Accueil

Affichage des articles dont le libellé est suspense. Afficher tous les articles

La Corde (The Rope - Alfred Hitchcock, 1948)


tags | , , , , , ,

0 comments

Brandon et Philip assassinent David pour le simple fait d’exécuter un crime parfait. Ils organisent une soirée en présence des parents de David, de sa fiancée et de leur Pprofesseur Ruppert Cadell, alors que le corps est encore dans l'appartement, dans le coffre sur lequel est servi le repas. Les deux étudiants sont fiers de leur "prouesse", mais Ruppert devine ce que cache cette terrible soirée...

Enorme hui-clos, gigantesque plan-séquence 83 minutes sans autres coupes que celles pour recharger la pellicule de la caméra, La Corde est autant une pièce de théâtre, pas sa conception même, qu'une impressionnante prouesse technique que seul un immense cinéaste pouvait concevoir avec autant de précision. Immoral et provocateur, La Corde cache le corps dans un coffre, expose ce coffre aux yeux de tous, et exhibe, l'homosexualité de ses personnages... Du grand art, quoi !

Lire la suite...

Blow Out (Brian De Palma, 1982)


tags | , , , , , , , , ,

0 comments

Un preneur de son enregistre par hasard un accident de voiture, et sauve une passagère. Le conducteur est mort, il s'agissait d'un gouverneur... Grâce à son enregistrement, Jack Terry découvre qu'il ne s'agit pas d'un accident et décide de révéler au grand jour la vérité.

En pleine décennie d'Or du réalisateur (1975-85), Blow Out n'échappe pas à l'ultra citation et à l'ultra référence d'autres oeuvres cinématographiques dont De Palma abusait alors. Blow Up, Conversation Secrète et Hitchcock, toujours et bien sûr, nourrissent le terrible échec commercial qu'à été Blow Out. 30 ans plus tard, Blow Out tient pourtant largement la route et se redécouvre avec encore plus de plaisirs qu'à l'époque, magnifiquement porté par un Travolta exceptionnel et les tics d'un réalisateur aussi virtuose que pompier...

Lire la suite...

The Incident (Alexandre Courtès, 2011)


tags | , , , , , , ,

0 comments

George et ses potes font de la musique, et travaillent à l'asile de Sans comme cuisiniers parce qu'il le faut bien et que le job est une planque. Mais lors d'un orage, le système électrique de l'institution tombe en panne, les systèmes de sécurité se bloquent, et les trois amis se retrouvent pris au piège dans l'asile, au milieu de ses pensionnaires maintenant en liberté. Les pensionnaires de Sans ne sont pas des fous légers, mais de véritables psychopathes, l'incident vire à la survie...

Beaucoup ont découvert Alexandre Courtès avec l'un des sketchs de Infidèles (la thérapie de groupe...). Avec The Incident, on rigole beaucoup moins... Pour son premier film, Alexandre Courtès jetait son dévolu sur le thriller, tendance un poil goreuse, qui sans atteindre des sommets frôle de peu le sans-faute. Un peu de style, pas mal de tension, The Incident tient ses promesses.

Lire la suite...

Rosewood Lane (Victor Salva, 2012)


tags | , , , , ,

0 comments

Sonny Blake, une psychologue qui anime une émission de radio, décide de vivre dans la maison dans laquelle son père est décédé. Le quartier de Rosewood Lane est tranquille  mais tous les habitants semble craindre le jeune livreur de journaux. Sonny va se retrouver harcelée par ce dernier. Le jeune homme, véritablement diabolique, n'est peut être pas étranger à la mort de son père...

A la Rédaction, le nom de Victor Salva nous fait saliver, nous rappelant un tout petit film de monstre, un film hommage particulièrement efficace et énergique : Jeepers Creepers. Mais la foudre ne tombe que rarement deux fois au même endroit, et alors que nous comptions sur le bonhomme pour nous délivrer un traitement de cheval sur un sujet ordinaire, Rosewood Lane ne propose rien d'autre qu'un thriller de harcèlement vaguement teinté de fantastique, bien plus proche la médecine douce que de l'électrochoc.

