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A Hijacking (Kapringen - Tobias Lindholm, 2012)


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Au large de la Somalie, le cargo MV Rozen est pris en otage par des pirates.... Les négociations s'engagent avec l'armateur danois. Des pirates qui demandent 15 millions de $, un armateur qui propose 250 000 $, et au milieu la vie de 7 hommes d'équipage... Un bras de fer commence, la situation s'installe dans le temps et la négociation sera difficile.

Viva le Danemark ! Il ya eu le Dogme, des Von Triers ou des Vinterberg continuent aujourd'hui, avec d'autres, de livrer des oeuvres brillantes et fortes... Après notre coup de coeur sur Royal Affair, c'est maintenant au tour de Kapringen de malmener la rédaction, de la laisser "sur le C...". Kapringen s'attaque à décortiquer les coulisses d'une prise d'otage. Il s'attarde non pas sur les hommes au centre, mais sur les enjeux à défendre au niveau du "payeur"... Sa violence et sa dureté ne sont plus focalisées sur celle subie par les otages, mais sur ce qu'il conviendrait d'appeler les "règles capitalistes du jeu". Kapringen s'attaque au poids de la vie d'un homme dans un système capitaliste, son style réaliste lui donne une force et une brutalité diablement efficace... Kapringen fait mal : vous êtes prêt ?

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Zero Dark Thirty (Kathryn Bigelow, 2012)


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Le jour où les tours se sont effondrées, les Etats-Unis sont entrés en guerre et ont entamé une traque sans précédent pour arrêter son responsable Ousama Ben Laden. Durant près de 10 ans la CIA s'est confrontée à un réseau impénétrable, durant ces longues années d'enquête minutieuse, Maya, s'est acharnée sur la moindre piste, n'en a lâché aucune, jusqu'à débusquer sa proie...

Zero Dark Thirty, en langage militaire, c'est cette demi-heure juste après minuit durant laquelle s'est déroulée l'élimination de l'ennemi public n°1 des Etats-Unis... Kathryn Bigelow, c'est sa réalisatrice... L'ex femme de James Cameron, dont la carrière pleine de testostérone s'illustre, entre autres, par un superbe et atypique film de vampires (Aux Frontières de l'Aube) par un thriller boosté au Red Bull (Point Break), par une brillante approche du quotidien des boys en Irak (l'oscarisé Démineurs) ou bien encore par ce thriller futuriste brillant et sombre à la fois, bien trop vite enterré, qu'était Strange Days. Travail de fourmi, torture et volonté d'objectivité , Zero Dark Thirty concentre 10 ans de chasse à l'homme en 2h36 de film et porte un regard interrogateur sur une période aussi sombre que ces 30 minutes qui sont venues la conclure.

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La Désintégration (Philippe Faucon, 2012)


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Le parcours de trois jeunes adultes, d'origine arabe, dans une cité du nord de la France, qui se sentent exclus de la société dans laquelle ils vivent. Leur rencontre avec le charismatique Djamel, un rabatteur islamiste, va déplacer et fausser leurs repères.

Si l'on songe que La Désintégration est sorti 1 mois avant l'épisode Mohammed Merah (et donc conçu et pensé bien en amont), il faudra alors lui reconnaître bien des qualités. Sujet particulièrement délicat que celui de l'identité et de la sensation d'appartenance à un groupe (qu'il soit social, religieux, ethnique ou autre), Philippe Faucon aura au moins eu le mérite de l'aborder avec une réelle ambition d'impartialité sur son contenu critique.

En adoptant une mise en image sobre, exempte d'effets de styles et d'artifices dramatiques, Philippe Faucon concentre toute son énergie sur sa proposition de lecture d'une des problématiques de notre société : la montée de l'islamisme. Il tente de dépassionner au maximum ses arguments et se concentre sur un certain point d'équilibre, d'impartialité, en soumettant au spectateur une imposante collection de "pour" et de "contre", sans chercher pour autant à imposer de bouc émissaire.

