, jusqu'au jour où elle lui raconte qu'elle a failli un jour le tromper. Profondément déstabilisé, Bill va alors rechercher, et s'approcher dangereusement, de ces tentations qui ont ébranlé sa femme.

Sans doute le film (pardon, l'Oeuvre !) de Kubrick la plus colorée (bariolé ? Que de petits sapins de noël et de rouge-désir ici !) et le plus "à taille humaine" de sa monumentale filmographie, Eyes Wide Shut traite du couple et de son délicat fonctionnement. Désirs, besoins, sexe, rapport à l'autre et secrets refoulés deviennent sous l'oeil du Maître des sujets d'étude et d'interrogations, qui emprunteront de longs chemin détournés pour livrer leurs réponses (en fait une seule réponse laconique tenant en 4 lettres...).

 Eyes Wide Shut, avouons le, n'est pas notre Kubrick préféré (et de loin), mais l'indéniable maîtrise avec laquelle il dissèque ce couple en crise est à couper le souffle, et ce (comme d'habitude avec Kubrick) tant sur le plan visuel qu'intellectuel. Pour la première fois Kubrick s'attaquait à l'intime (même Lolita débordait du cadre intime du désir...), à une histoire en mode mineure, sans H majuscule, déconnectée de toute destinée de ses personnages. Si "minimal" tente d'être Eyes Wide Shut, Kubrick ne peut cependant pas s'empêcher de livrer sa vision du couple par le "grand bout de la lorgnette". Kubrick répond à la cassure intime par la grandeur et la démesure d'un fantasme ultime (la partouze du siècle, mes amis !) et, comme une démonstration ultime, nous livre LE couple emblématique du glamour et de l'artificiel d'alors (Nicole Kidman et Tom Cruise, couple à l'écran comme dans la vraie vie) pour illustrer la relation/opposition entre l'apparence et le vide.

Oeuvre bavarde et cruelle à bien des égards (sa vision du vrai couple Kidman-Cruise ?), ouverte à de multiples interprétations, Eyes Wide Shut est "le film à part" chez Kubrick. On peut se semander s'il n'est pas son film le plus personnel (puisque traitant du couple, et Kubrick s'étant "retranché" avec son épouse et ses enfants dans son manoir anglais...), et si, en film testament, il ne cacherait pas de (nombreux) messages du Maître.

Perfection technique de chaque instant, illustration musicale impressionnante (Musica Ricercata de Ligeti) et génie de sa mise en image font de Eyes Wide Shut un film hypnotisant qui derrière ses apparences de film kubrickien "modeste" recèle une immense richesse, et peut être même un trésor caché, un secret... Fuck ?

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Barry Lyndon (Stanley Kubrick, 1976)


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Au XVIIIème siècle, suivez le parcours de Redmond Barry, simple irlandais sans fortune, jusqu'à la haute bourgeoisie européenne où il se fera appeler Barry Lyndon...

Que dire de Barry Lyndon ? Sinon que l’ascension et la chute de Redmond Barry sont, bien sûr, incroyablement mis en image par le Maître Stanley Kubrick, soucieux de transformer le moindre plan (le moindre !) de son film en tableau du 18ème...

Barry Lyndon, en plus d'être un film visuellement parfait et éblouissant (si, si!) est avant tout une peinture cruelle de la société et des hommes. Derrière le calme de ses images et l'ordonnancement de que l'on y voit, derrière les somptueux paysages naturalistes et sereins de Kubrick se cache en fait violence et cruauté, de celle que l'on croise dans la Nature.

Le narrateur annonce systématiquement ce à quoi le spectateur va assister : les revers, la bonne fortune, les embuches, le renouveau, etc... Aussi invariablement que les saisons se suivent, aussi prévisible qu'un cycle de vie animal, les échecs et les réussites de Redmond Barry s'accumulent à l'écran, et qu'importe qu'il les ait méritées ou non, puisque au final c'est la Nature qui décidera lui, de son sort, de son destin.

Si l'histoire de Barry Lyndon est bien celle d'un homme et de son ascension, puis de sa chute dans la société, sous la caméra de Kubrick, elle devient un objet d'observation aussi méticuleusement observée qu'une souris de labo. Kubrick observe le destin de Redmond, presque avec amusement, il lui lance un regard cynique, et ne s'y attache jamais puisqu'il est d'ores et déjà perdu. 

 Kubrick, avec Barry Lyndon, transforme le parcours de vie d'un homme en simple anecdote ancrée dans la vieille Europe. Il transforme aussi son film en un bouillonnement d'aller retours entre la Nature et la nature des hommes (pauvre Barry Lyndon qui ne maîtrise pas grand chose de sa propre vie...).

Barry Lyndon est un film immense (à l'image de la filmo de Kubrick), un film parfait (tel un grand monolithe...), un chef d'oeuvre dont chaque nouvelle vision recèle une nouvelle interprétation*...



* voire même, comme c'était le cas pour la rédaction de Doorama lors de son dernier visionnage, à celle d'un documentaire animalier ! (avouez qu'on ne vous l'avez jamais faîte celle là !)

Shining (Les Couloirs de la Peur) (Mike Garris, 1997)


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Il y a Shining de Kubrick, il y a aussi le Shining de Stephen King. L'histoire dit que Stephen King était insatisfait de l'adaptation de Kubrick (jusqu'à demander à ne pas apparaitre au générique) et aurait donc porté à l'écran TV sa propre adaptation de sa propre nouvelle.

Le résultat est une mini série de 4h30, réalisée par Mick Garris.

Seul le fan de Stephen King pourra préférer cette version à celle du Maître, la jugeant, sans doute à juste titre, plus fidèle à la nouvelle initiale.

Si cette mini série se regarde (se consomme ?) cependant avec plaisir et si les trames restent quand même identiques (un gardien d’hôtel pète les plombs et s'en prends à sa famille durant l'hiver...), les objectifs ne sont visiblement pas les mêmes...

Là où le Maître signe un film oppressant sur terrifiant sur la folie, King signe une histoire de fantômes qui, si sympathique soit elle, n'en reste pas moins porté à l'image comme une "histoire de fantôme" (comme le dirait un enfant, attendant des portes qui claques et des méchants spectres qui font peur partout...). Le Shining de King n'est donc qu'une histoire pour jouer à se faire peur, à la manière d'un train fantôme. A aucun moment la Peur ne sort de l'image pour s'attaquer au spectateur, à aucun moment le King à l'image ne semble égaler la peur qu'il est capable de distiller dans ses écrits.

Une amusante curiosité donc (à ne surtout pas comparer à la version Kubrick ! Mais le budget est différent et Nicholson n'est pas là, non plus...) qui donne envie de revoir la première version et confirme aussi que rares sont les bonnes adaptations de King à l'écran !
Devant le nombre d'adaptations de King à l'écran et le peu de réussites (même s'il y en a...), à Doorama on conseille soit de ne plus le porter à l'écran, soit de réécrire ses histoires pour des adultes.
Merci Stanley  ;-)


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