Reprenant une construction métronomique mainte fois vue sur le sujet (le quotidien... un premier incident mineur... puis un autre, des forces de police sceptiques, puis une montée des épisodes de harcèlement  jusqu'à un dénouement conclu par une ouverture prétexte à une suite...), Rosewood Lane ne parvient à insuffler ni nouveauté, ni originalité dans sa proposition. Lent à atteindre sa vitesse de croisière, peu crédible quand aux comportements de ses personnages, la pauvre Sonny ne sera pas plus chamboulée que cela des agressions qu'elle traversera, le spectateur non plus. La passivité de l'actrice Rose McGowan aura par ailleurs bien du mal à nous convaincre d'une quelconque émotion, puisque l'excès de chirurgie aura définitivement figé ses expression sur "sosie de Michael Jackson avec une bouche bec de canard en bonus" ! Nous sommes méchants, nous assumons, mais la faute de casting est ici évidente et largement pénalisante.

Le seul atout de Rosewood Lane, c'est son jeune méchant à vélo, un simple mineur contre lequel la police est relativement impuissante, sur lequel Victor Salva réussit efficacement à nous faire douter de sa nature humaine. Sa nature incertaine, le pouvoir croissant que le spectateur lui prête trouve ses racines directement dans ce qui caractérisait le Jeepers Creepers... (le face à face final de Rosewood, n'est d'ailleurs pas sans rappeler certaines confrontations motorisées du Jeepers...) Homme ou démon, Salva insuffle fort adroitement un doute, qui s'il entretient la curiosité du spectateur, n'est hélas pas exploité autrement qu'une simple fausse piste, ludique mais tellement artificielle.

Alors que Victor Salva a en main tout ce qu'il faut pour taper dans la fourmilière et jouer avec les codes du film de harcèlement, il semble hésiter à le faire et opte finalement pour une sécurité convenue. Rosewood Lane se contente de glisser une goutte de fantastique sur son personnage, comme pour arguer de l'originalité de son traitement, comme pour se défendre de faire du "déjà fait"... Le fantastique de Rosewood Lane n'est qu'une poudre aux yeux à peine efficace sur le spectateur, utilisée au détriment de ce qui aurait pu sauver le film : travailler son rythme, sa tension et sa surprise !

Rosewood Lane se découvre (se consomme ?) mollement et lorsqu'il nous fait enfin saliver retombe aussitôt. Ses recettes ne fonctionneront que sur les moins aguerris aux thrillers, et par ce qu'elles n'ont pas réussi à mettre en branle redonneront aux autre l'envie de se revoir le Hitcher de Robert Harmon (par exemple) qui, lui, atteignant brillamment ses objectifs. Pour être un peu positif : Rosewood Lane, c'est quand même visible sans être désagréable ! Mais ce qui est désagréable en revanche, c'est de se dire que quitte à voir du déjà vu, on aurait bien mieux investi notre temps à revoir un film que l'on a déjà vu... Une animateur radio harcelée ? Un Frisson dans la Nuit, ou Talk Radio peut être ! Un gamin qui fait peur ? Funny Games peut être !

Procurez-vous Rosewood Lane ou d'autres films de Victor Salva ou avec Rose McGowan ou Ray Wise

Charade (Stanley Donen, 1963)


tags | , , , , , , , , , , , , ,

0 comments

Le mari de Reggie Lambert est retrouvé mort, jeté d'un train. Reggie découvre alors le passé trouble de son ancien mari, et se retrouve menacée par plusieurs hommes en quête d'une somme d'argent qu'il est supposé lui avoir remis... Hamilton Bartholomew, de la CIA, et le séduisant Peter Joshua (Cary Grant) semblent vouloir l'aider, mais Reggie découvre que ce dernier mens sur sa véritable identité... Bien des surprises attendent Reggie !

Comédie policière très Hitchcockienne dans son esprit, Charade promène le spectateur de surprises en surprises dans une histoire de magot qui attire toutes les convoitises. Entièrement tourné à Paris, le film de Stanley Donen (Chantons sous la Pluie ou encore le magnifique Voyage à Deux, avec Hepburn aussi) impose son rythme et son suspense, avec une décontraction et un charme qui ne vieillit pas : Charade dégage toujours cette "vitalité" qu'il possédait lors de sa sortie.

