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7h58, Ce Samedi Là (Sidney Lumet, 2007)


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Un samedi matin, le braquage d'une bijouterie tourne mal, le voleur comme la vieille femme qui tenait celle-ci échangent des coups de feu. Hank fuit les lieux du crime en pestant sur Andy pour avoir eu l'idée de ce braquage, ils sont frères... Mais comment en sont ils arrivés à l'idée de braquer la bijouterie de leurs propres parents ? Que va-t-il arriver maintenant, après ce drame familial irréparable ?

Sidney Lumet est l'homme d'Un Après Midi De Chien, Serpico ou bien des énormes 12 Hommes en Colère et Network. Autant dire que cet artisan sait mieux que quiconque ce que signifie les mots scénario, personnages et drame. Avec 7h58, Ce Samedi Là, c'est à un jeu extrêmement ludique que Lumet nous invite, et en partant d'un simple braquage raté il construit devant nos yeux une tragédie grecque, un drame noir et implacable, absolument captivant dans son fond comme dans sa forme.

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Le Doulos (Jean-Pierre Melleville, 1961)


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Maurice, récemment sorti de prison, tue un receleur et emporte des bijoux qu'il cache. Il s'apprête ensuite a faire un casse, c'est son ami Silien qui lui fournit le "matos", mais Silien travaille comme indic (un "doulos") pour la police.

Le cinéma de Melleville se nourrit du Film Noir américain : loi du milieu avec ses codes, parcours sans issue et destin tragique (la fin du Doulos est d'ailleurs un hommage en écho à celle de Quand La Ville Dort). Dans les mains de Melleville le rythme ralentit, l'action s'intériorise, mais la tragédie demeure : ses protagonistes, malgré leurs aspirations ou leur droiture, n'ont qu'une seule direction...

Avec Melleville, le monde se réduit à ces hommes en uniforme (trench coat et chapeau), le reste de la société se retire, telle la marée, pour ne laisser visible que ses soldats du milieu ou ceux de la police. Le Doulos observe alors ces personnages, avec précision, et avant que leur destin les rattrape met en évidence leur humanité.

"Film d'Hommes" (comme certains des polars d'Alain Corneau), le Doulos montre des personnages en survie permanente, et éphémère, broyés par le fonctionnement du milieu dans lequel ils évoluent. Le cinéma de Melleville met en scène des parcours mortels avec une méticulosité et un rythme qui fascine. L'intensité qu'il installe n'est pas dans les actions des personnages, mais dans ce qu'elles impliquent : comme dans tout bon film noir, les hommes sont résignés à payer le prix de leurs actes, ils se livrent corps et âme aux règles du Milieu, c'est leur chemin de croix intérieur qui nous est livré.

Implacable et imparable, faussement froid et austère, le Doulos est un fabuleux film noir à la française. Belmondo est impérial en traître et salaud (quoi que...), Reggiani bluffant en homme trahi (plusieurs fois ?). On adore se laisser bercer et hypnotiser par la mécanique de Melleville, dont les codes immuables et intemporels transforment cette histoire de gangsters en tragédie à la fois sobre, discrète et forte. 50 ans après, la perfection de son mécanisme et de sa mise en scène donnent encore à ce Doulos des parfums de perfection : Une référence ! (même si Melleville n'en était qu'a son "début" dans ce genre, puisque Le Samouraï, Le Cercle Rouge (etc...) qui suivront parachèveront l'oeuvre immense de Melleville, austère, fascinante et puissante).

Coriolanus - Ennemis Jurés (Ralph Fiennes, 2011)


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De nos jours, le général Coriolanus, est le héros de Rome pour sa victoire contre les rebelles qui la menaçaient. Nommé consul, il est finalement trahi et exilé. Ivre de vengeance, il rallie son ennemi pour renverser le pouvoir en place et conquérir Rome.

Coriolanus est la transposition d'une oeuvre de Shakespeare dans notre monde actuel, les romains antiques cédant leur place à des militaires et le contexte politique et économique collant à l'actualité en insistant sur la fracture entre le peuple et les dirigeants. Ralph Fiennes y fait ses premières armes en tant que réalisateur et partage l'affiche (il y est excellent !) avec Gérard Butler (300) pour déclamer le texte de Shakespeare entièrement conservé.

Coriolanus, entre la tragédie classique Shakespearienne et la modernité de son contexte contemporain, trouvent une résonance étonnante en brouillant les repères temporels. Ralph Fiennes réussit non seulement à démontrer la modernité de l'oeuvre originale, mais en lui redonnant de nouveau un visage actuel, fabrique un univers hybride tout à fait stimulant.

Par son exposition d'un pouvoir politique en uniforme, son fond de révolte et des décors dépouillés, on est à deux doigts d'un univers d'anticipation proche du 1984 totalitaire d'Orwell (trouvant ses bases dans les crises économiques actuelles et, situé en Italie, pouvant même rappeler les souvenirs de l'italie fasciste). Curieusement, on pourrait presque décrire Coriolanus comme un "péplum d'anticipation" ! (tout comme Valhalla Rising pouvait être vu comme un film de vikings, mais aussi comme un film de science fiction... dixit Winding Refn !)

Outre cette interprétation très personnelle, Coriolanus reste avant tout l'histoire d'un homme partagé entre son honneur, son éthique et sa nature brutale, et demeure une intelligente et habile relecture contemporaine de Shakespeare. Modernité et classicisme s'opposent et se répondent (se mélangent même) tout au long de la très belle réalisation de Ralph Fiennes. En plaquant les problématiques de notre crise actuelle en toile de fond de son Coriolanus, Fiennes accouche d'un films qui faute d'être trépidant, n'en demeure pas moins très stimulant. Là ou certains spectateurs peu enclins à Shakespeare ne se heurteront qu'à une tragédie hermétique et statique, à doorama, on a trouvé l'expérience "troublante".