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Tom Horn (William Wiard, 1980)


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Lorsque Tom Horn arrive quelquepart  sa réputation le précède : tueur, pisteur et interprète  il est presque une légende de l'Ouest. C'est pour cela qu'il est engagé par une association d'éleveurs de bétail, afin de faire cesser les vols. Mais devant ses méthodes expéditives, il devient encombrant et se retrouve subitement accusé du meurtre d'un enfant. Le grand Tom Horn a t'il pris son travail trop à coeur où est il prisonnier d'une manipulation des éleveurs ?

Alors que la rédaction se souvient que dans son jeune âge, la télévision proposait plusieurs westerns par semaines (avant de passer aux films policiers, puis aux séries...), nous n'avions pas croisé ce Tom Horn. A la fin des 60's, après que Léone ait presque "tué" le western par overdose de génie, le genre s'était grandement raréfié, s'illustrant dorénavant par à-coups souvent impressionnants (Impitoyable, Open Range, L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford ou l'étonnant Seraphim Falls) Tom Horn voit le jour en 1980, au milieu d'une époque qui ne lui ressemble pas...

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Il Etait Une Fois Dans L'Ouest (Sergio Leone, 1968)


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Une femme récupère les terres de son mari assassiné. Tout désigne les hommes de Cheyenne comme étant les responsables de la tuerie. Mais l'Harmonica n'est pas dupe, c'est Frank qui a fait le coup pour le compte de Morton qui oeuvre pour l'avancée du chemin de fer. Une vengeance, des bandits, des coups de feu, des intérêts financiers... Il était une fois, dans l'ouest...

"Saloperie !". Nous ne voulions que voir sa scène d'introduction, juste les premières minutes, simplement pour voir la beauté offerte par notre Bluray... Mauvaise idée ! Il Etait Une Fois Dans l'Ouest nous a littéralement happé dans ses 2h45. Avec des Casablanca, des Enfants du Paradis, des Hitchcock, ou des Heat pour nous, Il Etait Une Fois Dans l'Ouest est de ces films, ces chefs d'oeuvres, que tout le monde place sur la "best-top-film-list" des grands films éternels, que l'on sait là, et que l'on oublie de "revisiter", les sachant sagement rangés au sommet...  Et puis on retombe dessus, on reprend un "aller-retour" en plein visage, et Il Etait Une Fois Dans l'Ouest nous rappelle violemment qu'il est un chef-d'oeuvre total, absolu et d'une puissance intacte !

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Django Unchained (Quentin Tarantino, 2012)


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Le Dr King Schultz achète un esclave noir, Django, pour identifier les hommes qu'il recherche... C'est un chasseur de prime habile, qui va vite voir le potentiel de Django dans cette discipline. Les deux hommes deviennent partenaires, amis mêmes, et se mettent d'accord pour accomplir le projet de Django : récupérer sa femme, esclave de Calvin Candie...

On connait par coeur le terrain sur lequel évolue Tarantino... Films de genre, hommages, références, dialogues ciselés, scènes d'anthologie, humour et décalages... Sur ces terrain-là, Tarantino est excellent, Django Unchained le démontre plus brillamment que jamais en proposant un spectacle d'une rare jubilation, en équilibre parfait entre un sens cinématographique démesuré, un humour ravageur et des acteurs simplement ébouriffants. Django Unchained frappe fort, avec de nombreux atouts...

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Des Hommes Sans Loi (Lawless - John Hillcoat, 2012)


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Pendant la prohibition, dans le comté de Franklin, les trois frères Bondurant résistent face à la tentative de prise de contrôle du marché d'alcool de contrebance face à des gangsters venus de Chicago et à la police corrompue. Alors que le plus jeune, Jack veut développer l'activité, Forrest, avec sa réputation d'invincibilité gagnée pendant la guerre, organise la résistance face à Chicago tout en protégeant la fratrie et Maggie qui fuit Chicago et sa violence. La nouvelle économie est en marche, les Bondurant ne céderont pas.