Comédie romantique attachante, Charade repose avant tout sur son duo d'acteurs. Audrey Hepburn, cernée d'hommes prêts à tout pour mettre la main sur les 250 000 $ dont elle ignore la cachette, incarne a merveille cette candide veuve américaine, et avec Cary Grant forment l'un de ces couple iconiques du cinéma américain. Stanley Donen cèlera d'ailleurs le romantisme et le glamour du couple, en plaçant leur idylle naissante dans un Paris un peu gris, mais toujours aussi chargé de son magnétisme romantique... (une citation à Un Américain à Paris se cache d'ailleurs dans le film...).

Plein de légèreté et de fantaisie, Charade est un cocktail entre La Mort Aux Trousses et l'univers de Blake Edwards. Si n'arrive cependant pas à la beauté visuelle et technique du premier, sa mécanique précise, pour sans cesse surprendre le spectateur, ronronne parfaitement, et la vivacité et le cinglant comique des répliques du couple font immanquablement mouche ! Coté action, Stanley Donen ne laissera de répit au spectateur que pour observer le couple se rapprocher. L'humour qui parcoure ces scènes agit alors comme une bouffée d'air (on adore la douche de Cary Grant...) avant de reprendre de plus belle la poursuite du développement de l'intrique.

Charade est un bonbon, à la fois doux et acidulé ! Son rythme soutenu et son superbe couple agissent sur le spectateur comme une boisson euphorisante. On sourit, on s'amuse à avoir peur avec ses affreux méchants, on tremble pour Audrey, on brûle d'avoir le fin mot sur son magot... Charade est de ces films américain raffiné, racé et efficace, qui s'appuie sur un sens du spectacle et du Cinéma sans faille. Une douceur à consommer sans aucune modération, qui dépasse en tout point (artistiquement comme techniquement) ses modestes ambitions d'"entertainment". Hollywood, dans ses plus beaux habits, nous offre un superbe numéro de charme.

Procurez-vous Charade ou d'autres films de Stanley Donen ou avec Cary Grant, Audrey Hepburn, James Coburn, George Kennedy ou Walter Matthau

La Mort Aux Trousses (North By Northwest, Alfred Hitchcock, 1959)


tags | , , , , , , , ,

0 comments

George Thornhill est kidnappé par deux hommes, persuadés qu'il est George Kaplan, un espion. Confronté bien malgré lui à une dangereuse organisation. Thornhill cherche alors à retrouver le vrai George Kaplan pour rétablir la vérité, traqué en permanence par l'organisation et la police.

Doorama poursuit sa redécouverte des grands films du Maître Hitchcock avec cette Mort aux Trousses, toujours aussi jeune, drôle et trépidante.

Comme souvent tout l'art du Maître consiste à nous surprendre, à nous choisir avec soin les clés qu'il nous donne, et celles qu'ils nous cache. Le résultat est un film entre aventure, espionnage, comédie et suspense absolument brillant, et comme toujours réglé comme une implacable mécanique de précision. Comme Cary Grant, le spectateur est projeté dans des péripéties trop larges pour lui, comme Cary Grant, il avance en terrain inconnu et, contrairement à Cary Grant, le spectateur vit un petit paradis scénaristique !

Les morceaux de bravoure ne manquent pas (la poursuite par l'avion, la scène finale sur le mont Rushmore...), mais une fois de plus, c'est dans l'inventivité et les détails que le film éblouit ! Ce couple dans un train, sans doute proche de faire l'amour... Pour contourner la censure, ne pouvant montrer les corps au lit, Hitchcock filme alors un langoureux baiser des deux "amants", debout contre la paroi de la cabine... Penchez l'image, remplacez la paroi par un lit, et leurs gestes se transforment alors en étreinte sexuelle, lui dessus, elle dessous, et inversement ! Les yeux ne voient pas grand chose, l'inconscient du spectateur, lui, saura parfaitement de quoi il s'agit. Génialement conçu et orchestré, Hitchcock, une fois de plus, laisse le spectateur tourner les scènes qui ne sont pas à l'écran...