La Désintégration ressemble davantage à une invitation au débat qu'à une proposition de lecture finalisée. Comme une évidence ou une urgence à "appeler un chat un chat", il expose une vision des responsabilités, et celle-ci fait mal ! Racisme et rejet(s) des deux cotés... Déséquilibre des chances... Cercle vicieux entre causes d'exclusions et effets de celles-ci... La Désintégration ne cherche pas à imposer une vision, sa vision, il utilise simplement le cinéma pour analyser une problématique sociale. Il utilise sa capacité à concentrer en son cadre des éléments choisis, et à l'aide de comédiens solides et justes (le petit frère Debbouze et le rabatteur sont absolument superbes !) semble se proposer comme un outil d'aide à la décision ou une ouverture au dialogue.

En fonction de camp où l'on estime se trouver ("gaulois" ou "sale arabe", mais on pourra aussi choir une troisième voie plus salvatrice...), on pourra bien sûr lire La Désintégration dans un  sens ou dans l'autre, comme une arme à double tranchant, arme dans les deux cas, désignant des coupables absolus au mépris de la complexité des fautes... Ce n'est pourtant pas l'ambition de La Désintégration ! Compter les points n'est pas sa finalité, La Désintégration propose au contraire d'arrêter la distribution des rôles et appelle à prendre du recul.

Approche enrichissante d'un sujet complexe, Philippe Faucon utilise le cinéma comme une arme pédagogique, il utilise son pouvoir narratif pour lancer un appel au calme, un appel à la responsabilité et au "vivre ensemble". Faute de trouver LA solution à l'islamisme en France, La Désintégration donne à ses images, à son propos, l'intelligence nécessaire pour analyser et mieux appréhender le monde qui nous entoure. A la limite d'un "cinéma citoyen", la rédaction de Doorama voit dans la Désintégration une invitation à la tolérance, formidablement emballé sous la forme d'une chronique sociale captivante, aussi dérangeante qu'utile. Philippe Faucon à réussi son pari : nous "mettre le nez dans la m..." sans désigner de coupable. Ce n'est pas la panacée, mais on évite avec talent la moralisation et le politiquement correct grâce à une sobriété documentaire puissante et habile : un cinéma imparfait par nature, frustrant même, mais à l'issue duquel on se sent moins bête. Proposition validée !

Procurez-vous La Désintégration ou d'autres films de Philippe Faucon ou avec Rashid Debbouze ou Yassine Azzouz

Aux Yeux de Tous (Cédric Jimenez, 2011)


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Un attentat dans une gare parisienne met la police en échec : aucune image de vidéo-surveillance n'étant disponible. Mais un hacker met la main sur des bandes qui identifient les poseurs de bombe. Il décide de mener son enquête, à distance, à l'aide du réseau de télésurveillance de la ville pour identifier les commanditaires.

Première réalisation, audacieuse et ambitieuse, de Cédric Jimenez, Aux Yeux De Tous propose au spectateur une enquête le cul sur une chaise ! Entendez par là qu'un hacker de génie utilisera ses compétences de hacker pour utiliser tous les moyens de télésurveillance disponibles (publics comme privés : caméras, webcams, mobiles, etc...) afin de de traquer et identifier les terroristes. Le film de Cédric Jimenez alterne alors une modeste chambre et une myriades de plans de vidéo-surveillance.

Enquête atypique et passionnante (sur le papier en tout cas) au regard de la technologie qui nous entoure et, potentiellement, nous épie, Aux Yeux de Tous est à bien des égards soigné et fort bien conçu. De la caméra du métro à celle du carrefour, de notre petite webcam au réseau de surveillance du parking, Cédric Jimenez exploite non sans habilité cette omniprésence des yeux et oreilles technologiques, et la place dans les mains d'un Anonymous_26, au nom de la vérité et de la justice... Techniquement, on pourra voir dans Aux yeux de Tous une très intéressante prolongation du concept des films Lost Footage ou Found footage (Apolo 18, Apartment 143, Grave Encounters...) qui pullulent dans le genre fantastique.

Mais si bien pensés soient les "trucs" développés pour assurer la continuité du scénario, le rythme et l'intensité de son enquête, Aux Yeux De Tous peine quand même à convaincre. Rapidement, le petit génie est un peu "too much", et même si la démonstration du réalisateur est intéressante sur la big-brotherisation, elle tourne à l'hyper démonstratif avec la facilité et l'hyper maîtrise des petits doigts de notre apprenti enquêteur... : trop simple, trop facile, la crédibilité en prend un coup ! Et plus gênant encore, cette distance imposée avec les personnages, inlassablement, par écran interposé, empêche toute empathie avec ses personnages, quels qu'ils soient. C'est là peut être aussi une volonté de son réalisateur, mais il en résulte un vide émotionnel qui nuit au film et aux enjeux de ses personnages. Enfin la musique, maladroitement exploitée, ne se fait entendre que pour imprimer un rythme artificiel lorsque les images viennent à en manquer...