On se souvient de John Hillcoat pour La Route et la minéralité de son cinéma. Avec Des Hommes Sans Loi, il aborde une histoire américaine brute, entre western et gangsters, et livre un récit sobre, presque dépouillé, peuplé de personnages nobles et confrontés aux temps et aux méthodes qui se durcissent. Des Hommes Sans Loi trouve son souffle dans ces racines américaines qui font ces grands films, simples, mais nourris des mythes qui ont construit l'Amérique...

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L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford (Andrew Dominik, 2007)


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Robert Ford est un membre du gang des frères James. Vouant une admiration au redoutable et notoire à Jesse James, il n'aspire qu'à entrer dans la légende à ses côtés, ou à sa place. Voici le récit des derniers mois de Jesse James et de celui qui assassinat la légende.

Encore un western plein-genre traité avec un style atypique, comme nous les aimons à la Rédaction. D'une beauté visuelle irréprochable et inspirée, L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford (on va écrire AJJ, d'accord ?) est un western psychanalytique et atmosphérique au long cours de plus de 2h30, aussi captivant que fascinant.

Andrew Dominik adopte un rythme lancinant pour nous conter l'histoire de la mort de Jesse James, incarné par un impressionnant et inquiétant Brad Pitt, et entouré d'une bien belle brochette d'acteurs, à commencer par le fragile Casey Affleck (The Killer Inside Me) et l'enorme Sam Shepard (Blackthorn). AJJ déroule une approche sombre d'un Jesse James se sentant cerné et qui s'apprête à préparer sa sortie. Véritable paranoïaque à tendance schizophrène, Jesse James est un homme usé et fatigué par une vie exempte de calme et de sérénité et qui envisage d'y mettre fin, après avoir mis certaines choses en ordre (des accolytes indélicats), quelqu'en soit le moyen : mort incluse.

Au milieu de magnifiques paysages, AJJ  fait planer l'ombre crépusculaire de la fin : fin d'une époque et aussi fin d'une vie devenue trop dure. Andrew Dominik reconstitue admirablement cette sensation d'une tempête qui approche, d'une fin imminente et inéluctable, et malgré la relative rareté de ses scènes violentes, parvient à créer très vive tension, à donner une impression d'électricité dans l'air qui donnent au film une violence palpable et latente. Il construit un Jesse James craint de tous et à qui rien n'échappe, au courant de tout comme par magie, et en lui conférant ainsi des "pouvoirs" suscitera davantage encore l'admiration jalouse et la frustration du jeune Robert Ford. La relation entre ces deux personnages est par ailleurs une merveille de construction, fine et passionnante.

AJJ se déguste autant pour son étonnant mélange de calme et de violence que par sa subtilité dans la construction de ses personnages. Son rythme lent donne à sa tension dramatique tout le temps nécessaire pour grandir, jusqu'à déborder l'image pour venir envahir le spectateur. Devant une réalisation aussi précise et décidée, le spectateur aurait presque l'impression de voir se dérouler devant ses yeux la Grande Histoire, d'assister en directe à la fin d'un mythe, à la fin de la légende.

Envoûtant, superbe et puissant Andrew Dominik livre un film aussi parfait qu'exigeant. Une miniature des plus fines (pour ses personnages ciselés), qui revêt pourtant les apparence d'une grande fresque. On pourra certes lui reprocher sa longueur excessive, mais la Rédaction y a au contraire vu une illustration nécessaire des effets du Temps sur les mythes, de la même manière que l'Histoire se construit lentement et que chaque détail à son importance . Un oeuvre cinématographique ambitieuse, un film passionnant, sombre et imposant : on applaudit des deux mains devant l'intelligence, la conviction et l'intuition de son réalisateur.

Procurez-vous L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford ou d'autres films de Andrew Dominik ou avec Brad PittCasey AffleckSam ShepardSam Rockwell ou Jeremy Renner

Blackthorn (Mateo Gil, 2011)


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Alors que tous le croient mort, Butch Cassidy vit retiré en Bolivie depuis 20 ans sous le nom de James Blackthorn. Las de sa vie d'éleveur de chevaux, il prépare son retour chez lui aux Etats-Unis, mais sa rencontre avec Eduardo va bouleverser ses projets et l'entraîner dans une dernière chevauchée.