Somptueux visuellement, drôlissime (James Mason et sa remarque sur la non 'sportivité' des vraies balles...!), malin et captivant de bout en bout, La Mort Au Trousse s'enrichit à chacune de ses visions. En plus d'être un véritable blockbuster offrant un divertissement de grande qualité, le spectacle de double d'un indicible jubilation intellectuelle. Cinéma proche de la perfection La Mort aux Trousse fonctionne toujours aussi efficacement, et son influence est encore palpable sur les cinéma actuel. Une référence, un modèle du genre !


Procurez-vous La Mort Aux Trousses ou d'autres films de Alfred Hitchcock ou avec Cary Grant Eva Marie Saint, James Mason ou Martin Landau

Psychose (Psycho, Alfred Hitchcock, 1960)


tags | , , , , , , ,

0 comments

Marion Crane est chargée de mettre 40 000$ en liquide à la banque, mais au lieu de cela, elle prends la fuite avec l'argent. Sur la route, elle décide de s'arrêter dans un motel ou elle fait la connaissance de Norman Bates, le tenancier qui vit seul avec sa mère...

Formidablement novateur et effrayant lors de sa sortie en salle en 1960, Psychose est une date importante dans le thriller et la manière qu'à un réalisateur d'installer la peur auprès du public. Davantage que pour son histoire, c'est pour la manière dont il est fait que Psychose est un éternel du cinéma.

Alfred Hitchcock ne cesse de jouer avec le spectateur, de le surprendre et de le mener sur de fausses pistes. En tentant de  neutraliser la capacité d'anticipation des spectateurs, et en ne cessant d'anticiper lui même sur celle-ci, Hitchcock a inventé un langage cinématographique à la fois complexe et limpide ("toujours copié, jamais égalé !"...). Psychose commence comme l'histoire d'une femme en fuite, puis effectue subitement un virage à 180°, faisant ainsi basculer le spectateur vers l'horreur, l'immergeant dans le monde de Norman Bates et de sa mère... Le spectateur passe alors du film policier, presque noir, au thriller à suspense : génial twist ! Et puis il y a la musique de Bernard Hermann, génialement stressante... Et la fameuse séquence de la douche, simplement géniale... le second meurtre du film est aussi un trésor technique... Et puis... et puis... Vous avez compris : ne serait-ce que pour cette leçon de cinéma, Psychose rayonne, toujours... !

Modèle de construction et de précision (pour Hitchcock, aucun détail n'est montré par hasard ou simplement là pour "remplir"...), Psychose se regarde non seulement comme une histoire captivante et effrayante, mais aussi comme un laboratoire de techniques cinématographiques, souvent plus rusées et efficaces les une que les autres. Depuis sa sortie, nombre de films ont bien sûr dépassé la tension de Psychose (souvent en s'en inspirant ou en l'imitant d'ailleurs), mais malgré son demi siècle, Psychose demeure pourtant comme neuf, il continue d'être une référence (LA référence ?) du genre qu'il a inventé : le sérial killer !

La rédaction de Doorama n'ira pas plus loin dans les lieux communs sur Psychose... Nous nous contenterons donc de nous étonner de son incroyable jeunesse et de son intelligence de chaque instant. Nous nous contenterons donc de partager notre admiration pour ce film (et pour Hitchcock !) avec ceux qui, comme nous, ne s'en lassent pas, et surtout, pour la plus jeune génération, de sur-recommander sa découverte (nous l'exigerions si nous le pouvions !). Nous nous sentons bien "inutiles" à chroniquer un tel film, mais la rédaction se consolera en pensant que notre enthousiasme aura au moins déclenché chez nos lecteurs l'envie de le revoir (heureux seront alors les possesseurs de Blu-ray !), ou de le découvrir enfin.

Chef d'oeuvre, inusable et éternel, film fondateur, date dans l'histoire du cinéma... Psychose est tout cela !  Psychose fait bien évidement partie de ces films qu'il faut avoir vu, ne serait-ce que pour comprendre les films qui lui succèdent. C'est une oeuvre vivante et imaginative, un film dont la mécanique, précise, ronronne encore au premier jour. Alfred, tu nous manques !

