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Les Promesses de l'Ombre (Eastern Promises, David Cronenberg, 2007)


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A Londres, le journal intime d'une mère de 14 ans morte en couche, tombe entre les mains de la sage-femme. Afin de le traduire, celle-ci entre en contact avec Semyounn un homme dont elle ignore l'appartenance à la mafia russe et son implication dans la mort de ce cette jeune mère, violée. Elle fait la connaissance de Nikolai, l'homme de main et chauffeur de Semyoun, alors que la menace russe se resserre sur elle.

Puissant triller, original, sombre et violent, de Cronenberg pour cette deuxième collaboration avec un Viggo Mortensen (après History Of Violence) absolument éblouissant d’ambiguïté et de charisme. Les Promesses de l'Ombre tire en partie son énergie de sa minutieuse et inquiétante peinture du milieu trouble de la mafia russe à Londres, pour l'autre partie : la richesse des thèmes chers à Cronenberg fait le reste !

Précis, efficace et parfaitement construit (à l'exception de sa fin peut être un peu rapide, mais rattrapée par un vertigineux plan final !), Les Promesses de l'Ombre bénéficie de la fascination de Cronenberg pour la violence des corps et les souffrances et déformations qu'ils renferment (les tatouages russes et leur histoire en sont une belle illustration).

Une scène résume à elle seule la puissance et l'intelligence des Promesses de l'Ombre : un combat dans un bain public, entre Mortensen, nu, seulement vêtu de ses tatouages, au prise avec deux agresseurs, habillés et armés de couteaux d’équarrissage... La fragilité du corps confrontée à la violence extérieure, la puissance du même corps, les entailles dans la chair (la chair, l'intérieur, fascine Cronenberg... cf Faux Semblants)... Cronenberg, par ce que font naître ses choix de mise en scène, fait pénétrer chez le spectateur une multitude d'information dont aucune ne laisse impassible. Une scène absolument incroyable !

Les Promesses de l'Ombre est une grande réussite de Cronenberg, aussi riche qu'abordable, c'est un film dense et sobre, sombre et puissant, qui (vous l'attendiez...) "tient toutes ses promesses" !


A Dangerous Method (David Cronenberg, 2011)


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Les débuts de la psychanalyse moderne au travers de la relation entre Jung et sa patiente, et celle qu'il entretient avec son maître à penser : Freud.

Toujours fasciné par les difformités qui nous caractérisent (qu'elles soient physiques ou psychologiques) David Cronenberg plonge de nouveau sa caméra, tel un instrument médical, à l'intérieur de ses personnages.

Délaissant ici le fantastique ou la violence, Cronenberg renoue avec un traitement à la Spider, où il explore frontalement les interrogations, contradictions des fondateurs de la psychanalyse.

Puisqu'il est question de transfert, on reconnaitra à A Dangerous Method, son étonnante réussite quand à inverser les rôles, plaçant habilement les analystes en position de patients et la patiente en position d'analyste.

Lent et minutieux, A Dangerous Method ne parvient cependant pas à passionner. En dépit de l'intérêt certain de son sujet, le casting ne convainc pas totalement et, par sa volonté (?) de donner à son film les formes d'une analyse, Cronenberg en vient à oublier l'intérêt cinématographique de son entreprise.

Rapidement, A Dangerous Method se fige, devient froid, mettant le spectateur en position d'analyste, et l'obligeant de fait à rester à distance de son sujet. Si l'idée est intéressante et la démonstration en partie réussie, A Dangerous Method laisse au final un certain goût d'inachevé.