C'est sans doute la rareté du genre sur les écrans et son allure atypique qui nous ont emballé dans ce Western élégant et crépusculaire. Au travers de cette retraite imaginaire du grand bandit américain, on retrouve dans Blackthorn toute la distance nécessaire pour aborder les codes et la mythologie de "feu le genre western" avec l'amertume, le désenchantement et le coté sombre déjà abordé par Eastwood dans Impitoyable. Blackthorn, est un western lent et nostalgique qui explore le Mythe, avec comme principaux atouts Sam Sheppard et les sublimes et étranges paysages de l'Amérique du Sud.

Sam Sheppard a tourné le dos à son tumultueux passé et aspire maintenant à retrouver ses racines et sa famille, mais sa légende se rappellera à lui, comme s'il lui était interdit de d'effacer sa vie d'avant malgré une certaine rédemption. Blackthorn c'est l'aspiration à redevenir un homme ordinaire qui est refusée à un mythe : un homme condamné au passé, malgré la noblesse de ses valeurs retrouvées. Mateo Gil s'attaque avec une grande sobriété à ce parcours rédemptoire et en abordant la fin d'un mythe (Butch Cassidy quand même !) parvient à le ressusciter. Sans parvenir toutefois à atteindre la qualité d'Impitoyable, tout est là, et son réalisateur s'approprie les thèmes eastwoodiens pour en livrer une bien belle interprétation, nostalgique et personnelle.

Ses somptueux décors donnent aussi à Blackthorn une réelle identité, ils impriment un rythme très particulier sur l'histoire et agissent directement sur les personnages. Que ce soit les hauts plateaux salés où l'air se fait rare et les poursuites lentes, ou ses montagnes hostiles, ils plongent les personnages dans d'immenses (et magnifiques !) déserts naturels et, en les isolant, les confrontent et les renvoient à eux même, les forcent à l'introspection. Blackthorn est un plaisir rétinien mû par une utilisation de la nature non sans rappeler celle d'un Lawrence d'Arabie. Blackthorn parvient à construire un western intimiste et lent, à échelle humaine, sans pour autant omettre le souffle et la grandeur de ses prédécesseurs (La Horde Sauvage).

Que ce soit son rythme atypique, ses décors à couper le souffle ou son cocktail équilibré de thématiques fortes (les racines, le mal du pays, la filliation, l'amitié, la rédemption...), Blackthorn surprend le spectateur de bout en bout. Sans jamais se prétendre un "grand western", il en prend pourtant tout les attributs et les met au service d'une histoire, belle, simple et forte. Cette manière de faire un vrai-faux western n'est pas sans rappeler le superbe 3 Enterrements ou L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford... Des westerns pur jus traités dans un style presque extérieur au genre. Et si Blackthorn s'encombre effectivement de flashs-backs qui brisent un peu son pouvoir hypnotisant, la Rédaction à été séduite par son équilibre entre sincérité, grandeur et minimalisme.

Concernant la note de la rédaction, 7 aurait été plus juste, mais devant le plaisir de sa découverte (qui supportera modestement, il est vrai, l'analyse) et son étonnante action retenue (mais captivante), nous avons préféré lui donner un "bonus", afin de vous donner envie de le découvrir vous-aussi. Que l'on adhère ou non au propos et à la forme de Blackthorn (et des raisons de na pas l'aimer, il y en a !), nous pensons que Blackthorn est un film maîtrisé, qui réussit à marier harmonieusement classicisme, modernité, originalité et plaisir (des qualités que nous prêtons au sublime Agora, pour lequel Mateo Gil avait écrit le scénario...). Pas un chef d'oeuvre, mais un film simple, solide et réussi, presque parfait en son genre au vu de ses ambitions et du plaisir qu'il procure : du cinéma, du vrai, comme on aime !