Procurez-vous Psychose ou d'autres films de Alfred Hitchcock ou avec Anthony Perkins ou Janet Leigh

The Secret (The Tall Man, Pascal Laugier, 2012)


tags | , , , , , , , , ,

0 comments

La petite ville de Cold Rock, au coeur des montagnes et des sapins, est oubliée des fruits de l'économie. Mais pire encore, les enfants y disparaissent mystérieusement, sans raisons, et sans qu'aucun ne soient retrouvé. Les habitants disent que c'est "The Tall Man" qui vient les emporter...

Pascal Laugier, réalisateur de Saint-Ange et de l'inégal mais éprouvant Martyrs, est encore l'un de ces "petits français", addict au film de genre, qui tente sa chance en s'exportant aux Etats-Unis. Pour ses débuts il s'attaque à une vrai-fausse histoire de croque mitaine et la traite d'une bien étonnante manière...

A grand renfort de fausses pistes, de twists et de changements de points de vue pour le spectateur, Pascal Laugier réalise un curieux film fantastique, qui faute d'être totalement convaincant, laisse cependant un certain mal-être après sa vision, en révélant un "secret" qui met mal à l'aise, dérange, et en soulevant des interrogations "qui grattent" vraiment. Pour faire simple, The Secret commence comme un film de Bogeyman qui kidnappe des enfants, puis effectue un virage vers le fait-divers qui effraye, celui que l'on lit dans la presse.

En brouillant régulièrement les pistes, habillement, sans jamais perdre le spectateur en route, ni user de grosses ficelles faciles, Laugier parvient à maintenir l'attention et la tension intacte, tout au long de son film. Alors bien sûr on pourra tiquer sur l'une ou l'autre de ses directions, fantastique ou réaliste, ou bien rejeter la tentative entière de mêler les deux, mais au delà de la réussite du mélange des genres que Pascal Laugier à tenté, nous voyons en The Secret une tentative à applaudir des deux mains. Quand à Jessica Biel, qui porte à elle seule tout le film, il convient de saluer sa très belle, et crédible, performance.

Pascal Laugier à tenté de livrer une oeuvre ambitieuse, voire audacieuse, et s'il est vrai que le résultat manque un peu de jus, il faut, selon nous, reconnaître à The Secret son courage (et particulièrement lors d'une première réalisation dans le système américain !) et sa volonté de faire avancer le genre. Un peu décevant en tant que film fantastique, pas assez convaincant en tant que film d'auteur, The Secret porte cependant ces deux gènes en lui, sans jamais échouer. Si le résultat n'est pas tout à fait là, nous trouvons que le rapprochement du film fantastique avec le film social, à la Winter's Bone, est des plus passionnants. Et puis, après tout, même sans creuser, The Secret tiens quand même tout à fait la route... Au moins, ça ressemble à du bon cinéma, que l'on aime ou pas le ciné de genre selon Laugier !

Procurez-vous The Secret ou d'autres films de Pascal Laugier ou avec Jessica Biel

Inside Man, l'Homme de l'Intérieur (Spike Lee, 2006)


tags | , , , , , , , ,

0 comments

Une grande banque est attaquée par quatre malfrats, et le braquage se transforme prise d'otage lorsque les malfaiteurs, hyper organisés, se barricadent dans la bâtiment avec une cinquantaine d'otage. Le négociateur, Keith Frazier, va vite s'apercevoir qu'il n'a pas à faire à un braquage ordinaire...

Trois ans après son superbe La 25ème Heure, Spike Lee continue de varier sa palette avec un film de braquage malin et inventif. A première vue Inside Man ne ressemble pas au Spike Lee engagé des 90's, mais plutôt à une grosse machine grand public... A première vue seulement.