On salue donc ce premier film de Cédric Jimenez comme une très belle idée, doublée d'un riche potentiel, mais hélas, il souffre de sa réalisation trop "limitée", se heurtant à ce qui ressemble à un seuil de compétence (malgré son inventivité et ses indéniables qualités !) au regard de l’exigence de son scénario. Aux Yeux des Autres marque quelques points, c'est sûr, mais on reste sur sa faim devant une maîtrise insuffisante, une intensité en dents de scie et son rythme souvent artificiel. Pas mal, mais peut mieux faire !

Procurez-vous Aux Yeux de Tous ou d'autres films de Cédric Jimenez ou avec Olivier Barthelemy ou Mélanie Doutey

Cleanskin (Menace d'Etat - Hadi Hajaig, 2012)


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A Londres, le MI:5 engage une traque ciblée et officieuse afin d'arrêter coûte que coûte la vague d'attentats qui secoue la ville. Ewan, un agent particulièrement efficace et engagé, mènera l'opération qui le mettra sur la piste de Ash, un  islamiste. Mais quelles sont les motivation de chacun ? A qui profite vraiment les actions terroristes ?

Si les méchants de Cleanskin sont d'affreux méchants islamistes abreuvés de haine contre les puissances occidentales, il tentera au moins de tempérer son propos en jetant un regard explicatif sur le parcours de haine qui les y ont conduit et notre part de responsabilité dans celui-ci. Comme dans We Are 4 Lions, Cleanskin prend soin de considérer la position de l'ennemi, et c'est déjà pas mal !. On reste dans le cliché facile, mais "on plaide coupable" dirons-nous...

Cleanskin est de ces films sur la sécurité intérieure qui flirte avec un coté réac, mais cette hargne sied plutôt bien à l'intensité du film (tant que ca reste "pour de rire", et de la fiction...). Comme Unthinkable, il s'appuie sur une justification de l'usage de la violence contre la violence, mais qui sera bien sûr remise en question  par une pirouette scénaristique, histoire de ne pas porter l'étiquette film facho ! Cleanskin joue effectivement avec de bons vieux méchants islamistes, mais contrebalance le cliché avec la manière dont notre gouvernement exploite ce danger dans ces intérêts. Sous ses aspects virils et facho, Cleanskin prendra cependant soin de rester politiquement correct en optant pour un "tous pourris" qui évite de ne stigmatiser qu'un seul des deux parties en présence.

Pour le reste, Cleanskin s'avère plutôt sympathique. Même si le rythme faiblit grandement en seconde partie, il reste un film assez nerveux, précis et efficace. Les flashbacks cassent effectivement son excellent rythme d'ouverture, mais ils permettent aussi au film d'approcher une certaine dimension "psychologique" (un bon niveau collège suffira néanmoins pour en saisir toute la subtilité) et de le hisser au dela d'un simple action movie. On pensera bien sur à un sous Jason Bourne (et on aura raison !) ou a un lointain 24h Chrono, mais le personnage incarné par ce bon vieux Sean Bean et sa "p... de gueule" assurera une différence bien tranchée avec son homologue américain. Et c'est peut être cela qui sauve Cleanskin de l'anonymat : c'est un film britannique, et donc bien moins lisse que la plupart des grosses machines US (et nous nbe mettons pas les Bourne dans ce sac là...).

Cleanskin est un bon petit thriller qui se regarde avec plaisir, certes pas très original, mais parfaitement honorable. Son origine et sa personnalité anglaise y font pour beaucoup, on aime son léger coté rugueux, on aime la paire d'agents qui m-ènent la traque, et on est plutôt fan de sa fin, certes un peu expédiée, mais dont le "message" (là encore un niveau collège suffira...) sombre et ambigüe rend l'expérience Cleanskin tout à fait satisfaisante. Sympa quoi !