Procurez-vous Blackthorn ou d'autres films de Mateo Gil ou avec Sam Shepard, Eduardo Noriega, Nikolaj Coster-Waldaut ou Stephen Rea 

Casa De Mi Padre (Matt Piedmont, 2012)


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Armando Alvarez est attaché à la terre qui l'a vu grandir. Un jour son frère Raul, amène sa future femme, Sonia, au ranch familial, mais la véritable raison de cette visite est que Raul est un narco trafiquant qui vient disputer le territoire à un dealer local : La Onza. Armando devra partir en guerre pour protéger son ranch.

Le très prolifique Will Ferrell (The Anchorman ou encore The Other Guys ,Very Bad Cops en France, que nous aimons particulièrement)  met son humour parodique très personnel au service de cette histoire, à cheval entre la télénovela mexicaine bas de gamme et le western. A la manière des récents films Grindhouse, Casa de Mi Padre revisite un mauvais cinéma mexicain pour tenter de transformer le fer en or, en venant y greffer ses gags, avec un sens certain du décalage et du 3ème degré.

Tourné entièrement en espagnol, les codes méxicains du héros, de la famille, de la violence et de l'histoire d'amour sont donc passés à la moulinette du décalage, à la sauce Will Ferrell, qui pour l'occasion joue son personnage dans en espagnol appuyé, volontairement et exagérément surjoué (et c'est très drôle !). Si Casa De Mi Padre propose son lot de gags visuels  francs et identifiables il lui préfère souvent une parodie plus discrète dont l'esprit comique se cache dans les détails moins voyants (écureuils empaillés dans le décor, jeu d'acteur, articulations ou éléments du scénario, reflet de l'équipe de tournage dans les lunettes de soleil...).

A
u programme, Casa De Mi Padre vous propose : un puma totem magique (en fait une peluche grossièrement animée), des faux raccords, des décors de studio abusivement artificiels (qui interviennent d'un coup), des répliques tonitruantes ou des postures physiques improbables portées par des d'acteurs volontairement mauvais, une ballade romantique sur un faux cheval avec décor qui bouge, et surtout un combat mythique entre un coyotte (empaillé !) et notre puma en peluche (le film vous explique pourquoi ca a été... mais on préfère vous laisser découvrir par vous même !).

I
l y a d'excellentes choses dans cette parodie, son humour feutré (parfois fin et bien observé si l'on raisonne en cinéphile) arrache de violents sourires, mais les fous-rires restent rares. Quelque soit la réussite comique de Case De Mi Padre, on se heurte à la longueur de l'entreprise et à un rythme qui s'essouffle avant d'avoir jamais totalement décollé. On se dit alors, comme pour Machete, que le format court aurait été plus adapté (Machete est initialement une simple bande annonce d'un film fictif, avant d'être un film entier). Ce courant de fascination pour le mauvais cinéma, ce goût du mauvais goût plutôt en vogue ces dernières années réclame un immense talent pour fonctionner à plein. Avec ce film, Will Ferrell s'en sort plutôt bien, mais la réussite n'est que partiellement au rendez-vous. Casa De Mi Padre est un bon (très bon ?) Will Ferrell qui fera mouche auprès des fans, pour les autres, il sera un mauvais film ou au mieux une bonne idée initiale dont le ratage final ne laissera que quelques rare gags timides. Certains diront  "à l'humour bizarre, non ?".

Procurez-vous Casa De Mi Padre ou d'autres films avec Will Ferrell

Johnny Guitar (Nocholas Ray, 1955)


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 Johnny Guitar est embauchée pour protéger les affaires de Vienna, avant l'arrivée du chemin de fer, contre les propriétaires envieux de sa position. La situation deviendra explosive entre Emma qui veut se venger de Vienna, et Dancing Kid jaloux de l'amour entre Vienna et Johnny Guitar, dit Johnny Logan, tireur réputé...