Rythmé et surprenant de bout en bout, Inside Man propose sa mécanique du braquage parfait, avec tous ses trucs habituels : organisation millimétrée, détermination militaire, matos de pro, gros calibres et suspense. Mais dans les mains de Spike Lee ces ingrédients sont astucieusement utilisés (détournés ?), et Inside Man passe du "gros film de braquage" à un intriguant jeu du chat et de la souris, pour les personnages du film, comme avec le spectateur. Inside Man déplace tous les enjeux habituels du genre et entraîne le spectateur dans un jeu de pistes passionnant et atypique. La question que l'on se pose n'est même plus "pourquoi ?", mais "Mais quoi alors ?".

Spike Lee à beau être aux commandes d'une "grosse machine", Inside Man semble ne jamais céder aux exigences des envies du public. Le film de Spike Lee fuit perpétuellement les attentes du spectateur, sans jamais le perdre artificiellement, sans jamais le décevoir, en renouvelant sans cesse ses enjeux et brouillant régulièrement ses cartes. Dans une réalisation de haut vol, son réalisateur créée un film riche de surprises, de thématiques, de suspense et d'intérêt. Quand au Spike Lee de la grande époque, n'ayez crainte, le bonhomme n'a toujours pas sa langue dans sa poche (mais ici dans un turban) !

Si Spike Lee s'adonnait plus souvent à de tels projets "grand public", ca nous éviterait des Dos Au Mur (le film avec un vrai-faux braquage qui se veut original) ou des Thor (la grosse machine réalisé par un Brannagh pas aussi inspiré que Lee) ! Son film ressemble à un blockbuster, et pourtant c'est une pièce d'orfèvrerie, unique et artisanale.... Malin et intelligent, porté par un trio d'acteurs impeccables, Inside Man est un divertissement aussi jouissif à suivre que son scénario et sa réalisation sont ciselés. Equilibre parfait entre le petit film de genre et le grand cinéma, terriblement efficace et diablement élégant, Inside Man impose avec insolence sa maîtrise et son originalité. Sous ses allures modestes, Inside Man cache un grand film : du vrai Cinéma.

Procurez-vous Inside Man ou d'autres films de Spike Lee ou avec Clive Owen, Jodie Foster ou Denzel Washington

Les Dents De La Mer (Jaws, Steven Spielberg, 1975)


tags | , , , , , , ,

0 comments

Dans la petite station balnéaire d'Amity, un grand requin blanc commet plusieurs attaques mortelles, semant la panique auprès des estivants et des autorités de la ville qui voient leur saison s'effondrer. Le Shérif de la ville s'attache les services d'un spécialiste des requins et d'un pêcheur expérimenté, Quint, pour repérer et tuer l'animal.

Peu fans de Steven Spielberg, la rédaction de Doorama ne peut que s'incliner respectueusement devant un cinéma comme celui des Dents De La Mer. Avec ce film, on peu effectivement parler du génie de son réalisateur au regard de l'intelligence et de la maîtrise de sa réalisation.

Avec une animal qui existe vraiment, un simple prédateur présent dans nos mers, Spielberg parvient à créer un suspense éprouvant et installe à l'image une peur crédible et réelle pour chaque spectateur. Au beau milieu d'un petit paradis de vacanciers, il invite un prédateur ultime, une parfaite machine à tuer, qui terrorisera finalement bien plus qu'un tueur masqué ou un déséquilibré avec un couteau. Le coup de génie de Spielberg, c'est que le "monstre" de son film existe vraiment pour le spectateur, et il exploite cette idée de la plus belle des manières possible, transformant un simple requin en monstre implacable, calculateur et meurtrier (ce que les requins vivant aujourd'hui reprochent encore à Spielberg, en attendant qu'il vienne nager à quelques mètres de leur nageoires, juste histoire de le lui faire comprendre...).

Loin d'une certaine naïveté qui caractérisera le Spielberg des années 80, Les Dents De La Mer est un petit chef d'oeuvre d'efficacité, sans temps morts ni concessions, dans lequel Spielberg n'hésite pas à malmener le spectateur, ne reculant pas à montrer la mort, allant même jusqu'à l'illustrer abondamment de sang et sacrifier un enfant ! Avec un sens de l'image et de la mise en scène absolument bluffant, Spielberg signe un film de terreur parfait, abordant avec autant de soin sa trame dramatique et ses personnages que ses scènes d'action. Son écriture équilibrée et son timing idéal, sont perçues aujourd'hui comme le coup de départ du "Blockbuster", nous on y voit aussi une étape importante pour une gestion minimaliste et optimisée de la peur à l'image (même si Spielberg devait inventer pour "faire avec" un requin mécanique souvent en panne...) qui enfantera plus tard de Alien.