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The Dark Knight Rises (Christopher Nolan, 2012)


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Bruce Wayne vit retiré dans son manoir, y maintenant aussi enfermé le Batman tombé en disgrâce après la mort de procureur Harvey Dent... Mais Gotham s'apprête à subir les attaques de Bane, un cerveau du crime aussi puissant que décidé à déstabiliser notre système. Wayne saura t'il de nouveau animer habiter Batman avec l'énergie suffisante pour endiguer la menace ?

Pour l'essentiel, The Dark Knight Rises est une énorme conclusion à la trilogie, minutieuse et attentive, puissante et fascinante, un immense film de super-héros comme on en voit peu, mais qui, à notre sens n'égale cependant pas le Dark Knight Le Chevalier Noir.

Au chapitre des plus Nolan prend son temps (2h44) pour nous livrer un scénario hyper travaillé (trop ?), il tente de gommer de ses personnages tout à-coups de développement afin qu'ils soient parfaitement prêt quand l'action arrive. Bane, le méchant, n'égale pas le titanesque Joker, mais sa détermination au chaos égale l'imprévisibilité de son prédécesseur, il constitue un super-méchant bien ancré dans la réalité, un terroriste ultime à l'arsenal de destruction moderne et effrayant (armes financières, stratégie de conquête économique et embrigadement aveugle de ses soldats !). On adore Bane ! Quand au Batman son pire adversaire est en lui : le doute. 


Nolan installe doucement un impressionnant climat de fin du monde imminente, lui opposant des solutions qui tardent, voire inopérantes, il parvient ainsi à créer une tension crescendo quasi palpable, dont la violence à venir est encore plus à redouter que celle qu'il montre en action. Ainsi, les séquences d'invasion de Bane (comme la bourse) sont illustrée par une seule note de musique, tendue, suspendue, prête à céder, dont on redoute la fin qui, à n'en pas douter, libérera les enfers ! Régulièrement, Nolan  à de ses idées "simples" qui frisent la perfection ! Son dernier opus semble se battre en permanence pour tirer son film de super-héros vers sa dimension la plus réelle, la plus plausible, il gomme ainsi un maximum du folklore des super-héros pour lui préférer un traitement plus "banalisé", et par la même tire son film presque en dehors de la fiction et de son univers imaginaire pour l'installer dans notre réalité de tout les jours (exit la Gotham noire et futuriste ! Hello 9/11 puisque Gotham ressemble à Manhattan...).


Riche, hyper travaillé et doté d'une mise en scène qui refuse la facilité du numérique pour lui préférer un réalisme salutaire hyper efficace, The Dark Knight Rises est un sacré morceau ! Un jouet qu'on aurait piqué à un enfant pour le transformer en arme : le film de Nolan fuit au maximum son jeune public et tente de le mener vers un univers exclusivement adulte (mais bon, le blockbuster à ses règles et Nolan s'y pliera). Adulte et chiadé donc, ce sont bien là les armes ultimes de ce troisième volet. Mais... car il y a un mais pour la rédaction de doorama !


Mais ce troisième volet nous a quand même laissé sur notre faim. Il y a certes ces moments de bravoure et de réalisation qui "en jettent", ce climat de panique qui fonctionne comme uns sirène qui annonce la rupture imminente du barrage (cette note de musique...), les enjeux psychologique de ses personnages... mais ce troisième épisode a un problème de rythme. Trop long ? Peut être un peu (Mais il faut aussi louer Nolan de prendre le temps nécessaire, d'autant plus que son cinéma est fort beau). Nous pensons que ce Batman aurait pu (aurait dû !) être plus "percutant". A bien y regarder, les scènes d'action ne forment pas le meilleur de sa réalisation. Voilà, juste ces deux bémol que nous vous lâchons comme ça... Un peu long et pas assez percutant pour un Batman ! Hisser le chevalier noir vers la réalité adulte et fuir la puérilité, est brillamment exécuté mais on en oublierait presque certains  fondamentaux : l'action et le suspense. Batman à grandi, vieilli, et perdu son âme d'enfant... Et comme se terminait Un Eté 42 : "pour chaque chose que l'on perd, on en acquiert une autre", ce Batman l'illustre parfaitement. Une grande réussite que nous adorons, mais un rouage s'est perdu en cour de route, un tout petit rouage...  

Procurez-vous des films sur Batman ou d'autres films de Christopher Nolan ou avec Christian Bale