Considéré comme un chef d'oeuvre, le film de Nicholas Ray, partage entre son classicisme effréné et sa modernité totale. Johnny Guitar est visuellement aussi daté et rythmé que l'était le cinéma muet (son découpage, ses situations, ses plans...) et utilise les codes les plus traditionnels du western, mais, derrière ses apparences désuètes fait souffler une modernité révolutionnaire, notamment en mettant au premier plan la rivalité totale des deux femmes (le personnage de Johnny discrètement relégué au second plan). Crawford et Hayden y forment, dans ce qu'il est convenu d'appeler un western féministe, un de ces couples forts du cinéma américain.

Réellement déconcertant sur sa forme, le film de Nicholas Ray déconcerte tout autant (mais dans l'autre direction !) quand à sa  maîtrise et la force qu'il dégage dans l'utilisation des thèmes et éléments qu'il véhicule : les premiers pionniers hostiles à l'arrivée de la modernité, l'histoire d'amour difficile, le repère caché, la haine aveugle d' Emma...

Johnny Guitar est un western parsemé de moments quasi mythiques, qui se regarde aujourd'hui comme une oeuvre écartelée entre son fond et sa forme. Peut être ardu à découvrir pour ceux qui ne seraient pas branchés "classiques", mais véritable "bloc cinématographique" qui pourra être vu et revu sans sans s'user.

Le Bon, La Brute et le Cinglé (Kim Jee-Woon, 2008)


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En Manchourie, une carte au trésor dérobée aux Japonaix attire toutes les convoitises. Brigands, voleurs, tueur à gages, chasseur de prime et armée japonaise veulent tous mettre la main sur ce Cinglé qui à cette carte !

Attention, Le Bon, La Brute et le Cinglé décoiffe ! Après le superbe Bittersweet Life (2006) et avant l'hallucinant J'ai Rencontré le Diable (2011), Kim Jee-Woon réalisait ce western asiatique barré et défoulant.

Hommage évident à Le Bon, la Brute et le Truand, cette variation s'amuse des codes instaurés par Sergio Leone et les utilise vers une course au trésor effrénée (à la façon d'Un Monde Fou, Fou, Fou). Rempli d'humour et d'action, le film de Kin Jee-Woon joue à fond la carte du divertissement et du décalage avec son modèle (façon Tatantinienne) pour transformer son film en pur moment de fun.

Véritable démonstration de la virtuosité de son réalisateur (quel sens de l'image, du montage !), Le Bon, La Brute et le Cinglé est aussi un réel plaisir pour les yeux. Il regorge de couleurs vives et chatoyantes (n'ayant à priori pas leur place dans ce désert Manchou !) qui lui donnent une beauté visuelle réjouissante et lui confèrent une étonnante touche de fantaisie particulièrement bien géré.

Mais comme fatigué de son rythme fou, le film s'essouffle sur la fin en sur-utilisant la carte de la "joyeuse pagaille". Certaines scènes deviennent confuses, la mise en scène semble moins soignée, et le contraste avec la grande qualité de ce qui précédait se fait alors grandement ressentir. 

Mais ne boudons pas notre plaisir, s'il s'use un peu sur la longueur, Le Bon, La Brute et le Cinglé reste une fantaisie brillante, atypique et originale. Il regorge de bon moment et, même imparfait, demeure un objet cinématographique ciselé, qui au delà du  divertissement réussi, confirme et impose avant tout l'immense talent de son réalisateur : Kim Jee-Woon !


Et Pour Quelque Dollars de Plus (Sergio Leone, 1965)


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Pour ce deuxième opus de la trilogie, Eastwood revient cette fois en chasseur de prime. Un poil plus bavard (mais un poil, alors) que précédemment, il s'associe ici avec un autre chasseur de prime, le ténébreux Lee Van Cleef...

Leone avance encore ses expérimentations avant de nous offrir le joyaux qui suivra, et rode dans cet épisode certaines des techniques qui caractériseront son style. Même si cet épisode nous semble être, à Doorama, le plus "faible" de la série, il n'en est pas moins, lui aussi, absolument savoureux !
Et Pour Quelques Dollars de Plus est un cours de cinéma à lui tout seul, il installe une forme de jeu cinématographique avec le spectateur en proposant une relecture perpétuelle de tout les codes du genre.