En plus de pouvoir se voir et revoir sans usure pour sa simple histoire ou son rythme, Les Dents De La Mer est une énorme leçon de cinéma ou chaque plan, chaque cadrage, se charge de sens et place le spectateur en condition pour ce qui va suivre. En 1975, nous avons découvert une manière de faire du cinéma, et près de 40 ans plus tard on s'étonne toujours de son intelligence et de son efficacité (et pour les amateurs, l'édition blu-ray propose le film dans des conditions absolument jamais vues : un régal). Si nous n'étions pas aussi anti-Spielberg, nous aurions mis sans hésiter un 10 au poisson !

Procurez-vous Les Dents De La Mer ou d'autres films de Steven Spielberg ou avec Roy ScheiderRichard Dreyfussavec Robert Shaw

La Disparition d'Alice Creed (J. Blakeson, 2009)


tags | , , , , , ,

0 comments

Deux individus préparent avec minutie un appartement, pour accueillir la personne qu'ils s'apprêtent à kidnapper. C'est Alice Creed qui se retrouve prisonnière des deux hommes, aussi décidés que préparés. Mais quelle est leur véritable but ? Quel lien existe t'il entre la prisonnière et l'un de ses gardiens ? 

La Disparition d'Alice Creed démarre formidablement, proposant au spectateur les préparatifs d'un kidnapping dans un silence aussi redoutable que ce qui semble attendre sa cible. Une fois séquestrée et attachée dans sa pièce, J. Blakeson distille enfin les éléments d'information et dévoile progressivement l'histoire et les profils des 3 personnages.

Abordé comme un hui-clos psychologique, La Disparition d'Alice Creed est un exercice plutôt bien mené qui s'amuse avec le spectateur, en éclairant progressivement un scénario qui ne révélera sa vérité que dans sa toute dernière partie. Multipliant les fausses pistes et les rebondissements, son réalisateur ne cesse de nous faire cogiter sur le "pourquoi" et les issues possibles à la situation de départ.

Parfois très tendu et fort bien maîtrisé (particulièrement dans sa première moitié), La Disparition d'Alice Creed s'essouffle cependant sur sa courte longueur. Son final soigneusement dissimulé, tout le film durant, n'étonnera finalement pas (décevra ?), car le spectateur l'aura préalablement pressentie : après tout, une histoire à 3 personnages ne laisse pas tant de fins possibles que cela :-)

C'est sans doute là la faiblesse du film de J. Blakeson : bien que réussi dans son ensemble, son aspect hui-clos laisse vite apparaître sa mécanique, et à la manière des films lost footage se heurte finalement aux limites qu'il s'est imposé. La Disparition d'Alice Creed explore trop mécaniquement les possibilités qu'offre son matériel (1 lieu, ou presque / 3 personnages) et malgré son rythme et sa forme maîtrisé laisse au final une impression de fausse bonne surprise. Alice Creed fera sans doute parfaitement le bonheur du spectateur occasionnel, mais risque de laisser aux cinéphiles plus gourmands une impression plus mitigée. S'il est un exercice de style parfaitement exécuté, il se heurte cependant aux limites naturelles de l'exploration d'un" territoire de poche".

La Disparition d'Alice Creed est à première vue "bien" (très bien même), mais à mieux y regarder on se dit quand même que l'audace et la nouveauté manquent cruellement à ce sympathique petit thriller. La rédaction de Doorama le recommande (car la qualité et la bonne volonté sont cependant au rendez-vous) mais avec un "mais..." (sauf pour la jolie plastique de Gemma Arterton)...


Procurez-vous La Disparition d'Alice Creed ou d'autres films avec Gemma Arterton