Humour, créativité, cynisme, codes, rythme : Leone s'amuse, et nous aussi. On ne peux pas se lasser de ces Spaghettis là, on en reprend, toujours avec le même plaisir.

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Pour Une Poignée De Dollars (Sergio Leone, 1964)


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Peut être pas le meilleur de la "trilogie du dollars" (avec Et Pour Quelques Dollars de Plus et Le Bon, La Brute et le Truand), Pour une Poignée de Dollars n'en reste pas moins un énorme morceau de cinéma, portant en lui la modernité du cinéma qui lui a succédé, la maturité du style de Léone et le renouvellement (ou la mort ?) du genre Western.

Bien qu'il ne soit qu'une adaptation du Yojimbo de Kurosawa, Pour Une Poignée de Dollars est un film novateur et personnel, imposant de maîtrise et d'intelligence. Un plaisir intellectuel et visuel pour tout cinéphile qui se respecte, où Eastwood y incarnait le plus cool des mauvais garçons ! (Les héros au cinéma ne seront plus jamais les mêmes...)

Pour Une Poignée de Dollars, cinéma populaire à l'époque, peut fièrement trôner à coté des plus grands chefs-d'oeuvre des grand maîtres, tant il a réinventé un langage à lui tout seul.



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Le Garde du Corps (Yojimbo) (Kurosawa, 1961)


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Voici l'original de Pour Une Poignée de Dollars... Un samouraï arrive dans une ville déchirée par la lutte de deux clans et y voit un moyen d'en tirer quelques profits.
Yojimbo est plutôt atypique dans le genre Samouraï, ici le ronin n'épouse pas une cause, une seule (si ce n'est la sienne ?), il passe d'un camp à l'autre, alternant les rôles de méchants, de justicier, de gentil, d'égoïste, de mercenaire, etc... Finalement bien des facettes humaines, faiblesses comme qualités, qui n'ont cessé d'inspirer Kurosawa tout au long de sa carrière.

Parfaitement jubilatoire (par ce que Léone transformera par la suite en cynisme) et grandement novateur par un renouvellement de l'image du héro, Yojimbo mérite absolument d'être vu tant il est représentatif du lien étroit entre le genre samouraï et celui d'un certain western. Sans rien retirer à Sergio Léone, il permettra néanmoins de rétablir la véritable paternité du "cowboy sans nom" ("joe" ?) et d'illustrer à merveille le jeu d'influence d'un cinéma sur l'autre, et plus particulièrement d'un maître sur l'autre.



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Cowboys & Envahisseurs (2011)


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Passé une première moitié plutôt réussie, aussi fun qu'intrigante, le film s'embourbe dans des enfantillages, oubliant la fantaisie de son idée de base pour retomber dans une simple confrontation gentils-méchants.

Si Daniel Craig lance avec brio le film, en cowboy amnésique bien abimé, son costume de héros retrouvé le rendra vite bien énervant, tout comme Harrison Ford dont la crédibilité du personnage s’écroulera au bout de 10 minutes.

Dommage que les fins réglages du début retombent dans l'attendu et le déjà vu, tant ce mélange improbable se prêtait à l'expérimentation et l'audace.

Finalement le véritable élément extraterrestre du film reste Olivia Wilde, dont la stupéfiante beauté plastique réussirait presque à nous faire oublier les "pan! pan ! t'es mort" et  les "c'est la bagarre !" qui plombent le film.
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Open Range (2003)


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Magnifique western renouant, pour ses personnages, avec Ford ou Hawks... Open Range empreinte aussi à Eastwood et son Impitoyable pour sa structure (lente progression vers la Tragédie [T majuscule] finale), et son regard distancié sur un monde en changement.

Loin d'un Dance avec les loups, Kostner ne peut cependant pas s’empêcher de "faire du Kostner" : lancement de guimauve sur la toute fin !
On lui pardonne puisque ca passe malgré tout.

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